Du mot latin rabigo, rouille
5- Il y a en effetdans la rate, avant la conception, une réserve de combinaisons organiques de fer.
CIRCULATION DU SANG
riences de Charrin et Guillemonat sur des femelles de cobaye, 1899), à mesure que l’embryon se développe.
b. Rôle du foie. — Comme la raie, le foie est un organe qui sert et à la destruction et à la genèse des globules rouges, quoique peutêtre dans une moindre. mesure.
Voici d’abord les faits qui établissent son rôle destructeur : 1° il y a moins de globules rouges dans les veines sus-hépatiques que dans la veine porte ; — 2<> dans les destructions globulaires intenses on trouve dans le tissu hépati([ue, comme dans le tissu splénique, mais en moindre quantité, un dépôt de pigment ocre (ou rubigine) qui se fait aux dépens de l’hémoglobine des globules ; —3° les globules blancs des capillaires du foie s’emparent des hématies qui doivent être détruites et transforment leur matière colorante en ce pigment ferrugineux dont il a été parlé tout à l'heure, décelable par des réactions microchimiques des sels ferriques.
Le rôle du foie dans la formation des hématies peut être inféré des constatations qui précèdent.
Dans les destructions globulaires intenses, la cellule hépatique produit et excrète plus de bilirubine ; sans doute le matériel nécessaire à la sécrétion de cette substance est en grande partie fourni par la rate (voy. p. 251); mais une partie provient du foie lui-méme où se détruisent aussi des globules; que devient dès lors le for restant de l’hématine employée à la formation de la bilirubine? On admet que le foie emmagasine pour ainsi dire ce fer qui est employé ensuite à la reconstitution du sang. De fait, la provision de fer du foie diminue à la suite des hémorragies profondes. — Que le foie puisse être considéré comme un réservoir de fer , c’est ce qui ressort aussi des observations de Bunge et de celles de L. Lapicque sur le foie des animaux nouveau-nés, quatre à neuf fois plus riche en ce métal que le foie de l’adulte. On a vu, p. 136, les raisons de l’accumulation de fer chez ces animaux.
c. Rôle de la moelle osseuse. — La moelle des os est l’organe formateur principal des hématies. Il y a deux espèces de moelle osseuse, rime rouge ou fœtale (ainsi dénommée parce qu’elle prédomine chez le fœtus), l’autre graisseuse. C’est la moelle rouge seule (moelle des os courts et des épiphyses des os longs) qui est le lieu de la formation des liêmaties.
Les éléments de ce tissu décrits sous le nom de médullocelles ou cellules de Neumann, ou encore cellules he'moglobiques ou hémaloblnstiques, se chargent peu à, peu d’hémoglobine, perdent leur noyau et se transforment en hématies. C’est une question d’ordre histologique de savoir comment a lieu cette transformation; elle n’est donc pas à examiner ici.
A côté de cette constatation directe, par le microscope, de la genèse d'hématies dans la moelle des os, se placent des preuves expérimentales :
hématopoïèse
1° après l’extirpation de la rate (expériences sur des chiens) les cellules graisseuses de la moelle osseuse disparaissent, les éléments actifs se multiplient, on voit apparaître un grand nombre de globules rouges nucléés, lorme intermédiaire entre la cellule de Neumann et l’hématie; — 2° dans la même condition, c’est-à-dire après splénectomie (chez le chien), on a trouvé dans le sang de la veine fémorale (revenant d’un membre pourvu d un os à moelle rouge) un nombre de globules rouges beaucoup plus considérable que dans l’artère (près de 3 millions de plus).
d. Formation de l’hémoglobine. — La formation de l’hémoglobine ne va pas toujours de pair avec celte des hématies. Après les saignées, par exemple, il arrive souvent que l’hémoglobine n’est pas revenue à sa valeur normale, alors que le nombre des hématies est revenu à sa moyenne. Comment se fait cette formation de la matière colorante du sang? — L’alimentation d’un très grand nombre d’animaux ne contient que des traces d’hémoglobine; celle des herbivores n'en contient point du tout. Puisque les globules rouges se détruisent dans un temps assez court, comment donc leur matière colorante se reconstitue-t-elle ?
On peut supposer que l’hémoglobine des globules nouveaux provient des matériaux que laisse la destruction des anciens. C’est là une raison théorique en faveur de la thèse qui vient d’être exposée dans les pages précédentés, de l’existence d’organes à la fois destructeurs et formateurs des hématies. Les matériaux qui résultent de l’hématolyse seraient, en grande partie, repris et utilisés surplace.
Notons à ce propos que le tissu hépatique, soigneusement lavé (pour être débarrassé de sang complètement), contient beaucoup de fer sous forme de combinaisons organiques et qu’il en est de même de la rate; or, on a vu plus haut que ces réserves de fer diminuent lorsqu’il y a formation de nouveaux globules, soit chez le nouveau-né (cas du foie), soit chez l’embryon (cas de la rate de la mère).
Est-ce par le mécanisme qui vient d’ètre indiqué que se forme toute l’hémoglobine? 11 est impossible de le dire, puisqu’on ignore à la lois et la valeur de la destruction globulaire normale et la grandeur de la réparation et s’il y a proportionnalité entre les deux phénomènes. On est d’ailleurs en droit de supposer l’intervention d’un autre mécanisme.
Il y a des aliments dans lesquels se trouvent toutes formées des matières organiques riches eu fer {hématogène de üu.nge, par exemple ; voy. p. 41 et lil). Gomme l’élimination de fer par l'organisme est très faible, il est possible que ce fer alimentaire puisse subvenir en partie aux besoins de la réparation hémoglobique.
Ajoutons que le fer peut encore être absorbé sous une autre forme, et c’est simplement sous sa forme la plus commune, à l’état de sels, que l’on
CIRCULATION DU SANG
trouve aussi dans beaucoup de matières alimentaires, encore (lu’en petitequantité L— Cette question de l’absorption des sels de 1er a été longtemps discutée. Les bons otVets du traitement ferrugineux dans l'anémie et dans la chlorose ont de tout temps incité les médecins à la résoudre par l’affirmative. Cependant la preuve expérimentale n’a été fournie que dans ces dernières années. On a démontré que la muqueuse duodénale absorbe le fer ingéi’é sous forme de granulations dont on suit la présence dans les cellules épithéliales, dans le vaisseau lymphatique central de la villosité, dans les ganglions lymphatiques du mésentère et dans le canal thoracique ; dans ce transport les leucocytes ont donc un rôle capital. Mais ce fer ne reste pas dans le sang; il n’y a pas accumulation du métal dans ce liquide à la suite de l’absorption des sels de fer. Il se dépose donc dans quelque organe. Il semble bien que ce soit surtout dans le foie, puisqu’à la suite de l’ingestion de protosulfate de fer avec les aliments, la quantité de fer de cet organe augmente et que, si à des animaux recevant cette nourriture on fait des saignées, la régénération des globules a lieu chez eux beaucoup plus rapidement que chez des animaux témoins. Le fer inor^aniaue résorbé est entreposé en quelque sorte dans le foie, où il entre dans une combinaison organique ; il peut donc servir à la formation d'hémoglobine. — Quant à la partie superflue, elle s’éümine non pas par les urines, mais par les fèces. La voie intestinale est la voie normale d’excrétion du fer.
e. Formation des gi.orules bi.ancs. — La formation des leucocytes, comme celle des hématies, peut se faire dans plusieurs organes.
Les ganglions lymphatiques surtout et la rate sont des organesformateurs des lymphocytes, ainsi que l’observation histologique l’a établi.
On trouve en effet dans le tissu de ces organes un grand nombre depetits lymphocytes et on a constaté dans les ganglions leur multiplication par karyokinése. Après l’extirpation de la rate les ganglions s’hypertrophient, ce qui prouve à la fois leur rôle et celui de la rate. D’autre part, la lymphe qui sort des ganglions contient plus de lymphocytes que la lymphe qui y arrive.
Dans la moelle osseuse se forment les leucocytes polynucléaires.
Les liistologistes ont en effet constaté la présence dans la moelle rouge d’éléments appelés myélocytes, très volumineux, granuleux, desquels dérivent, par des formes diverses de passage, les leucocytes granuleux.
Les leucocytes une fois formés peuvent se multiplier dans le sang et dans la lymphe, soit par division directe, soit par division indirecte.
1. La quantité totale du fer alimentaire a été évaluée (L. Lapicque) à2 0i» 3 centigrammes par jour pour un adulte vivant à Paris et recevant une ration moyenne. La quantité éliminée par jour serait à peu près la même, mais il est impossible dans cette élimination de faire la part du fer résiduel (résidu non absorbé du fer alimentaire) et du fer ev''rémentitiel (éliminéaorès absorption et assimilation).
PLASMA ET SÉRUM
Quant à la destruction des globules blancs anciens, elle paraît se faire dans le sang. Lorsque cette destruction augmente (dans la leucocythémie, par exemple), on trouve dans les urines une grande quantité d’acide urique, corps auquel ont donné naissance les nucléo-albumines des leucocytes, mises en liberté et décomposées ; dans cette maladie l’élimination de l’acide urique peut en effet s’élever jusqu’à ls'’,50 et même 3 et 4 grammes par jour, au lieu deOs',60, chiffre de l’élimination rénale.
f. L’hématopoïèse durant la vie embryonnaire et foetale. — Tous les faits qui précèdent concernent l’animal adulte. Pendant la vie embryonnaire et fœtale l’hématopoièse se fait tout différemment. Mais c’est là une question d’ordre embryologique et histologique, uno question d’histogenèse, à proprement parler, qui se trouve traitée dans tous les ouvrages d’histologie.
5® Partie liquide du sang. Plasma et sérum.
Le sang moins les éléments figurés, c’est le plasma, partie liquide du sang {liquor des anciens auteurs) qui peut être considérée comme une solution d’albuminoïdes renfermant de plus quelques sels, dès graisses, des matières extractives, des gaz. — Le plasma est un liquide relativement chargé de matières albuminoïdes, car il en contient à peu près 1 p. 10, proportion qui se rencontre rarement dans les autres liquides de l’économie. De ces albuminoïdes, une faible partie est spontanément coagulable; cette substance coagulée, c’est la fibrme (1 à 2 grammes de fibrine sèche ‘ pour un litre de sang). L’autre partie (73 à 80 grammes pour un litre de sang) est formée d’albuminoïdes qui ne se coagulent que par la chaleur ou les réactifs. Celles-ci seront étudiées avec le sérum. — La fibrine n’est que le produit de la coagulation du sang, c’est-à-dire de ce phénomène 'bien connu par lequel, dès sa sortie des vaisseaux, le liquide sanguin se solidifie en une masse qui présente l’aspect d’une gelée ; il en sera parlé tout à l’heure.
Le liquide qui reste après la formation de la fibrine ou coagulation du sang constitue le sérum. Ce dernier ne diffère donc du plasma que par l’absence de la matière qui a donné naissance à la fibrine et que l’on a appelée pour cette raison fibrinogène (Al. Schmidt 2) et aussi par une teneur légèrement moindre en sels, car la fibrine, en