CHAPITRE II. ABSORPTION
sang qui circule dans les autres parties du système veineux, et qu’elle n’est pas la même que chez l’animal à jeun. La digestion y a fait passer par absorption certains principes.
Les produits absorbés de la digestion entrant dans l’organisme par les veines intestinales et par les vaisseaux chylifères, les questions suivantes se présentent naturellement : Sous quelle forme sont absorbés les produits de la digestion? Quels sont ceux de ces principes qui passent parles chylifères? Quels sont ceux qui s’engagent par les veines? Voyons quelle est la nature du liquide qui circule dans les vaisseaux chylifères, en quoi il diffère delà lymphe; et quelle est d’abord la composition de la lymphe.
De la lymplie. — Le liquide qui circule dans les vaisseaux lymphatiques généraux, et celui qui circule dans les vaisseaux chylifères de l’animal tout à fait à jeun , peuvent être considérés comme identiques. On trouve cette humeur dans toutes les parties du corps où il y a des vaisseaux lymphatiques; mais, pour s’en procurer des quantités notables sur les animaux de petite taille, tels que les chiens, on va généralement la puiser dans le canal thoracique. Il ne faut pas oublier que, quand on va chercher ce liquide dans le canal thoracique, il est indispensable de faire jeûner les animaux pendant vingt-quatre ou quarantehuit heures, pour se mettre en garde contre la présence des éléments du chyle apportés par la digestion.
Sur les grands animaux on se procure facilement de la lymphe dans des vaisseaux lymphatiques de plus petit calibre. Ainsi, les lymphatiques du cou sur le cheval peuvent fournir des proportions considérables de liquide. Ici, d'ailleurs, on n’a pas besoin de faire j.eûner l’animal, et on peut recueillir de la lymphe normale en tout temps.
Sur les chiens de grande taille on peut aussi se procurer la lymphe sur les lymphatiques du cou L
MM. Marchand et Colberg ont fait l’analyse de la lymphe qui s’écoulait d’une blessure existant sur le dos du pied de l’homme; mais leur analyse diffère tellement de toutes les autres, qu’il est plus que probable qu’ils n’ont point examiné le liquide qui circule normalement dans les lymphatiques. Nous en dirons autant d’une analyse faite par M. Quevenne. Cette analyse a porté sur la lymphe recueillie dans l’aine parM. C. Desjardins, sur les vaisseaux lymphatiques variqueux d’une femme. Probablement, il s’agit aussi d’une lymphe pathologique.
M. Scherer a recueilli (1857) 13 grammes de lymphe humaine sur un vaisseeu lymphatique variqueux du cordon spermatique, et dont la composition peut être considérée comme normale; si on la compare avec la lymphe des animaux. Ce liquide était jaunâtre, légèrement alcalin, spontanément coagulable. On en peut dire autant de la lymphe qui coulait d’un trajet listuleux situé à la région interne de la cuisse, et recueillie par MM. Dâhnhardt et Hensen (1866). Cette fistule fournissait environ 500 grammes de liquide en vingt-quatre heures. Ce
■ M. Krause et. M. Schwanda conseillent d'endormir le chien pendant quatre ou cinq heures consécutives, à l'aide d’une injection de teinture d'opium pratiquée dans la veine saphène de l’animal. Quand l’animal est endormi, on recherche un lymphatique au cou, on y introduit une line canule d’argent, et l'on recueille, pendant ce temps, le liquide qui s'écoule.
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liquide était légèrement trouble, alcalin, et d’une densité de 1,007. Il renfermait 98,5 d’eau et 1,5 de résidu solide pour 100 parties L
Pour se procurer la lymphe du canal thoracique, on peut recourir à deux procédés. Le premier, qui est le plus simple, consiste à étrangler un chien ou à l'assommer par un coup violent porté derrière la tête. On l’étend immédiatement sur une table, on lui ouvre rapidement la poitrine, et on lie en masse l’aorte, l’œsophage, le canal thoracique, et tous les gros vaisseaux à la partie supérieure de la poitrine, et aussi haut que possible, après quoi on casse et on renverse les côtes du côté gauche. En haut de la poitrine, le canal thoracique est placé à gauche de l’œsophage et en arrière de l’aorte ; on le dégage des parties qui l’entourent, on l’incise, et on recueille le liquide dans une petite capsule. Pour aider à son écoulement, on peut exercer une pression douce sur l’abdomen.
Un autre procédé, plus délicat, consiste à mettre le canal thoracique à nu à la partie inférieure du cou, dans le point où il se jette dans le golfe des veines jugulaires2. On peut faire l’expérience sur l’animal vivant. Mais, comme la recherche du canal thoracique en ce point est assez laborieuse, il est plus simple d’assommer l’animal, pour n’avoir pas à lutter contre ses efforts.
Sur les grands animaux (chevaux, bœufs) le canal thoracique, beaucoup plus volumineux que chez le chien, se prête mieux à l’expérience, et il est beaucoup plus facile de le mettre à découvert sur l’animal vivant (Yoy. § 63).
La lymphe est un liquide transparent, légèrement jaunâtre. Examinée au microscope, la lymphe présente des globules ou cellules lymphatiques, mais leur quantité est infiniment moindre que celle des globules dans le sang. Ces globules sont semblables aux globules blancs ou incolores du sang.
La lymphe extraite du corps de l’animal ne tarde pas à se coaguler spontanément; elle doit cette propriété à la fibrine qu’elle contient3. En se coagulant, la fibrine de la lymphe, à l’instar de la fibrine du sang, emprisonne les globules dans ses mailles.
Voici quelques-unes des analyses qui ont été faites sur la lymphe.
LEURET
et