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CHAPITRE I. DIGESTION

le bonnet ou réseau , le feuillet et la caillette (fig. 31). La panse est la plus grande de ces cavités ; elle est garnie d’un épithélium épais. Dans quelques animaux, le chameau en particulier, la panse présente des groupes de cellules qui paraissent destinées à servir de réservoir aux boissons ; les aliments solides qui pénètrent dans la panse de ces animaux s’engagent moins facilement dans ces

Fig. 31. — Estomac de mouton (ruminant).

a, œsophage. — b, b, panse ou rumen. — c, bonnet ou réseau. — cl, feuillet. — f, caillette.

cellules que les liquides, l’entrée de ces cellules étant plus étroite que leur fond. Il est probable aussi que l’épithélium épais qui recouvre la membrane muqueuse contribue à rendre l'absorption des liquides très lente en ce point. Le bonnet, qui vient après la panse, est beaucoup plus petit. Le feuillet, ainsi que son nom l’indique, présente des lames plus ou moins développées, suivant les animaux : entre ces lames se rassemble la bouillie alimentaire. La caillette, ou dernier estomac, constitue l’estomac véritable de la digestion : c’est lui qui sécrète le suc gastrique; il correspond à l’estomac de l’homme.

Les mammifères ont tous un foie et un pancréas analogues au foie et au pancréas de l’homme, elles produits de la sécrétion sont versés, comme chez lui, dans le duodénum. La bile est tantôt directement versée dans l’intestin à mesure qu’elle est sécrétée par le foie, tantôt, comme chez l’homme, elle n’y est versée qu’après avoir séjourné dans un réservoir ou vésicule biliaire. La vésicule biliaire existe chez tous les carnassiers, chez le bœuf, le mouton, chez la plupart des oiseaux, des reptiles et des poissons. Elle manque chez le cheval, l’âne, le cerf, le chameau, le chevreuil, l’autruche, le pigeon, le perroquet, etc.

Chez les mammifères, l’aliment est saisi directement avec la bouche. Il n’y a guère que les singes et les écureuils qui le prennent quelquefois à l’aide du membre supérieur. Tantôt la préhension se fait immédiatement, à l’aide des dents, comme chez les carnivores, tantôt elle s’opère par des lèvres mobiles et charnues ; le cheval se distingue surtout sous ce rapport. Les ruminants ont

des lèvres courtes et peu mobiles, qui n’aident guère à la préhension ; ils saisissent surtout l’aliment entre les incisives inférieures et le bourrelet fibreux dont est garni le maxillaire supérieur : telles sont la chèvre et la brebis. Le bœuf est dans le même cas; mais il s’aide en outre, à cet effet, de sa langue, qui est très protractile, pour entourer la touffe d’herbe qu’il broute et l’attirer près de sa bouche.

La déglutition des mammifères ne diffère point de celle de l’homme. L’épiglotte se renverse sur l’ouverture des voies aériennes au moment du passage de l’aliment, et le voile du palais s’oppose à son retour par les fosses nasales. Le voile du palais du cheval présente cette particularité, qu’il est assez long pour embrasser la base de l'épiglotte et fermer ainsi complètement la communication de la bouche avec le pharynx dans l’intervalle de la déglutition. Au moment du passage de l’aliment, il se relève et arrive naturellement au contact de la partie postérieure du pharynx. Sa longueur est telle, que la paroi postérieure du pharynx n’a pas, comme chez l’homme, à s’avancer en avant pour s’appliquer contre le bord postérieur du voile du palais. Toutefois, le voile du palais n’est pas simplement soulevé par le bol alimentaire au moment de la déglutition, ainsi qu’on l’a prétendu; il est activement tendu , comme chez l’homme, par ses muscles tenseurs. Cette tension active est nécessaire pour faire opposition au bol alimentaire placé à la face supérieure de la langue, activement soulevée en ce moment, et faire passer ainsi le bol dans le pharynx. Le voile du palais du dromadaire n’est guère plus long que celui du bœuf, mais il présente une particularité remarquable : c’est un appendice flottant, parsemé de glandules, ou sorte de luette, susceptible de se gonfler à certaines époques (celle du rut, en particulier) et d’être repoussé par l’animal jusqu’aux commissures de la bouche.

La digestion stomacale des ruminants 1 présente un phénomène remarquable. L’aliment ne passe pas successivement dans les divers estomacs de l’animal, et de là dans l'intestin, mais il est ramené dans la bouche par rumination , pour y être soumis à une nouvelle mastication et à une nouvelle insalivation. Voici comment s’opère cet acte singulier : lorsque des aliments sont avalés une première fois, les parties grossières de l’aliment se rendent dans les deux premiers estomacs, panse et bonnet, lesquels communiquent avec l’œsophage ; les portions liquides ou les portions très-diffluentes de l’alimentation suivent aussi cette voie, mais une partie d’entre elles continue son trajet et s’engage aussi par l’ouverture qui fait communiquer la gouttière œsophagienne avec le feuillet et la caillette. Les aliments renfermés dans la panse et le bonnet sont ensuite ramenés au dehors par la contraction simultanée de ces deux premiers estomacs. Cette contraction chasse le contenu vers l’orifice inférieur de l’œsophage, qui se relâche en même temps et offre une dilatation que le bol alimentaire remplit.

M. Toussaint a récemment étudié avec beaucoup de soin le mécanisme en vertu duquel la masse alimentaire est poussée par la panse dans l’œsophage.

Le point en litige parmi les physiologistes, c’est la formation du bol de rumination et son mode de réjection du rumen à la bouche.

D’après M. Toussaint, l’organe formateur des pelotes (ou bols de rumination)

• Les animaux ruminants sont : le bœuf, le mouton, la chèvre, l’antilope ou gazelle, la girafe, l’axis, le chevreuil, le daim, le renne, l’élan, le cerf, le chevrotin, le lama, le chameau.

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