‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 171 sur 510 · MOUVEMENTS DU GROS INTESTIN · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DU GROS INTESTIN

Méconium. — La composition cliiiuiquo des matières qui sc trouvent •dans l’intestin du nouveau-né prouve que pendant la vie intra-ulerine il ne se produit aucune putréfaction intestinale (voy. p. 16G). Le méconium, en effet, masse d’un brun verdâtre, visqueuse, sans odeur fétide, ne contient que du pigment (bilirubine) et des acides biliaires normaux, non altérés, de la cholestérine, de la mucine, des débris épithéliaux, des graisses, quelques sels, un peu de fer qui n’est évidemment qu’un produit de désintégration physiologique, point de gaz. La teneur en eau est de 80 p. 100 environ et la proportion des matières solides de 20 p. 100, sur laquelle il y a à peine J de cendres.

3, — Mouvements du gros intestin. Défécation.

Les matières fécales sont poussées par des contractions lentes et péristaltiques jusque vers l’S iliaque. Là elles paraissent s’arrêter. Les matières ne descendent ensuite dans le rectum que par intermittences, sous l’influence de contractions plus vives, et alors tend à se produire ce phénomène réflexe qui est la défécation ; mais si cette tentative d’évacuation ne réussit pas, si le passage leur est fermé, elles retournent dans l’S iliaque. Tous ces mouvements sont très lents, ce qui ne les empêche pas de pouvoir produire à la longue des compressions considérables. Ils sont de même forme et de même nature que ceux de l’intestin grêle (p. 273) ; ce sont des mouvements péidstaltiques, c’est-à-dire dans lesquels les libres circulaires delà membrane musculeuse se contractent successivement de haut en bas, à mesure que la matière progresse dans le tube intestinal, de sorte que cette matière, comprimée supérieurement, se trouve poussée dans la portion suivante de l’intestin, dont les libres sont encore dans le relâchement.

Les mouvements dits antipéristaltiques, et qui se produisent en sens inverse, de manière à faire rétrograder les matières, étaient considérés comme exceptionnels ou n’existant que dans des cas pathologiques L Mais, d’après des expériences très intéressantes de W. Can- NON (1902, 1904), les mouvements des côlons transverse et ascendant et du cæcum sont habituellement antipéristaltiques, de telle sorte que le contenu intestinal, enfermé comme en un sac, est entièrement brassé et mélangé par ces contractions qui se font dans la direction du cæcum; la valvule iléo-cæcale empêche complètement le retour dans l’intestin grêle ; quand la masse accumulée est en suffisante quantité, une contraction péristaltique la chasse plus loin.

Vers l’extrémité tout inférieure du tube digestif se produit le phénomène de la défécation.

1. Les mouvements antipéristaltiques observés dans tout le tube intestinal d’un animal donton ouvre l’abdomen immédiatement après l’avoir mis à mort, paraissent dus à l’impression du froid et à une interruption de la circulation abdominale, d'où une excitation ultime sur les libres lisses, à la période d'agonie.

DIGESTION

Au niveau du rectum les fibres musculaires longitudinales forment un 8 la um épais et puissant; d’autre part, les fibres circulaires se groupent et se multiplient de manière à constituer un sphincter, un anneau, dit sphmctei' rnterne, formé do fibres musculaires lisses, et doublé extérieurenient par un autre sphincter plus puissant, le sphincter externe, formé dernier constitue non pas précisément un anneau, is plutôt une boutonnière antéro-postérieure limitée par deux bandes musculaires parfaitement contiguës à l’état de repos. Ainsi ce sphincter ferme complètement, à l’état de repos et en vertu de sa seule élasticité.

sphincters. Il n est donc pas question ici, pas plus, qu’ailleurs, de conractions permanentes proprement dites, mais seulement d’action de onicité. L ouverture anale est normalement oblitérée par la forme naturelle du sphincter à l’état de tonicité, et le sphincter ne se contracte que lorsqu un corps quelconque tend à modifier sa forme, pour dilater l’orifice qu 11 circonscrit; dans ces circonstances, ou bien le sphincter ne réagit pas, se laisse facilement dilater, vu sa grande élasticité, et le passage a lieu ;

U bien le sphincter réagit, et alors, par sa contraction, ferme l’orifice d’une manière réellement active; c’est dans le premier cas que la défécation se

La défécation est un pliénomène réflexe d’expulsion, dont le centre se trouve dans la partie inférieurede la moelle (voy. plus loin). Le point de départ de ce réflexe est une .sensation vague, peu définissable, un sentiment de pesanteur vers le périnée, produit par la distension des parois rectales, qui résulte de la présence des matières fecales. Cette sensation, que l’on nomme un besoin, n’a son siegeque dans le rectum et au niveau de l’anus; le besoin de la défécation est provoqué par tout corps étranger introduit à ce niveau (emploi des suppositoires pour provoquer un réflexe trop paresseux à se produire) ; le réflexe est aussi provoqué par des excitations portant sur divers centres nerveux, comme dans la strangulation, l’asphyxie. Toujours est-il que les matières fécales ne provoquent le besoin que quand elles arrivent dans le rectum ;

dans le reste du gros intestin, les matières ne sont pas senties à J état normal.

Sous l’influence de ce besoin, tend à se faire toute une série d elTorts d’expulsion, qui, on vient de le dire, sont réflexes, mais que la volonté peut influencer, soit pour les renforcer, soit, au contraire, pour les arrêter. Si on ne satisfait pas à ce besoin, il s’établit, partant du sphincter anal, un mouvement anlipéristallique qui refoule les matières dans l’S iliaque, d’où elles reviennent au bout d’un certain temps, pour tenter de nouveau le passage. Si l’on résiste ainsi plusieurs fois de suite, la sensibilité du rectum finit par s émousser, et la présence des matières fécales ne devient plus le signal des réflexes que nous allons étudier; de là les constipations

Page 1