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IV. - DEUXIEME PARTIE DE L’ACTE DIGESTIF

C’est la partie essentielle de la digestion.

Le bol alimentaire, arrivé dans l’estomac, y est presque entièrement divisé; en outre, toute la partie albuminoïde y subit des transformations Tpvoiondes {digestion stomacale) ; puis les mouvements de l’estomac en chassent le contenu dans le duodénum ; là, des glandes importantes, le pancréas et le foie, déversent des produits de sécrétion dont l’action, combinée à celle du suc sécrété par les glandes intestinales elles-mêmes, donne lieu à là digestion intestinale-, le rôle respectif du suc pancréatique et de la bile devra être examiné icij la désagrégation des matières alimentaires déjà modifiées se poursuit dans le reste de l’intestin grêle dont ces matières parcourent les divers segments sous l’influence des contractions péristaltiques. — On a donc à étudier les phénomènes chimiques et mécaniques qui se passent dans l’estomac et dans l’intestin.

Après avoir vaguement parlé de fermentations digestives, les anciens

SÉCRÉTION GASTRIQUE

physiologistes s’étaient surtout arretés à l’idée que la digestion consiste en des actes mécaniques produisant une sorte de trituration des aliments. RéaumurS le premier, établit que la digestion est essentiellement un acte chimique ; en faisant avaler à des corbeaux de la viande enfermée dans des tubes percés de trous, il reconnut que cette viande était digérée, quoique soustraite à toute action triturante. Ses expériences furent confirmées ])ar celles de Spallanzani2, qui se procura du suc gastrique en faisant avaler aux animaux de petites éponges qu’il relirait et exprimait ensuite ; avec le liquide ainsi obtenu, il fit des digestions artificielles in vitro. Le rôle chimique du suc gastrique étant dès lors établi, les physiologistes furent amenés à ne considérer la digestion que comme un acte stomacal, à faire jouer tout le rôle digestif au suc gastrique. Il était réservé aux physiologistes modernes, et notamment à Cl. Bernard, de montrer qu’il n’y a pas qu’un seul liquide digestif, qu’une seule digestion, mais que, outre celle qui se passe dans l’estomac et qui n’est que le début de la série, il y a encore une digestion [pancréatique, et une intestinale. En même temps les pathologistes ont reconnu qu’il n’y a pas une seule dyspepsie, la dyspepsie gastrique, mais aussi des dyspepsies d’origine intestinale ou d’origine pancréatique.

i. — Estomac. Sécrétion du suc gastrique.

Digestion stomacale.

L'estomac est une poche qui reçoitles aliments que la déglutition y amène. Certains aliments ne font que le traverser; telles les boissons. Les autres s’y arrêtent en général, et d’autant plus longtemps qu’ils doivent y subir une élaboration plus importante, c’est-à-dire qu’ils sont plus difficilement attaquables; les aliments que l’estomac ne peut attaquer restent clans sa cavité le plus longtemps possible.

Il y a à considérer dans l’estomac un organe glandulaire et un organe moteur.

fo Mécanisme de la sécrétion gastrique.

A. Phénomènes histologiques. — La surface interne de l’estomac est tapissée par un épithélium cylindrique formé d’une seule couche de cellules; ce sont ces cellules qui sécrètent le mucus dont

1. Réaumür (R.-A. PERCHAULTde), malhémalicien, physicien, chimiste et naturaliste français(i683-i757), connu surtout en biologie par ses études sur les Insectes, sur la digestion des Oiseaux, sur l'incubation des œufs de poule (c’est à propos de ses recherches sur l'incubation artificielle qu’il fut amené à construire le thermomètre qui porte son nom). Les Mémoires pour seruir à l'histoire des insectes (6 vol. in-^o), son œuvre principale, sont pleins de faits ignorés avant lui et que l’on a, depuis, maintes fois retrouvés.

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