CHAPITRE I. DIGESTION
même temps la cavité qui les reçoit est plus ou moins plane, de manière à permettre à la fois des mouvements d’avant en arrière et des mouvements latéraux étendus (voy. fig. 19, a, a').
Les dents incisives, canines et molaires réunies n’existent pas seulement chez l’homme; on les rencontre encore dans les quadrumanes (fig. 22), dans les carnassiers (fig. 23), dans les ruminants sans cornes et dans le plus grand nombre des pachydermes (fig. 24). Dans les ruminants et les pachydermes,
Fig. 24. — Tète de cheval (pachyderme solipède).
il y a une assez grande interruption entre la série des molaires et les autres dents ; c’est cet intervalle qu’on désigne sous le nom de ban-es (fig. 24, 25 et 26). De plus, les ruminants n’ont point d’incisives à la mâchoire supérieure (fig. 25 et 26) . Les
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Fig. 25. — Tète de bœuf (ruminant à cornes).
Fig. 26. — Tète de chameau (ruminant 3ans cornes).
Fig. 27. — Tête de marmotte (rongeur).
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Fig. 28. — Tète de babiroussa (pachyderme).
ruminants à cornes manquent de canines (fig. 25). Les rongeurs n’ont que des molaires et des canines allongées occupant en avant la place des incisives (fig. 27).
Les pachydermes n’ont pas tous des dents canines, comme le cheval. Quelquesuns d’entre eux n ont que des molaires et des incisives, séparées par une barre :
tel est le rhinocéros (fig. 29).
Dans d’autres pachydermes, les dents canines proprement dites sont remplacées à chaque mâchoire par des défenses recourbées : tel est le babiroussa (fig.
28). Les dents molaires, véritables dents de la mastication, sont les dents qui manquent les dernières chez les animaux. L’éléphant nepossède avec les dents molaires que les défenses de l’os maxillaire supérieur. Il y a aussi des mammifères sans dents: tels sont les fourmiliers (fig. 30), les
Fig. 29. - Tète de rhinocéros (pachyderme). pangolins, les échidnés, les ba-
leines, dont les os maxillaires sont garnis par des lames cornées, désignées sous le nom de fanons. Ce sont les fanons qui fournissent la substance connue dans le commerce sous le nom
de baleine.
L’appareil salivaire des mammifères est généralement composé comme celui de l’homme.
On y distingue des glandes parotides, maxillaires et sublinguales. Les glandules de la muqueuse des joues prennent, chez la plupart des ruminants, un développement assez considérable et constituent des glandes molaires supérieures et inférieures.
L’appareil salivaire, pris dans son ensemble, est plus développé chez les animaux qui font principalement usage d’aliments végétaux (herbivores), que'chez les animaux qui vivent de chair (carnivores). Cette disposition est en rapport avec les phénomènes chimiques de l’insalivation (voy. § 39).
Le tube intestinal des ruminants n'est pas seulement remarquable par ses dimensions : l’estomac de ces animaux est multiple, c’est-à-dire composé de plusieurs cavités qui communiquent les unes avec les autres. La division de l’estomac existe déjà en vestiges chez quelques herbivores non ruminants : le cheval, par exemple, possède un estomac non séparé à l’extérieur, il est vrai, mais dont la membrane muqueuse est assez différente à gauche et à droite, et dont l’une des parties est très musculeuse, tandis que l’autre l’est moins ; le cochon et le sanglier ont près du cardia des diverticules plus ou moins développés, et l’estomac de l’aï présente quatre réservoirs, dont le dernier est pourvu de lames analogues à celles de la caillette.
L’estomac des ruminants se compose de quatre parties : la panse ou rumen ,
Fig. 30. — Tète de fourmilier (édenté).