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Sur les Lracés bémaiilogr.nphiques, voy. p. ^3i

CIRCULATION DU SANG

d'arlères à type élastique. Par contre, l’élément musculaire est prédominant dans les parois des petites artères et des artérioles qui précèdent les capillaires [artères à type musculaire). Dans les parties intermédiaires, les

.0 tissus élastique et musculaire se partagent la composition de la tunique moyenne proportionnellement à la distance à laquelle le point considéré se trouve de la base et du sommet du cône artériel* (voy. tig. 72).

Les artères sont donc, les unes très élastiques, les autres très contractiles, d’autres encore à peu près élastiques autant que contractiles.

Grâce à ces propriétés, elles ne se comportent pas comme des tubes rigides; elles conduisent le sang, mais en modifiant les conditions premières (d’origine cardiaque) de sa circulation.

Fig. 72. — Schéma de la composition des parois artérielles (è Mathias Ouval).

Proportion dans laquelle l’élément élastique et l’élément musculaire entrent dans la composition de la paroi du cône artériel, depuis le sommet At jusqu'.i la base CG. — 1, 1, élément musculaire; — 2, élénjent élastique.

Caractères propres qu’impriment à la circulation l’élasticité et la contractilité artérielles. — L’hémodynamique satisfait à deux conditions fondamentales. D’une part, la circulation est assurée d’une façon continue dans les organes; par là, par cette suppression des intermittences cardiaques, l’apport sanguin est effectué sans à-coups qui troubleraient l’équilibre cellulaire. D’autre part, le débit du sang peut être à tous les instants proportionné aux besoins particuliers de chaque organe. Or, puisque le jeu du cœur est intermittent, il fautbien, pour rendre continu son effet utile, c’est-àdire le mouvement du sang, qu’intervienne un mécanisme spécial. Ce mécanisme est constitué par l’élasticité artérielle. De son côté, le débit du cœur est et ne peut être que le même, au même moment; si pourtant le débit circulatoire est susceptible d’adaptation, au même moment, aux besoins de chaque organe, c’est qu’un mécanisme spécial intervient à cet effet. Ce mécanisme est con.stitué par la contractilité artérielle. L’élasticité des artères assure la continuité du cours du sang; la contractilité artérielle règle le débit sanguin pour chaque organe.

1. Quand un tronc vasculaire se divise, la somme des lumières des deu.": branches, tout au moins pour les branches périphériques des artères, est toujours plus forte que la lumière du tronc primitif, en sorte que la capacité du système augmente à mesure qu’on s’éloigne du tronc aortique. Par conséquent, en faisant abstraction de la forme ramifiée de l’arbre artériel, juxtaposant tous les troncs et supprimant toutes les cloisons qui résultent de l’accolemenl des vaisseaux, on obtient une figure conique.

CIRCULATION DANS LES ARTÈRES

a. Rôle de l’élasticité artérielle. — La transformation de l’effort intermittent cardiaque en force de propulsion continue par l’élasticilé artérielle est démontrée par une expérience fondamentale de Marey.

Un flacon de Mariotte (fig. 73) est mis en communication par un branchement dépressible et inextensible (caoutchouc entoilé) en U avec deux tubes d’écoulement, l’un à parois rigides (en verre), l’autre à parois élastiques (en caoutchouc mince), dont les orifices d’écoulement ont exactement le même calibre. Le liquide est reçu, à la sortie, dans deux éprou-

Fig. 73. — .Appareil de .Markt, pour démontrer le rôle de l’élasticilé transformant des alflui intermittents en courant continu (d’après Marsï).

TR, tube rigide (tube de verre) ; — TE, tube élaslique.

vettes graduées. Une manette mue à la main ou automatiquement permet, pendant l’écoulement du liquide, d’exercer des compressions rythmées sur le tube dépressible et inextensible en U. L’expérience est mise en train et l’on constate que :

1“ A chaque compression du tube en U, l’écoulement s’arrête à l’orifice du tube rigide ; le tube à parois de verre émet donc des jets de liquide intermittents comme les afflux eux-mêmes 2» l’écoulement par le tube élastique est. au contraire, continu ; — 3» pour un même temps, un même régime d’afllux intermittents donne un débit plus considérable par le tube élastique.

Ces résultats expérimentaux sont faciles à comprendre. Sous l’influence de la charge liquide les parois extensibles du tube de caoutchouc sont distendues; ces parois distendues, revenant en vertu de leur élasticité sur elles-mêmes, exercent par suite sur le liquide qui court entre elles une pression plus ou moins énergique et plus ou moins prolongée. Leur, élas-

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licité devient dès lors une force qui continue h faire progresser le Hijuide pendant l’intervalle des afilux. Pour des afHux intermittents, l’écoulement par le tube élastique est donc continu. Etc’es,t cette continuité môme qui est naturellement cause de l’augmentation du débit. — Au point de vue des transformations énergétiques qui se sont produites, on doit considérer que l’élasticité du tube a emmagasiné une ]iartie de la force première de propulsion du liquide qui se trouve ensuite restituée pendant l’intervalle des afilux.

Le même enchaînement de phénomènes, si nets dans l’expérience de Mauey, résulte de l’élasticité des artères. A chaque systole ventriculaire, les artères sont distendues, puis dans l’intervalle des systoles elles reviennent sur elles-mêmes ; et cette réaction pousse le sang du côté de la périphérie, puisque le retour au cœur estempêché par la fermeture des valvules sigmo’ides. Ainsi, une partie de l’etTort cardiaque est emmagasinée par les parois artérielles sous forme de force élastique et restituée sous cette forme pendant les intervalles dessystoles ventriculaires. L’élasticitéartérielle continue donc l’action cardiaque, enlevant à l’etfet utile de celle-ci son caractère originel intermittent, et en faisant une force de propulsion continue; elle assure par cela môme la continuité delà circulation. Elle est, pour la circulation du sang, une force adjuvante du cœur. — Elle est aussi une force auxiliaire du cœur lui-même, en ce sens qu’elle augmente le rendement de son travail. On a vu, dans l’expérience de Makey, ([ue’, pour un même régime d’aftlux intermittents, le débit est plus considérable par le tube élastique. Cela revient à dire, dans le cas du cœur, que, pour un même travail de cet organe, l’effet utile est plus considérable, transmis par tubes élastiques. L’augmentation du rendement d’un travail transmis par intermédiaires élastiques est d ailleurs une loi mécanique générale, qui, en physiologie, en dehors du cas particulier de la circulation, s’applique d’une manière constante au fonctionnement musculaire.

Ces considérations sont grosses de conséquences pathologiques ; toute atteinte à l’élasticité artérielle est nuisible à l’activité cardiaque.

Dans Vathérome, par exemple, les parois des artères s’incrustent de sels calcaires et deviennent rigides ; elles perdent leur élasticité ; aussi le cœur doit-il augmenter l’énergie de ses contractions pour donner le même effet circulatoire ; peu à peu les ventricules s’hypertrophient pour produire, sans le secours de l’élasticité artérielle, le même travail que précédemment.

b. Rôle de la contractilité artérielle. — Ce rôle consiste en la régulation du débit sanguin. L’activité variable des organes commande un apport sanguin variable. Ces variations locales de la circulation ne peuvent dépendre du cœur, dont l’action accélère ou ralentit à la fois dans tout le système artériel le cours du sang; elles ne peuvent

CIRCULATION DANS LES ARTÈRES

tenir qu’à une cause locale. Celle cause, c’esL la propriété que pos- ■sèdent les artères de se resserrer plus ou moins, grâce à la contractilité de leurs parois. Par la mise enjeu de cette propriété, il peut s’établir des résistances à l’écoulement du sang et par conséquent des dilTérences dans le débit. La circulation de chaque organe, en un même moment, peut donc être réglée parle jeu contractile des <irtères qui irriguent cet organe. Mais cette contiactilité n’est pas livrée à elle-même; elle est, au contraire, tenue étroitement sous la dépendance de nerfs particuliers, appelés justement vaso-moteurs, parce qu’ils commandent aux mouvements des vaisseaux. C’est à propos de ces nerfs que nous traiterons ultérieurement de la régulation du débit sanguin dans les organes, c’est-à-dire des circulations locales.

Phénomènes intimes de la circulation dans les artères.

La pression artérielle.

Le sang circule dans les artères sous pression. Pour s’en convaincre, il suffit d’assister, chez l’homme, à une hémorragie artérielle accidentelle, ou d’en provoquer une expérimentalement chez l’animal ; le sang rutilant est projeté avec violence hors du vaisseau, et ce jet présente des renforcements saccadés. Le sang circule donc sous une pression qui excède d’une valeur à déterminer la pression atmosphérique. C’est cette valeur que l eprésente, dans le langage physiologique courant, la tension artérielle ou pression du sang dans les artères.

La tension artérielle est, à proprement parler, la réaction de l’artère à la pression latérale exercée sur ses parois par le sang qu’elle contient; c’est cette force élastique de l’artère <iui fait jaillir à distance le liquide lorsqu’on ouvre le vaisseau ; cette tension des parois fait «écessairement équilibre à la pression du liquide. Puisqu’il s’agit là de deux forces qui s’équilibrent, les termes par lesquels on les désigne représentent une même valeur et peuvent s’employer l’un pour l’autre.

Le premier, Sx. HalesL dès 1733, a donné de la pression intra-artérielle tine détermination expérimentale en mettant directement en rapport l’artèrp •carotide ou fémorale d’un chien avec un tube de verre, de fin calibre (non capillaire toutefois) et long de 3 mètres, maintenu verticalement ; le sang s’élève dans le tube à une hauteur moyenne de 2 m. 50 et s’y maintient en présentant des oscillations ; c’est donc une colonne sanguine de cette hauteur qui fait équilibre à la tension artérielle et qui par conséquent la me-

1. Stephen Hai.es (1677-1761), physicien et naturaliste anglais, s’est occupé de Sa circulation des sucs dans les vègélaiix non moins que île celle du san" chez Ses auimaux. ”

CIRCULATION DU SANG

sure. La coagulation du sang qui se produit inévitablement dans le tube*

limite le temps de l’expérience.

La mesure de la tension artérielle se fait actuellement dans des conditions très diiïérenteset bien meilleures.

A. Spliyg^moiiianométrie chez le» animaux : se» résultats. — La pression artérielle est évaluée et enregistrée chez l’animal au moyen d’un manomètre inscripteur, à mercure ou élastique, mis en communication directe avec une artère (qui est d’ordinaire une carotide ou une fémorale).

a. Manomètres a mercure et

MANOMÈTRES ÉLASTIQUES. — DanS

l’emploi de ces appareils le premier écueil à éviter est la formation de caillots entre l’artère et le manomètre, empêchant la transmission des oscillations de la pression. On interpose dans ce but, entre le sang et l’appareil, une couche de liquide retardant la coagulation (solutions saturées de sulfate de soude ou de magnésie, par exemple).

Le type des manomètres inscripteurs à mercure 2 est le kymoyi'aphe'^ de Ludwiy. Cet appareil n’est pas seulement intéressant par lui-même, mais aussi parce qu’il marque une date, celle de Vinh'oduclion en physiologie de la méthode graphique (1847). C’est le manomètre à mercure en U des physiciens,

t'i;?. 74. — Kymographe de LoDwia (d’après .MAnKv).

L, archet servant h maintenir le style du flotteur contre le cylindre enregistreur ; — 00, règles graduées en face desquelles oscille la colonne mercurielle du manomètre M.

1. Pour retarder la coagulation, on a soin d’introduire dans la partie inférieure du tube, celle qui est mise en rapport avec l'artère, un peu d’une solution anticoagulante (solution saturée de sulfate de soude ou de sulfate de magnésie).

2. C’est le physicien français Poiseuii.le qui, le premier, mit une artère en rapport avec un manomètre à mercure (1829) ; il donna à son instrument le nom à'hémodynamomidre (deatpia, sang, SOvam;. lorce,et jiiTjoVjmesure) ; il notait la hauteur à laquelle s’élève le mercure dans la branche libre du manomètre. Le physiologiste allemand K. Ludwig eut l’idée d’inscrire les oscillations de la colonne mercurielle.

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