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SÉCRÉTIONS DE LA PEAU

Organes de sécrétion. — Clandes sudoripares et glandes sébacées. — Dans

les conditions ordinaires, lorsque la température extérieure est moyenne, le sang ne perd par la peau que la quantité de liquide nécessaire à la formation de la vapeur d’exhalation (Voy. § 157). Dans ces conditions, la vapeur d’eau exhalée par la peau s’échappe sur toute la surface de l'épiderme. Celui-ci, en effet, est appliqué d’un côté sur une membrane extrêmement riche en vaisseaux (derme), et de l’autre en rapport avec l’atmosphère, milieu la plupart du temps non saturé. L’épiderme, malgré son peu de perméabilité aux liquides, se laisse traverser par la vapeur d’eau des parties sous-épidermiques imbibées par le plasma exhalé hors des parois des capillaires sanguins.

S’il est vrai que les glandes sudoripares concourent à verser, d’une manière continue, à la surface de l’épiderme, une petite quantité de liquide qui se vaporise au fur et à mesure qu’elle imprègne les couches furfuracées de l’épiderme, il est certain, d’un autre côté, que ces glandes n’agissent avec toute leur énergie que dans les moments où la sueur s’écoule à l’état liquide à la surface du corps. Dans ce dernier cas, les glandes sudoripares entrent véritablement en jeu avec une puissance qui peut être plus que centuplée, pour maintenir l’équilibre de température qui tend à être rompu, en fournissant promptement une grande quantité de liquide à l’évaporation et en augmentant ainsi temporairement les sources de refroidissement.

Un homme, qui ne sue pas , perd par la peau, et dans les vingt-quatre heures, quand la température extérieure est moyenne (-j- 15° à -j- 20°) ainsi que l’état hygrométrique de l’air, une quantité de vapeur d’eau équivalant en moyenne à Béclard, 7e édition. 41

1 kilogramme (Voy. § 157), c’est-à-dire environ 40 grammes à l’heure. Un homme qui vient de faire une course rapide ou qui s’est livré à un exercice fatigant par une température extérieure élevée peut perdre 200 grammes de liquide en une heure. La perte peut être plus considérable (elle peut s’élever en une heure à 300, à 400, à 500, à 1,000 grammes et plus encore), lorsqu'on se place, dans un but d’expérience, dans des étuves sèches, chauffées à une haute température. Ces quantités considérables de liquide sont fournies par les glandes sudoripares.

Les glandes sudoripares sont situées sous la peau (excepté au derme sous-

onguéal où elles manquent, et dans le conduit auditif externe, où elles sont remplacées par les glandes cérumineuses), au milieu du tissu adipeux qui remplit les lacunes de la face profonde du derme. Ces glandes (Yoy. fig. 108), formées par l’enroulement d’un tube terminé en cul-desac, se terminent par un canal excréteur (canal sudorifère) qui traverse le derme et l’épiderme. Ce canal excréteur, à peu près rectiligne dans la plupart des régions, présente à la paume de la main et à la plante du pied une disposition en spirale. Il est probable que la disposition en spirale des canaux excréteurs des glandes sudoripares est en rapport avec les pressions et les frottements que subit à chaque instant l’enveloppe cutanée de la main et du pied. On conçoit qu’une spire puisse être comprimée suivant son axe, sans que le calibre intérieur du canal soit modifié; il n’en eût pas été de même pour un canal rectiligne. Les glandes sudoripares ont généralement 0mœ,2 de diamètre *. Leur nombre est considérable. 11 y en a environ huit cents par centimètre carré de surface à la paume de la main et à la plante du pied, et environ cent vingt par centimètre carré de surface, sur tous les autres points de l’enveloppe cutanée.

La peau renferme encore, dans l’épaisseur de sa couche dermique, un autre élément glandulaire : ce sont les glandes sébacées. Ces organes se présentent sur certains points de l’enveloppe cutanée sous l’apparence de glandes en grappes rudimentaires. Dans d’autres points, elles sont plus composées. Elles ont de 0mm,2 à 0mm,7 de diamètre.

Les glandes sébacées sont annexées aux follicules pileux (il y en a généralement deux pour chaque poil), elles existent dans tous les points de la peau ; excepté, cependant, à la paume des mains, à la plante des pieds, à la face palmaire des doigts et à la face plantaire des orteils. Leur nombre et leur volume sont surtout remarquables au niveau des ouvertures naturelles, autour des ailes du nez, sur la conque de l’oreille, à l’entrée des organes génitaux de la femme

1 Les glandes sudoripares du creux de l’aisselle sont remarquables par leur volume. Elles ont 1 millimètre et quelquefois 2 millimètres de diamètre.

Fig. 108.

Glandes sudoripares de la plante du pied.

а, corps de la glande plongé dans le tissu cellulo-graisseux sous-cutané.

б, conduit sudorifère.

c, ouverture de ce conduit à la surface

de la peau.

d, épiderme.

e, papilles du derme.

f \ derme.

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