G. -J. Mi'lder (1802-1880), chimiste hollandais
3. Par réduction énergique on obtient de l'hématoporphyrine Vhémopyrrol qui est un isobulylpyrrol ou un méthylpropylpyrrol. Or, parmi les dérivés de la chlorophylle, ou a aussi obtenu l’iiémopyrrol. On trouve donc ce même noya* lyrrolique dans la molécule des deux matières colorantes respiratoires des végétaux et des animaux, et on a vu là à juste titre une preuve de leur proche parenté. A. Gautier avait démontré cette parenté dès 1877-79; â noter toutefois avec lui que l'hérnatine est une substance ferrugineuse, tandis que la chlorophylle ne contient pas de fer.
obtient un dépôt bleu noirâtre, formé par des cristaux en tablettes rhombo'idales a])laties, à angle aigu (lîg. 40), d’un brun intense, insolubles dans la plupart des réactifs, solubles dans les alcalis
taux d'hémine ou cristaux
ÉLÉMENTS FIGURÉS DU SANG
Hémochromogène. — Comme on l’a vu j). 320, cette substance ré- ■sulte d’une décomposition de l’hémoglobine comparable à celle de l'o.xyhémoglobine :
Décomposition par un acide ou par un alcali d’une solution d'oxyhémoglobine. d'une solution d’hémoglobine
(ù l'abri de l'air).
Globine. Hématine.
Globine. Ilémochromogène.
On l’obtient en traitant l’hémaline par un réducteur alcalin (Stores, 1864); Stokes appela la substance obtenue hématine réduite-, c’est Hoppe-Seyler qui lui donna le nom d’hémochromogène. Inversement, par l’action des oxydants, l’hémochromogène se transforme en hématine.
Les solutions alcalines sont d’une belle couleur rouge-cerise. Leur spectre d’absorption présente deux bandes, l’une, sombre, entre D et E, l’autre, plus pâle et plus large, sur E et b. — Les acides, à l’abri de l’air, transforment l’hémochromogène en hématine.
Le rôle physiologique important de cette substance a été indiqué p. 319-320.
B. Globules blancs. — Les globules blancs du sang ou leucocytes (de Xeuxo'ç, blanc, et xûxo;, cellule), ainsi nommés parce qu’ils sont incolores, sont identiques aux globules de la lymphe, que l’on trouve dans les vaisseaux lymphatiques; ils viennent en effet de <;es vaisseaux, sont entraînés par la lymphe jusque dans le canal thoracique et passent alors dans le sang avec la lymphe.
a. Caractères des globules blancs. — Ce sont des éléments un peu plus gros que les hématies (8 à 9 [a de diamètre), mais bien moins nombreux (1 pour 400 à 600 globules rouges), arrondis, pourvus d’un noyau, à surface un peu granuleuse; dans l’intérieur du noyau on distingue un ou plusieurs nucléoles. Ce sont donc de véritables cellules. Leur petite masse de protoplasma, sans envèloppe, présente des mouvements amiboïdes (voy. p. 121) très marqués, quand on les examine dans une goutte de sérum ou de lymphe.
Ce ne sont point des éléments spécifiques du sang, comme les hématies ; on les trouve en effet non seulement dans ce liquide, mais aussi dans la lymphe, dans les ganglions lymphatiques, dans le tissu conjonctif [cellules migratrices). On peut dire cependant que le vrai leucocyte du sang, c’est le polynucléaire (voy. ci-dessous); le lymphocyte est une cellule de la lymphe.
On distingue plusieurs espèces de globules blancs : les lymphocytes ou
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petits mononucléaires, les grands mononucléaires et les polynucléaires, à. noyau découpé en lobes ou en forme debissac, qui sonl basophiles, éosinophiles ou neutrophiles (Ehrucu), suivant que leurs granulations ont de l’adînité pour les couleurs d’aniline basiques ou acides et spécialement pour l’éosine, ou neutres. Los traités d’histologie indiquent les caractères distinctifs de ces divers éléments. Ce sont les polynucléaires et les grands mononucléaires qui présentent des mouvements amiboïdes et des phénomènes de chimiotropisme (voy. p. 127). Les lymphocytes représentent environ, chez l’homme, 20 à 30 p. 100 des leucocytes du sang; les gros mononucléaires sont peu nombreux (1 p. 100) ; parmi les polynucléaires
Fig. 41. — îiligralion des globules blancs (d'après PruLS ').
Observations sur le mésentère de la grenouille six heures après sa mise à nu ; les cellules ponctuées représentent les globules blancs, les cellules ombrées les globules rouges. Grossissement : 250.
(70 p. 100 environ des leucocytes), les éosinophiles sont en très pétitnombre
(1 à 3 p. 100) ainsi que les basophiles (0,5 p. 100). C est le maintien de ces proportions à. peu près constantes des diverses variétés de leucocytes que l’on a qualifié d'équilibre leucocytaire. Les troubles de cet équilibre ont une signification pathologique très importante.
On compte les leucocytes comme les hématies. Le sang de l’homme en contient en moyenne de 7 à 9 000 par millimètre cube.
Ce nombre est soumis à. de grandes variations. L’augmentation numérique des leucocytes a été appelée leucocytose. 11 y aurait normalement
1. M. P. PüRLS (1843-1881), histologiste et pathologiste allemand.
ÉLÉMENTS FIGURÉS DU SANG
leucocytose sous l’influence des repas, avec une alimentation albuminoïde. Mais c’est surtout sous des influences pathologiques qu’on observe des variations de nombre en plus ou en moins. Les infections déterminent en général de la leucocytose ; le nombre total des globules blancs peut s’élever de 15 à 30 000 par millimètre cube. Dans les leucémies, il s’élève à plusieurs centaines de mille et peut môme égaler celui des hématies. La leucocytose pathologique peut porter sur une seule des espèces de leucocytes (lymphocytose, éosinophilie, etc.). — Beaucoup d’intoxications augmentent aussi ou diminuent le nombre des globules blancs.
b. Propriétés des globules blancs. — Les leucocytes se comportent vis-à-vis des solutions salines comme les hématies ; ils diminuent de volume dans les solutions hypertoniques et augmentent de volume dans les solutions hypotoniques. L’eau distillée les dissout lentement. Cependant ils paraissent avoir une perméabilité toute spéciale ; onaprétendu, en effet, qu’ils absorbent un grand nombre de substances dissoutes, arsenic, iode, fer, mercure, atropine, pilocarpine, abrine, etc., mais- toutes les expériences faites jusqu’à présent à ce sujet ne sont pas également probantes.
Les deux propriétés les mieux étudiées des leucocytes sont l’irritabilité’’et la contractilité. L’irritabilité se manifeste d’une façon particulière pour les variations de la composition chimique du milieu dans lequel sont plongées ces cellules. De là l’importance des phénomènes de chimiotropisme qu’elles présentent et dont il a été pai lé p. 127. Quant à la contractilité des leucocytes, c’est grâce à cette propriété qu’ils changent constamment de forme, émettant des prolongements, se rétractant, etc., bref accomplissant tous les mouvements dits amiboïdes rappelés tout à l’heure. C’est par cette contractilité que s’explique la diapédèse, c’est-à-dire le passage des globules a travers les parois des vaisseaux et en général à travers les membranes (fig. 41).
Les leucocytes possèdent aussi des propriétés digestives qui ont été déjà signalées en même temps que le phénomène de la phagocytose, p. MO. — Ils sont riches en diastases, protéolytiques, ifpolytiques, glycolytiques, etc., et contiennent aussi des oxydases (vo'y. p. 348).
c. Composition des globules blancs. — Les tableau de la page 304 montre qu’il ne se trouve dans les matières constitutives de ces éléments aucune substance spécifique.
C. Ilématoblastes ou plaquettes. — Les hématoblastes^ ^découverts par Hayem, 1877), ou plaquettes (Bizzozero^, 1881), sont
‘•.p® fl'ie le médecin français Alf. Donné (1801-18-8Ï
avait déjà décrits sous le nom de globulins en i8//, ^ ‘
2. G. Bizzozero( 1846-1901), histologiste ilalien très connu par ses rccherclies
CIRCULATION DU SANG
(les éléments incolores, en forme de bâtonnets allongés, légèrement ovalaires, très petits (ayant en moyenne 2 à 3 ;jl de diamètre, quelquefois plus), que l’on peut observer dans le sang circulant. Leur nombre est de 200000 à 300 000 par millimètre cube, mais il peut être plus élevé.
Ils s’altèrent très rapidement dans le sang extrait des vaisseaux, deviennent alors anguleux et s’agglomèrent en petites masses informes, ou bien ils se fragmentent et disparaissent. En empêchant la coagulation du sang, on a pu les isoler au moyen de la centrifugation et les étudier dans de bonnes conditions.
Leur substance serait formée de nucléo-albuminc.
Leur rôle dans la coagulation du sang est assez important, comme on le verra plus loin. — Hayem et quelques autres auteurs les ont considérés comme des éléments formateurs des hématies; de là le nom que Hayem leur a donné.
D. Gramilaiions. — On trouve enfin dans le sang de tout petits granules, communément appelés granulations élémentaires, qui ne paraissent être autre chose que des fragments irréguliers de protoplasma ; ces fragments proviennent vraisemblablement de la destruction des leucocytes ou des hématoblastes.
D’autres granulations, de nature graisseuse, et auxquelles on a donnéle nom à.' hémoconies ^ , peuvent être distinguées dans le sang; elles y sont surtout abondantes après un repas riche en graisses.
E. Formation des éléments figurés du sang. Hématopoïèse. — La vie des éléments figurés du sang n’est pas illimitée. On peut avoir une idée de la quantité des globules qui se détruisent journellement d’après la quantité des pigments biliaires et urinaires éliminée, puisque ces pigments proviennent de la transformation de l’hémoglobine. Et si l’on remarque qu’après chaque menstruation, de même qu’après toute hémorragie, le sang se reforme dans un temps relativement court, on est conduit à admettre l’existence d’un processus actif de régénération des globules.
Les deux questions de la destruction et de la formation des globules sont donc connexes.
Ce n’est point dans le sang lui-même que se réparent les pertes subies par ce liquide, mais dans des organes dits pour cette raison hématopoiétiques. — Quant à la destruction des hématies, elle peut se faire dans le sang, mais elle se fait aussi dans la rate et dans le foie.
sur le tissu conjonctif, sur la moelle des os et ses éléments, sur la structure des ganglions lymphatiques, sur l’origine des hématies, sur la régénération physiologique des éléments glandulaires, etc.