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Médecin américain

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deux sphygmogrammes d’une même artère, les deux sphygmographes étant distants d’une longueur connue. Le temps est enregistré simultanément sur le cylindre tournant. Or, le sphygmogramme recueilli en aval présente un retard sur le sphygmogramme d’amont. On a ainsi le temps que l’onde a mis à se propager d’un point à un autre; on a, d’autre part, l’espace parcouru pendant ce temps, puisque l’on connaît la distance qui sépare les deux points où l’on a placé les sphygmographes; on a donc tous les éléments nécessaires pour calculer la vitesse de propagation de l’onde pulsatile. — Pour mesurer le retard proprement dit du pouls sur la pulsation cardiaque, on inscrit simultanément sur le cylindre enregistreur la pulsation cardiaque et le pouls des diverses artères ainsi que le temps. 11 est facile alors, par repérage des tracés, d’établir le retard propre du pouls de chaque artère sur le début de la pulsation cardiaque (voy. fig. 96).

On a trouvé que la vitesse de propagation de l’onde pulsatile est de 9 mètres environ à la seconde. Elle est donc très difTérente de la vitesse du courant sanguin lui-même qui est seulement, on l’a vu, de 30 à 40 centimètres à la seconde. C’est la preuve la plus éclatante que le pouls ne résulte pas du passage de Vondée sanguine, mais, comme il a été dit, du passage d’une onde. La systole ventriculaire lance dans l’aorte une ondée qui vient faire choc contre le sang déjà contenu dans ce vaisseau; l’ébranlement ondulatoire qui en résulte se propage par voisinage dans tous les vaisseaux, indépendamment du mouvement de translation propre de’la masse liquide heurtée à l’origine. — On a trouvé, d’autre part, pour le retard du pouls de différentes artères sur la systole ventriculaire les chiffres moyens, variables suivant la distance de chaque artère au cœur, que l’on peut lire au-dessous de la figure 90.

c. Variations physiologiques du pouls. — L’onde pulsatile n’est pas constamment semblable à elle-même; l’onde primaire et fonde dicrote varient sous l’influence de divers facteurs qu’il importe de déterminer. L’étude de ces variations, à f état physiologique, est particulièrement importante pour le médecin qui, sans cette connaissance, ne pourrait se rendre compte du mécanisme des variations du pouls à l’état pathologique. Quels sont donc les éléments dont dépend l’amplitude de fonde primaire ou la force proprement dite du pouls et quels sont ceux qui déterminent f amplitude de fonde dicrote ?

1“ L’ébranlement ondulatoire résultant du choc produit par fondée systolique qui vient heurter la colonne sanguine contenue à l’origine de l’aorte, est en fonction directe de la puissance de ce choc. Or, cette puissance est proportionnelle à la masse et, d’autre part, au carré de la vitesse dont cette masse est animée. La grandeur ou intensité de fonde pulsatile sera donc, toutes choses égales du côté des résistances qu’elle rencontre pendant son parcours, proportionnelle, en premier lieu, au volume de Vondée ventriculaire et, en second lieu, à la vitesse Gley. — Physiologie. 28

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de cette ondée. .Mais celte vitesse est liée de son côté et à \a force d'impulsion cardiaque et au.\ conditions mécaniques qui s’oflrent à sa pénétration dans le système artériel, c’est-à-dire à la résistance présentée par Vétat des orifices artériels et par la tension artérielle. La vitesse de l’ondée ventriculaire varie évidemment comme la force d impulsion cardiaque et en sens inverse de la résistance pi ésentée par les orilices et par la tension artérielle. En tin de compte, l’onde pulsatile est directement proportionnelle à la force d’impulsion cardiaque et inversement proportionnelle à la résistance des orilices et à la tension aidérielle. Le tableau suivant résume ces données :

1 ariations de l onde primaire du pouls en fonction du débit systolique , de la force d’impulsion cardiaque , de tension artérielle :

Débit systolique |

Force d'impulsion cardiaque, j

Résistance des orilices arlé- i riels \

Tension artérielle |

2° Quels sont maintenant les éléments dont dépend la grandeur de l’onde dicrote? Ce ne peuvent être que ceux mêmes qui déterminent la puissance du choc duquel résulte cette onde (voy. p. 431). Or la puissance de ce choc est proportionnelle à lama^ise de sang rétrograde qui vient heurter contre les valvules et, d’autre part, au carré de la vitesse dont cette masse de sang est animée. De quels éléments dépend à son tour cette vitesse? De la force d’aspiration diastolique du cœur, c’est-à-dire de la vitesse de décontraction cardiaque, d’une part, et de la tension artérielle, d’autre part. L’onde dicrote, toutes choses égales du côté des résistances présentées à sapropagation, est donc directement proportionnelle à la masse de sang rétrograde, à la vitesse de décontraction cardiaque, à la tension artérielle. Ses variations devront être recherchées dans les variations de ces divers éléments.

Ainsi, l’onde dicrote est d’autant plus ample que la vitesse de décontraction cardiaque est plus rapide; à une détente lente du cœur correspond au contraire un dicrolisrae peu marqué (fîg. 97). Quand les variations de la tension artérielle sont d’origine périphérique (vaso-motrices), le dicrotisme est d’autant plus marqué que la pression artérielle est plus faible (vaso-dilatation), etd’autant moins qu’eHe estplusforto (vaso-conslriction).

Vétat des orifices artériels et de la

Onde primaire ou

force du pouls.

-p (Rétrécissement —

d'orifice.)

— (Insuffisance -j-

d’orifice.)

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Rapports du pouls avec la teiision artérielle. — On a coutume de •considérer les variations de la pression constante et de la pression Aariable comme étant dans un rapport inverse (voy. p. 418). Le problème est complexe. On ne saurait lixer, en une formule aussi simple, les rapports qui existent en particulier entre la tension artérielle et les variations cardiaques de cette pression, autiement •dit le pouls. L’amplitude de Fonde primaire, c’est-à-dire la force du pouls, est, on l’a vu, constamment une résM/<an<e de divers facteurs; la tension artérielle n’est que l’un de ces facteurs. Toute formule de variations de Fonde pulsatile, envisagée en fonction d’une seule variable, ne peut donc avoir de valeur, parce que chacun des éléments dont dépend Fonde pulsatile agit synergiquement avec tous les autres pour la déterminer et parce que les combinaisons possibles des variations simultanées de ces divers éléments sont multiples.

En fait, la loi du pouls à forte et à faible tension, c’est-à-dire des rapports inverses de la tension variable et de la tension constante, comporte de nombreuses exceptions, à l’état physiologique aussi bien que pathologique. Les variations delà tension artérielle peuvent être dues, on Fa vu, à des modifications de l'impulsion cardiaque (origine centrale) ou de la résistance vasculaire (origine périphérique), Or, quand ces variations sont dues à des variations du débit systolique, le pouls et la tension artérielle croissent ou décroissent dans le même sens. Quand elles sont d’origine vaso-motrice, le pouls et la tension artérielle croissent ou décroissent en sens contraire.

Influences modificatrices du pouls. — Le pouls se modifie sous un grand nombre d’influences.

Fig. 97. — Influence de la vitesse de décontraction cardiaque sur le dicrotisme (V. Pacho.n).

Le sphygmogramme supérieur correspond \ une détente rapide, le sphygmogramme inférieur à une détente lente de la poire cardiaque du schéma de circulation de Pacho.n.

La température qui, en s’abaissant, provoque des phénomènes de vasoconstriction et, en s’élevant, des phénomènes de vaso-dilatation, donne lieu dans le premier cas à un pouls petit, à dicrotisme effacé et, dans le second cas, à un pouls ample, à dicrotisme marqué. Ces variations s’expliquent par le tableau de la page 434.

Parmi les influences physiologiques, citons Yâge, la respiration, la digeslion et l’exercice musculaire.

L’âge, par les altérations qu’il apporte à l’élasticité artérielle, modifie

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considérablement le pouls. La ligure 98 montre un pouls sénile, marqué par un plateau ascendant qui traduit la sclérose artérielle, par laquelle l’effort du cœur et la durée de l’évacuation ventriculaire sont augmentés.

Aux deux temps de la respiration se produisent des modifications du pouls: pendant 1 inspiration l’onde primaire est moins ample, le dicrotisme plus marqué; à l’expiration l’onde primaire est plus ample et le dicrotisme moins marqué; les deux ondes du pouls varient donc en sens inverse. Les variations de l’onde primaire tiennent à celles de la pression arlérielle : à une élévation de celle-ci (à l’inspiration, sous l’influence de l’accélération du rythme cardiaque), c’est-à-dire à une augmentation de la résistance vasculaire, correspond une décroissance de l’ondeprimaire ; quant au dicrotisme, il croît, durant la phase de l’accélération cardiaque inspiratoire, comme la

Fig. 98. — Pouls sénile à plateau ascendant traduisant l'effort de l'évacuation ventriculaire.

vitesse de décontraclion du cœur et, dans la phase de ralentissement cardiaque expiratoire, décroît comme cet élément (V. Pachon).

La digestion et l’exercice musculaire, qui déterminent des phénomènes de vaso-dilatation, c’est-à-dire le relâchement de nombreux vaisseaux, amènent une pulsation plus ample et un dicrotisme plus marqué, conséquences de la diminution des résistances périphériques.

En résumé, toutes les influences susceptibles de modifier la puissance de contraction du cœur, le débit systolique ou le calibre des vaisseaux, c’est-à-dire la résistance vasculaire, retentiront secondairement sur le pouls. Chaque élément exercera son action suivant le sens indiqué dans le tableau de la page 434.

D. Chaugeiwents de volume des organes. Pouls des organes. — La pénétration du sang ventriculaire dans une artère produit, on l’a vu, une dilatation de cette artère. La totalisation des dilatations de toutes les artères et artérioles d'un organe amène nécessairement une ampliation du volume de cet organe, au moment de lasystole ventriculaire. 11 y a donc un pouls total des organes*.

Outre ces pulsations totalisées, variations rapides, synchrones à la pulsation artérielle, il peut se produire dans les organes d’autres

1. Ce pouls est considéré comme un pouls volumélrique {Volumpuls des Allemands), par opposition au pouls ordinaire, dit pouls de pression (Druckpuls des Allemands). En réalité les deux phénomènes comportent l’un et l'autre des variations associées de pression et de volume. Quant au pouls volumétrique ou total, il a en réalité sa cause dans le pouls proprement dit IDruckpuls).

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changements de volume, dus, en dehors de toute intervention cardiaque, à des modifications du calibre des vaisseaux. 11 ne s’agit plus ici du pouls total dépendant du Druckpuls, mais de changements de volume proprement dits.

a. Pléthysmographie. — L’inscription du pouls des organes et des changements de volume constitue ldi pléthysmographie.

Fig. 99. — Schéma d'un appareil pléthysmographique (d’après .Mojiat et Doyon).

AE, .\E, ampoule e.xploratrice ; E, enveloppe inextensible ; Re, organe (rein), enfermé dans l’appareil ; VN, vaisseaux et nerfs du rein ; R, réservoir destiné à charger l’appareil ; p, pince A pression ; ?•, réservoir intercalé sur le trajet du tube de communication ; T, tambour inscripteur.

Les plélhysinographcs‘ ou oncographes 2 utilisés sur les animaux sont ordinairement des appareils à transmission liquide ou transmission mixte (liquide et aérienne). La figure 99 représente le dispositif général d’une expérience pléthysmographique. Les mouvements d’expansion et de retrait de l’organe sont communiqués à l’ampoule exploratrice entre les valves élastiques de laquelle est emprisonné l’organe et, de là, parle système de transmission liquide et aérienne, à un tambour inscripteur ou à un manomètre à eau. Une telle transmission comporte un retard, qu’il est bon de déterminer préalablement. — L’ampoule et ses valves exploratrices, ainsi que l’enveloppe rigide et exactement close qui enserre l’ampoule, doivent

t. Voy. p. 38o.

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