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CHAPITRE VI. SÉCRÉTIONS

de ces follicules par transsudation ou par déhiscence, et se mélange avec celui qui provient des autres sources.

Le mucus est donc une humeur moins simple qu’elle ne le paraît au premier abord.

Compositions et usages «tu mucus. — Quand on examine le mucus à 1 aide du microscope on y trouve : 1° des cellules épithéliales de formes diverses, pavimenteuses, cylindriques, à cils vibratiles, suivant les régions; 2° on peut aussi y trouver des leucocytes l, surtout lorsqu’il y a à la surface de la muqueuse un travail inflammatoire, même léger, comme cela a lieu si fréquemment sur la muqueuse nasale, buccale, uréthrale, vaginale, etc. ; 3° des poussières provenant du dehors ; et dans le mucus altéré, des vibrions et des végétaux microscopiques.

Le mucus renferme de l’eau, des matières organiques et des sels.

L’eau du mucus varie beaucoup dans ses proportions. C’est à la quantité plus ou moins considérable de ce liquide que l'humeur muqueuse doit de présenter d’assez grandes différences, suivant qu’on l’examine dans des régions différentes. Lorsque la sécrétion des membranes muqueuses est très abondante, comme dans le coryza, par exemple, la quantité des substances fixes est réduite au minimum. Lorsque la sécrétion du mucus nasal est lente, le courant d’air qui traverse les fosses nasales tend à dessécher les liquides qui humectent la membrane muqueuse, et ce dessèchement détermine une sorte de concentration du mucus, qui va souvent jusqu’à la dessiccation, d’où formation dans le nez de croûtes contenan t peu d’eau et beaucoup de matières organiques, salies par les poussières de l’air.

Le mucus présente généralement une réaction neutre ou légèrement alcaline. 11 est insoluble dans l’alcool et dans l’éther. L’eau le gonfle sans le dissoudre véritablement. On a beau l’agiter avec de l’eau on ne parvient pas à le filtrer. Le mucus se dissout très bien dans les solutions alcalines étendues, on peut le précipiter de ses dissolutions à l’aide de l’alcool ou de l’acétate de plomb.

Traité par l’acide acétique en excès le mucus se coagule. Les acides minéraux étendus produisent le même effet, mais le coagulum se dissout dans un excès d’acide. On donne à la substance organique du mucus que coagule l’acide acétique le nom de mucine ou de mucosine. Cette matière gélatiniforme et transparente possède une composition élémentaire très analogue à l’albumine.

Le mucus traité par l’acide azotique donne, comme les substances albuminoïdes, de l’acide xantho-protéique. La substance organique du mucus se distingue cependant des matières albuminoïdes, en ce qu’elle résiste énergiquement à l’action des sucs digestifs. Au bout de 24 heures, le mucus placé dans le suc gastrique est encore intact. Nous avons vu précédemment (§44 bis) que le mucus, adhérent à la surface des membranes muqueuses, protège les réservoirs contre l’action des liquides qu’ils contiennent. Le mucus favorise en outre le glissement des corps engagés dans les conduits qu’il tapisse.

Le mucus nasal est celui qui a été le plus étudié. Comme il est placé sur le courant de l’air inspiré, la quantité d’eau qu’il renferme est sujette à de grandes variations. Pour un mucus de consistance ordinaire, la proportion d’eau est d’environ 900 pour 4000.

1 C’est aux leucocytes ou g.obules blancs qu’on a donné le nom de globules du mucus.

Voici l’analyse qu’en a donnée Berzélius :

Pour 1000sr.

Quand les mucus pulmonaire, vésical, uréthral, intestinal, utérin, vaginal, sont évacués au dehors en certaine quantité, ils sont la plupart du temps altérés dans leur nature et mélangés avec du pus.

Lorsqu’on peut les étudier à l’état normal on constate qu’ils sont, comme le mucus nasal, ou neutres ou légèrement alcalins; sauf le mucus vaginal qui offre presque toujours une réaction acide, beaucoup de cellules épithéliales, et des vibrions.

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