PROPRIÉTÉS DU SANG
contractent il en est de même, nous le veiTons quand nous traiterons de la physiologie du muscle.
2“ Propriétés du sang.
A. Propriétés organoleptiques. — Le sang est un liquide opaque, ce qui tient à la pi-ésence des globules ; d’une couleur rouge vermeil (sang artériel) ou rouge pourpre foncé (sang veineux, dit souvent sangjioir; il est presque noir à la lumière réfléchie), due à la matière colorante des globules rouges; d’une odeur fade, différente suivant les espèces animales; d’une saveur légèrement salée.
La coloration du sang veineux n’est pas toujours et partout la même; elle varie suivant que l’organe d’où revient le sang est au repos ou en activité. On a vu (p. 181, 205, 236) que le sang veineux des glandes qui sécrètent offre la couleur du sang artériel, malgré la plus grande consommation d’oxygène que font alors ces organes, tellement la circulation y devient plus active. Dans les reins, dont la sécrétion est continue, le sang est toujours rouge. Dans les muscles qui se contractent, comme la consommation d’oxygène augmente beaucoup, le sang veineux est presque noir.
La couleur du sang se modifie aussi dans diverses intoxications. Une des modifications les plus importantes à connaître est celle qui se produit sous l’intluence de l’oxyde de carbone ; le sang de toutes les parties du corps devient alors rouge vermeil, d’une couleur cerise, plus vive et plus claire que celle du sang artériel.
B. Propriétés physiques. — a. Viscosité. — Le sang est un liquide visqueux.
On mesure la viscosité d’un liquide en calculant le temps qu’il met, par ■comparaison avec l’eau distillée, à remplir un espace donné après avoir parcouru un tube capillaire d’une longueur déterminée.
La viscosité des liquides de l’organisme est due principalement à leur richesse en matières protéiques. Celle du sang dépend surtout du nombre des globules qu’il contient; aussi augmenfe-t-elle avec ce nombre, comme dans la pléthore vraie. Le sérum est par conséquent beaucoup moins visqueux que le sang et que le sang défibriné ; la viscosité du sérum est en rapport avec sa teneur en alhumino’ides.
La viscosité varie suivant les espèces animales et, dans la même espèce, suivant différentes conditions, en particulier l’alimentation; dans le jeûne elle diminue, elle augmente avec un régime très azoté.
La viscosité du sang joue probablement un rôle, à en juger par son in-
CIRCULATION DU SANG
fluence sur le fonctionnement, du cœur, dans lentrctien régulier de divers mécanismes fonctionnels. On a montré que les liquides employés pour taire vivre le cœur isolé de l’organisme doivent présenter une viscosité qui f.® ^‘J^PPl'Oche de celle du sang; il semble que, grâce à cette propriété, 1 infiltration du liquide de circulation à travers les parois du cœur ne
puisse se produire et que par suite sc maintienne l’intégrité des fibres musculaires.
L augmentation de viscosité du sang accroît le travail du cœur et peut ralentir la sécrétion urinaire.
b. Densité. La densité du sang, chez l’homme, oscille entre 1,057 et 1,066 ; elle est un peu plus laible chez la femme, variant entre 1,055 et 1,061; la moyenne est donc, chez celui-là, de 1,061 et chez celle-ci, de 1,058. ’
L’ingestion des aliments et des boissons, les exercices musculaiies, etc., n exercent qu’une très faible et passagère influence sur la densité. C est que celle-ci tend à se maintenir toujours à la même valeur, grâce à des phénomènes de compensation qui se produisent rapidement entre le .sang et l’eau des tissus. Le fait est général, du reste, et s’observe jiour les autres propriétés du sang; la constance du milieu intérieur est nécessaire à la vie ; des mécanismes régulateurs interviennent pour rétablir l’équilibre physique ou chimique troublé par quelque condition, de telle sorte que sa fixité est assurée (voy. p. 342).
En fait, les variations de la densité sont surtout liées à celles de l’hémoglobine. C’est dans les cas où il y a diminution de cette substance (saignées, anémies profondes, tuberculose fébrile, etc.) que la densité est diminuée.
c. Pression os.motique. — La pression osmotique du sang total, comme il a été déjà noté (p. 78), est à peu près égale à celle de sa partie liquide, c’est-à-dire du plasma ou même du sérum.
Elle varie extrêmement peu L en raison de ce fait que la composition du sang se maintient à peu près constante; c’est ainsi que les injections intraveineuses de solutions salines hypertoniques ne peuvent modifier que très passagèrement et très peu la concentration moléculaire du sang; les reins éliminent tout de suite les sels en excès; si, inversement, on essaie de diminuer la proportion d’eau du sang, au moyen, par exemple, d’une sudation abondante, l’équilibre se rétablit vite par le passage de l’eau des tissus dans les vaisseaux sanguins, en quantité nécessaire. Aussi la concentration moléculaire du sang, mesurée par le point de congélation (voy. p. 66 et p. 77), ne subit-elle normalement que des changements insigni-
1. On a indiqué, page. 75, la dilTérence qui existe entre la pression osmotique du sang artériel et celle du sang veineux. «uque