CHAPITRE VI. SÉCRÉTIONS
et autour de la couronne du gland. Le produit de ces glandes forme à la surface de la peau une sorte de vernis gras qui, mélangé avec la substance organique et les sels de la sueur, avec les lamelles épithéliales détachées de la surface de l’épiderme, et aussi avec la poussière sur les parties découvertes, rend nécessaires certains soins de propreté.
Partout où il y a des poils (il y a des poils sur la peau dans presque toutes les régions : tantôt ils sont à l’état rudimentaire et constituent les poils follets, tantôt ils sont plus développés et constituent les cheveux, la barbe, les sourcils, les poils du pubis), partout où il y a des poils, les glandes sébacées s’ouvrent à la peau par l’intermédiaire du follicule pileux. Le follicule pileux est, en quelque sorte, leur canal excréteur, et c’est par lui que la matière sébacée arrive à la surface cutanée. La matière sébacée paraît donc avoir pour rôle principal d’entretenir la souplesse du poil et de s’opposer à son dessèchement.
Composition de la sueur. — Sécrétion de la sueur. — Lorsqu’on veut se procurer la sueur nécessaire aux expériences, on peut recueillir ce liquide à l’aide d’éponges fines, lavées par avance à l’eau distillée et séchées à l’étuve : on en extrait ensuite la sueur à l'aide de l’expression et des lavages à l’eau. On peut exprimer le linge qui couvre le corps, lorsque celui-ci est fortement imprégné de sueur. On a encore conseillé d’enfermer un membre dans un appareil de verre ou de caoutchouc fermant hermétiquement et de recueillir le liquide qui se condense dans son intérieur. MM. Schottin, Funke et G. Meissner ont procédé de cette manière.
Le travail chimique le plus complet sur la sueur est dû à M. Favre. L’analyse a porté sur des quantités de liquide considérable ; aussi, certaines substances seulement indiquées, ou même jusqu’ici passées sous silence par les chimistes, ont été non seulement mises en évidence, mais encore dosées avec une grande précision. M. Favre a souvent analysé, dans ses expériences, 40 ou 50 litres de sueur. Cette quantité énorme de liquide a été obtenue en plaçant les sujets dans une baignoire-étuve (autour de laquelle circulait extérieurement un jet de vapeur d’eau), et en rassemblant en une masse commune le liquide obtenu dans des expériences successives.
Lorsqu’on fait évaporer la sueur, elle abandonne environ 99 parties d’eau pour iOO ; et il reste, par conséquent, 1 pour 100 de résidu solide. Ce résidu solide renferme un acide azoté particulier, auquel M. Favre donne le nom d’acide sudorique, et que d’autres chimistes désignent sous le nom d’acide hydrotique (cet acide de la sueur est uni aux alcalis sous forme de sels, sudorates alcalins ) ; de l’acide lactique, sous forme de lactates alcalins, un peu d’urée ; des matières grasses provenant des glandes sébacées et entraînées avec la sueur ; des sels, parmi lesquels le chlorure de sodium occupe le premier rang; les phosphates et les sulfates n’y existent qu’en très petite quantité. Dans l’urine, nous avons vu que les phosphates et les sulfates égalent la proportion du sel marin (Yoy. § 176).
Voici l’une des analyses de M. Favre, faite sur 10 kilogrammes de liquide et rapportées à 1 ,000 grammes.