‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 172 sur 510 · INNERVATION DU GROS INTESTIN · texte numérisé non relu

INNERVATION DU GROS INTESTIN

habituelles chez les personnes qui négligent d obéir aux exigences de ce besoin, et qui sont bientôt obligées d’exciter par des moyens artificiels (suppositoires, clystères) la sensibilité émoussée de la muqueuse rectale et des fibres nerveuses qui président à la paitie centripète du réflexe. Si le besoin est écouté, il se produit une contraction réflexe des tuniques musculaires du rectum, un vrai mouvement péristaltique qui chasse les matières vers l’anus, dont le sphincter, très facilement dilatable, ne fait aucune résistance dans ce cas. En effet, si les fèces sont dans un état liquide anormal, le rectum seul suffit à les expulser, sans que la volonté intervienne autrement qu’en s’abstenant de mettre aucun obstacle à cette expulsion. Mais, dans les cas ordinaires, l’état solide des matières exige une intervention de forces plus nombreuses et plus considérables, qui entrent enjeu principalement sous l’action de la volonté. G est d abord le phénomène de l'effort, par lequel le larynx se ferme, de sorte que les parois de la cavité thoracique, remplie d’air, offrent un solide point d’appui aux muscles qui vont agir; alors se contractent tous les muscles qui peuvent comprimer l’abdomen, c’est-à dire les muscles de la paroi abdominale, le diaphragme et les muscles du périnée (releveur de l’anus, véritable diaphragme inférieur), de sorte que la compression se produit dans tous les sens. Le releveur de l’anus, en même temps qu’il comprime les viscères de bas en haut, amène au-devant des matières fécales l’orifice qu’elles doivent franchir. Les fibres longitudinales si développées du rectum agissent dans le même sens, et ce n’est là, du reste, qu’un des modes du mécanisme qui a été étudié dans l’analyse du mouvement péristaltique (voy. p. 273). De plus, ces fibres longitudinales se terminent en bas par des anses qui vont se perdre d'une façon plus ou moins distincte dans le péidnée en formant une courbure à convexité dirigée vers le centre de l’anus; il en résulte donc que, pendant leur contraction, elles redressent leur courbure et par suite dilatent l’orifice que les matières fécales doivent franchir.

Innervation du gros intestin.

Le cæcum et les côlons ascendant et transverse reçoivent des filets nerveux du plexus cœliaque et du ganglion mésentérique supérieur, le côlon descendant du ganglion mésentérique inférieur. L’excitation des filets sympathiques issus de ces ganglions arrête les mouvements du gros intestin ; mais ces rameaux contiennent aussi des filets moteurs. Ceux-ci sont cependant plutôt contenus dans le tronc du pneumogastrique. La section de ces nerfs ou l’extirpation des ganglions n’abolit pas les mouvements du gros intestin ; c’est le fait constaté déjà pour l’estomac et pour l’intestin grêle.

DIGESTION

Les nerfs du rectum et de l’anus viennent du plexus Hypogastrique, formé lui-mème par des libres venues du plexus mésentérique inférieur et, d autre part, des nerfs érecteurs (provenant des preniièie et deuxième paires sacrées). L’excitation des rameaux fournis pai le ganglion mesentérique inférieur ou celle du nerf hypogastrique détermine la contraction du sphincter interne de l’anus; celle du nerf sacré fait contracter au contraire les libres longitudinales du rectum et amène probablement le relâchement des sphincteis. Pour quelques physiologistes c’est ce dernier nerf qui serait moteur du rectum et les filets inhibiteurs se trouveraient dans le nerf hypogastrique. On voit donc que l’innervation du gros intestin n’est pas encore sûrement établie.

Le centre des mouvements de l’anus se trouve dans la moelle lombaire (au niveau de la cinquième vertèbre chez le chien, entre la sixième et la septième chez le lapin). L’excitation de la moelle à ce niveau augmente les contractions des sphincters. Mais la section, laite au-dessous de cette région, ou même la destruction de cette partie de la moelle, ne supprime pas les mouvements de l’anus. C’est que les ganglions sympathiques périphériques peuvent aussi commander à ces mouvements. En sectionnant tous les nerfs qui se rendent à la partie inférieure de l’intestin ou en détruisant la moelle lombaire, on n’observe point d’incontinence des matières fécales; le sphincter reste fermé. L’incontinence qui s’observe chez l’homme dans des cas de lésions de la moelle lombaire tient peut-être à ce que la dépendance des sphincters vis-à-vis du centre ano-spinal, dans l’espèce humaine, est plus étroite. On a aussi supposé que l’excitation résultant de la lésion médullaire inhibe les centres périphériques.

L’action du cerveau sur le centre médullaire est manifeste ; le sphincter se contracte sous l’influence de la volonté et, inversement, des émotions, comme la peur, en provoquent le relâchement et par suite amènent l’issue involontaire des fèces.

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