grammes en moyenne de fibrine humide
2. Al. Schmidt (i83i-i894), chimiste physiologiste russe, fut longtemps professeur à runiversité de Dorpat ; il est surtout connu par ses admirables et patientes recherches sur le sang et sur la coagulation du sang.
CIRCULATION DU SANG
se formant, entraîne un peu de ceux-ci soit mécaniquement, soit par liaison chimique.
A. Plasma. — Puisque le sang, dès qu’il est sorti des vaisseaux, se coagule, on est obligé, pour obtenir du plasma, d’empêcher la coagulation.
La plupart des moyens employés dans ce but, ceux qui consistent dans l’adjonction au sang de substances empêchant la coagulation, fournissent par cela même un plasma impur. Ces substances sont très nombreuses : solutions de sucre ou de gomme, solutions concentrées de sels neutres (sulfate de soude ou de magnésie, chlorure de sodium, etc.), oxalates neutres d’alcalis (oxalate de potasse à 1-1,5 p. 1000 de sang), qui ont la propriété de précipiter les sels de chaux, fluorure de sodium à 1-2 p. 1000 de sang, extrait aqueux de têtes de sangsues [Hirudo medicinalis). D'autres substances s’opposent aussi à la coagulation et permettent par conséquent de recueillir du plasma, mais il faut les injecter dans les veines de l’animal vivant ; les solutions d’albumoses (voy. p. 222) peuvent être prises pour types de ces agents anticoagulants (voy. Coagulation du sang); mais dans ce cas encore le plasma obtenu, dit peploné, est impur, tout comme les plasmas sucré, salé, oxalaté, fluoré, hirudiné.
11 faut donc recourir à d’autres artifices pour avoir du plasma pur. Le premier repose sur une ancienne expérience (Hewson^, 1771), dans laquelle on voit le sang rester fluide dans une portion de carotide de chien isolée par deux ligatures ; le sang en effet ne se coagule pas dans les vaisseaux non altérés; voici comment on fait aujourd’hui l’expérience (F. Glénard, 1875) : on isole une jugulaire de cheval, qui est très longue, entre deux ligatures, l’une le plus haut possible, l’autre à la base du cou; les globules, très lourds chez le cheval, se déposent rapidement et la partie supérieure du vaisseau (plus de la moitié) est pleine d’un liquide clair, coloré en jaune — On peut aussi recevoir le sang dans une éprouvette placée dans un mélange réfrigérant; à 0° en effet le sang ne se coagule pas; les globules, plus lourds, tombent au fond de l’éprouvette et on a du plasma liquide tant que la température ne s’élève pas. — On peut enfin recueillir le sang dans un récipient préalablement huilé, paraffiné ou vaseliné, de telle sorte qu’il n’y ait pas adhérence entre la paroi du vase et le sang; dans cette condition, la coagulation ne se produit pas et le plasma peut se former.
Mais ces trois plasmas, de la jugulaire, refroidi ou paraffiné, sont très instables et d’ailleurs difficiles à préparer.
Par contre, le sang des Oiseaux fournit un plasma pur et stable (pendant quelques heures) quand la saignée est faite aseptiquement et en prenant soin que le sang qui s’écoule de l’artère ne soit à aucun moment en contact
1. W. IIewson (1739-1774), célèbre anatomiste et physiologiste anglais.
2. C'est ce procédé que L. Fredericq a appliqué à la préparation et à l’étude du plasma sanguin de cheval.
PLASMA ET SÉRUM
avec la surface de la plaie ^ (G. Delezenne, 1897). Il en est de même du sang des autres Vertébrés à hématies nucléées, Poissons, Batraciens, Reptiles.
Le plasma sanguin est un liquide transparent, incolore ou légèrement jaunâtre, alcalin, d’une densité de 1,027, qui se coagule spontanément comme le sang lui-même.
Les matières inorganiques et presque toutes les organiques qu’il contient se retrouvant dans le sérum, on ne parlera ici que de la seule substance caractéristique qui s’y trouve, le fibrinogène.
Fibrinogène et fibrine. — Le fibrinogène est une globuline, qui se coagule à 56° (L. Fredericq ; c’est un caractère distinctif très important), insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther; ses solutions dans l’eau salée sont précipitées par le chlorure de sodium à saturation ou par le sulfate de magnésium. Ses solutions se coagulent quand on y ajoute un peu de plasmase ou simplement du sérum sanguin. — Chauffées à 56°, les solutions de fibrinogène se décomposeraient en deux globulines, l’une qui reste en solution et qui se coagule à 64® et que l’on a appelée fibrinoglobidine, et l’autre qui se coagule et qui est la fibrine. La même décomposition se passerait dans la coagulation du fibrinogène sous l’influence de la plasmase (O. Uammarsten). La question de savoir si la fibrinoglobuline est un véritable produit de dédoublement ou simplement une impureté présente dans les solutions de fibrinogène est encore indécise.
On trouve du fibrinogène dans d’autres liquides que le plasma, dans la lymphe, le chyle, les exsudais pathologiques, tels que le liquide péricardique, celui de l’hydrocèle, etc.
Quand on enlève aussi complètement que possible son sang à un animal (par des saignées successives) et que l’on défibriné ce sang pour le réinjecter ensuite, défibriné, au même animal [défibrination totale), on constate que la fibrine se reproduit assez rapidement (en quelques heures). Il doit donc exister des organes où se forme la matière fibrinogène. Un de ces organes, sinon le seul, serait le foie (expériences sur le chien) ; après l’ablation du foie ou sa destruction à la suite d’injection intra-stomacale de chloroforme ou de phosphore ou par injection sous-cutanée ou intrapéritonéale d’un sérum hépatotoxique *, la quantité de fibrinogène du plasma diminue considérablement, en même temps que le sang dévient incoagulable (M. Doyon, 1905; P. Nolf^,1905).
1 . On a montré en effet que les tissus contiennent soit de la plasmase, soit des substances qui en activent la formation ou qui en augmeiUeiit le pouvoir.
2. On prépare ce sérum en injectant, par exemple à un canard, du foie de chien (pulpe de foie) ; le sérum sanguin de ce canard, injecté ô des chiens, amène la destruction des celiules hépatiques (voy. plus loin, p. 35i). La préparation d'un tel Sérum n'est pas réalisable à coup sûr (M. Doton). Voy., p. joo, ce que nous avons dit des cytotoxines de ce genre.