ABSORPTION
Définition. — Division. — L’absorption introduit dans le torrent circulatoire le produit dissous de la digestion. Mais l’absorption ne s’exerce pas seulement à la surface muqueuse du tube digestif. L’absorption s’opère sur les diverses matières, liquides ou gazeuses, placées au contact des surfaces vivantes. L’enveloppe tégumentaire externe, la membrane muqueuse des voies aériennes, celle des voies urinaires, les réservoirs des glandes, leurs canaux excréteurs, qu’ils s’ouvrent sur le tégument interne ou sur l’externe ; enfin, les cavités closes (membranes séreuses splanchniques, capsules synoviales des articulations, bourses synoviales des tendons, etc.), toutes ces parties sont le siège de l'absorption.
Il s’opère aussi, dans l’épaisseur même- des tissus, une absorption interstitielle ou de nutrition.
L’absorption s’opère encore, en dehors de l’état physiologique, sur des liquides ou des gaz anormalement épanchés, soit dans les cavités naturelles, soit dans les cavités accidentelles. On donne souvent le nom de résorption à ces absorptions éventuelles.
Les végétaux manquent d’organes de digestion, et trouvent, tout préparés au dehors, les éléments liquides ou gazeux de leur nutrition. L’absorption est pou eux le premier acte de la nutrition. L’absorption est donc un phénomène physiologique plus général que la digestion, et commun à tous les êtres organisés.
L’absorption n’a pas, comme la plupart des autres fonctions, d’appareil particulier qui lui corresponde; elle appartient à toutes les parties vivantes. La
pénétration du dehors au dedans des substances liquides ou gazeuses est le premier terme de l’échange incessant établi entre les corps organisés et les milieux qui les environnent, et l’une des conditions fondamentales du mouvement vital.
Chez l’homme et chez les animaux supérieurs, une substance est définitivement absorbée quand, placée au contact d’une partie vivante, elle a passé dans les vaisseaux sanguins ou dans les vaisseaux lymphatiques. Que le phénomène ait lieu aux surfaces tégumentaires externe ou interne, ou qu’il s’accomplisse dans l’intimité des tissus, ce passage d’une substance, de l’extérieur à l’intérieur des vaisseaux, constitue, chez les animaux supérieurs, l’essence de l’absorption. Comme, d’une autre part, le système lymphatique (chylifères et lymphatiques proprement dits) verse son contenu dans le sang, le sang est le rendez-vous commun de toutes les substances absorbées.
La respiration fait pénétrer de l’air dans le torrent sanguin, au travers des membranes de l’organe respiratoire, poumons, branchies ou trachées. L’acte principal de la respiration est, par conséquent, un phénomène d’absorption dans toute la rigueur du mot. Mais comme cet acte se lie à une série d’autres phénomènes concomitants, qui ont leur siège dans l’appareil respiratoire, nous nous en occuperons, suivant l’usage, au chapitre spécial de la respiration.
Nous passerons successivement en revue les diverses absorptions, en commençant par l’absorption digestive. Nous étudierons ensuite le phénomène de l’absorption considéré en lui-même.
ARTICLE I