ABSORPTION EN GÉNÉRAL
peut se faire à travers tout épithélium, à travers toute membrane organique. L’absorption digestive n’est qu’un cas particulier. Nous allons maintenant passer en revue les diverses absorptions locales.
1° Absorption par la peau.
L’absorption par la surface cutanée, épidermique, fut une question longtemps en litige. Il est vrai que toute une méthode d’administration des médicaments suppose l’existence de l’absorption cutanée; mais il faut remarquer que dans ces cas on altère la peau par des actions mécaniques, par le frottement, comme dans les frictions mercurielles.
C’est par une action mécanique que G. Colin arrive à obtenir l’absorption dans une expérience souvent citée; l’eau, cliargée de cyanure de potassium, tombant pendant cinq heures sur le dos d’un cheval, n’a-l-elle pas déterminé, à la longue, par la percussion, la destruction de la matière sébacée et l’imbibition du cyanure à travers la peau, ce qui explique l’empoisonnement du cheval par l’absorption cutanée*?
La question vraiment physiologique se réduit à savoir si la peau saine absorbe l’eau; sur ce point l’expérience a répondu. Ainsi on a constaté qu’il n’y a pas d’eau absorbée après un long séjour dans un bain; à Vienne, dans des essais d’un traitement des maladies cutanées par une longue immersion, on a conservé des malades plongés dans le bain pendant des semaines et des mois, sans qu’il y ait eu d’absorption sensible, car les malades éprouvaient le sentiment de la soif et étaient obligés d’ingérer autant de liquide que s’ils avaient vécu entièrement à l’air libre. Les solutions aqueuses de sels ne sont pas davantage absorbées. '
Les substances volatiles le sont au contraire assez facilement et d’autant plus que l’on a le soin d’empêcher l’évaporation de ces substances (iode, mercure, iodoforme, chloroforme, acide salicylique, salicylate de méthyle, etc.) par une enveloppe imperméable.
La peau est de môme perméable aux gaz ; une expérience très connue de Biciiat démontre que la surface cutanée d’un membre plongé dans des gaz putrides les absorbe, de sorte que ceux-ci, transportés dans l’organisme, sont ensuite éliminés par la partie inférieure du tube digestif. — Chez les Batraciens, celte pénétration des gaz par la peau prend une grande importance fonctionnelle, car il y a chez ces animaux une véritable respiration cutanée, qui peut suppléer la respiration pulmonaire. De même chez les Mollusques.
1. G. Colin, Physiologie comparée des animaux domc/stiques, 1879, t. Il, p. 3i2.
ABSORI^TION
20 Absorption par le tissu cellulaire sous-cutané.
Le tissu cellulaire sous-cutané absorbe très rapidement les substa„ces discutes. Celte „eo,„-,elé est utilisée en Ihére/eutiqueries so utmns médicamenteuses injectées sous la peau iiniections hwo
de IVlAGENmE ^ prouve une expérience
Cette expérience consiste à séparer d’un animal une de ses cuisses, en aissant cependant celle-ci en communication avec le reste du corps par artere et la veine lémorales, puis à injecter sous la peau du membre ainsi isolé un poison tel que la strychnine ; l’animal présente des convulsions et meurl. La substance toxique a donc été absorbée par la voie veineuse.
Les gaz s’absorbent aussi dans le tissu cellulaire, mais lentement.
3° Absorption par les muqueuses.
Les muqueuses absorbent l’eau et les substances dissoutes déposées à leur surface. Un lapin, sur la conjonctive duquel on verse quelques gouttes d'acide cyanhydrique, meurt rapidement. Les muqueuses bronchique et pulmonaire absorbent très facilement les gaz et les vapeurs ainsi que les liquides; on emploie même en thérapeutique les injections intra-trachéalespour faire pénétrer rapidement dans le sang une substance médicamenteuse, l’absorption étant beaucoup plus rapide que par la voie hypodermique.
La muqueuse vésicale fait exception ; si elle est intacte, elle est impeiméable, comme le prouve l’expéiûence suivante ;
On recueille les urines d un chien qui a gardé dans sa vessie, sans accident, 0gr,10 d arscniate de strychnine; on injecte ces urines sous la peau de cet animal même et sous la peau d’une grenouille et d’un lapin; tous ces animaux meurent avec les symptômes habituels du strychnisme. — \oici une autre expérience faite sur l’homme : on injecte dans la vessie une solution de sel de lithium, dont l’analyse spectrale révèle aisément les moindres traces dans le sang et dans la salive; il n’y a d’absorption que lorsque cpithélium vésical est altéré ou lorsque le sujet, même ayant la vessie saine, éprouve le besoin d’uriner et que l’urine arrive à baigner la portion prostatique de Purètre.
constitutives des urines ne traversent pas davantage 1 epithelium vésical, comme on l’a établi en particulier pour l’urée (expériences de Cazeneuve* et Ch. Livon *, 1878). ^
contemporain, professeur honoraire à la Faculté de méde- Jlars^eille!'^^°”'^^^ français contemporain, professeur à l’École de médecine de