PROPRIÉTÉS DU SANG
liants. A pour le sérum humain (voy. p. 78) est en moyenne égal à — 0°,55, c’est-à-dire un peu intérieur au A du sérum des Mammifères chez lesquels cette recherche a été faite ( — 0°, 56 pour le sérum de cheval, — ܰ,C2 pour le sérum de mouton).
C’est chez les animaux supérieurs que l’on observe cette constance de la concentration moléculaire du sang et par conséquent l’indépendance du milieu intérieur vis-à-vis du milieu extérieur. Chez les Invertébrés marins, le point de congélation du liquide intérieur est identique à celui de l’eau de mer (voy. la note 1 de la p. 78); le sang des Poissons cartilagineux est dans la même dépendance du milieu extérieur. Ce n’est qu’à partir des Poissons osseux que cette dépendance diminue.
d. Tempér.vture. — La température du sang, chez les Mammifères et chez les Oiseaux, est dite constante; cela signifie qu’elle est indépendante du milieu extérieur. Elle varie suivant les espèces animales (de 36“ à 40“, et plus [chez différents Oiseaux]). Chez le même animal elle varie suivant les territoires organiques ; le sang le plus chaud est celui des veines sus-hépatiques et du cœur droit; le plus froid, celui des veines de la peau. Les variations les plus grandes sont dues à l’activité des organes et se constatent donc dans les sangs veineux. La température du sang artériel est plus fixe.
Chez les animaux inférieurs. Poissons et Reptiles compris, la température du sang suit les variations de la température du milieu ambiant.
C. Propriétés chimiques. — a. Réaction. — La réaction du sang, au papier de tournesol et à divers autres indicateurs, est alcaline. Cette alcalinité correspond à 2 ou 3 grammes de soude caustique par litre. Elle est due surtout ‘ au bicarbonate et au phosphate de soude du plasma, CO^Nali et PO^Na^H, sels qui ont la propriété de bleuir le tournesol rouge. Mais cette alcalinité n’est qu'apparente, puisque les sels dont elle dépend principalement contiennent encore un H non saturé, remplaçable par un métal, c’est-à-dire possédant encore une fonction acide. C’est pour cela qu’on a pu parler justement de l’acidité réelle du sang. Mais, au point de vue de la chimie pure, le sang n’est ni acide, ni alcalin, il est neutre, comme l’a prouvé l’application à cette question d’une méthode physico-chimique.
L’acidité vraie d’une solution est représentée par le nombre d’ions H en liberté dans la solution, et l’alcalinité vraie par le nombre d’ions OH en liberté. On a démontré que la méthode litrimétrique ne permet pas de
1. Tl y a dans le sang une petite quantité de substances basiques, dans le sens vrai du mol, bases ammoniacales ou alcaloïdiques.
CIRCULATION DU SANG
mesurer la valeur exacte de la réaction d’une solution saline. La cliimie physique a fourni une méthode électrométrique \ grâce à laquelle on peut trouver la concentration, dans une solution quelconque, des ions H ou 011 ; les résultats obtenus ont fait voir que le sang est un liquide très prés de la neutralité, la concentration des ions OU étant à peu près la même dans le sang ou dans le sérum que dans l’eau distillée.
Le sang doit donc être con.sidéré comme un liquide à peu près neutre. ^
Quelques-unes des données résultant de l’emploi des procédés titrimétriques et sur lesquelles a été établie la notion de l’alcalinité apparente du sang, n en sont pas moins à retenir.
Une des plus importantes est celle, dont on doit la première démonstration a Claude Bernard, de rmcompatibilité de la vie avec l’acidité du san<>- 1 injection de substances acides dans les veines d’un animal amène rapidement la mort. Il suffît, à vrai dire, que la réaction alcaline du sang soit mute pour que ce résultat s’ensuive (troubles respiratoires dépendant du système nerveux et coma). On peut sauver les animaux, même peu de emps avant la mort, en leur injectant dans les veines du carbonate de souf e.— Puisque telle estl’inlluence nocive des acides sur l’organisme rien d étonnant a ce qim celui-ci s’efforce de maintenir constant le degré d’alcalinité du sang, dans tous les cas d'intoxication acide, exo ou endogène, ci encore intervient un de ces mécanismes compensateurs dont d'à été parlé plus haut (p. .300). L’organisme peut en effet dans ce cas augmenter la production de la petite quantité d’ammoniaque qui se forme normalement; cet excès d’ammoniaque sature les acides que l’on retrouve dans les urines à l’état de sels ammoniacaux. Les herbivores qui ne possèdent point ce mécanisme succombent beaucoup plus vite à l’intoxication acide Indiquons enfin deux autres particularités; la première est que le san-^ veineux présente une alcalinité moindre que celle du sang artériel, et la
seconde, que l’e.xercice musculaire diminue notablement la réaction alcaline du sang.
b. PouAoiR RÉDUCTEUR DU SANG. — Le saiig Contient des substances réductrices. Si on conserve du sang artériel à l’abri de l’air, il passe rapidement à l’état de sang veineux.
3° Composition générale du sang.
On sait déjà que l’examen microscopique suftit pour montrer que le sang se compose de deux parties bien distinctes : une partie solide constituée par des éléments appelés globules et une partie liquide, le plasma.
1. Celte méthode, qui consiste en la mesure des forces éleclro-molrice.s, est fondée sur le principe suivant : entre deux solulions d'une même substance deux solu lions contenant un meme acide, par e.xemple), dont la concentration est dilïérente, placées dans deux vases qui communiquent par un tube capillaire il se développe une différence de potentiel que l'on peut mesurer; or, celte différence de potentiel est proportionnelle au logarithme de la concentration.