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SA

Fig. 123. — Vaso-dilatation cérélirale sous l'iuriuence d'une émotion ou d’un trayail intell'’ctuel (A. Mosso). — Tracé réduit de moitié.

Cj, inscription des changements de volume du cerveau. La flèche indique le moment où, pendant son sommeil, on a appelé à voix basse le sujet par son nom sans qu'il se réveille; — C2, idem. La flèche indique le début du travail mental, multiplication de 8 par 12 ; en «, le sujet donne le résultat. — Le sujet est un paysan de trente-sept ans, qui avait reçu du haut d'un toit sur la tête, deux mois auparavant, une brique de 3 kilogrammes environ et auquel il était resté une brèche crânienne de 25 millimètres à peu près de diamètre, à la partie supérieure du front, du côté droit. Par cette ouverture se produisaient des mouvements d'expansion et de retrait du cerveau, faciles à insci'ire par un dispositif approprié.

sont un peu moins simples que ne le veut cette formule, ou mieux la règle que celle-ci implique n’est pas absolue. Comme l’excitation des nerfs sensibles, l’asphyxie ne détermine pas d’une manière nécessaire et immuable le resserrement des vaisseaux de toute une partie de l’organisme et simultanément la dilatation de tous les vaisseaux d’une autre partie ; mais il peut arriver que, dans le même département, les vaisseaux des diverses régions ne réagissent pas tous dans le môme sens. L’expérience seule peut donc nous renseigner sur le sens de la réaction vasculaire dans des territoires même très voisins.

Beaucoup de substances qui se forment dans l’organisme, comme l’acide carbonique, et passent dans le sang, agissent sur les centres vaso-moteurs. L’urée augmente la pression artérielle par excitation des centres vasoconstricteurs L Il en est de même de l’adrénaline 2, principe actif des capsules surrénales, et de l’extrait d’hypophyse. Au contraire, l’extrait de glande thyroïde ou l’iodothyrine, principe retiré de cette glande, détermine une baisse de la pression artérielle. — On comprend par ces quelques faits que l’on soit amené à se demander si les petites quantités des produits des glandes dites à sécrétion interne qui passent dans le sang d’une façon

1. L’urée agit localement, en particulier sur les vaisseaux du rein, comme vasodilatateur.

2. L'adrénaline agit aussi localement sur tous les vaisseaux et en provoque le resserrement énergique. L’adrénaline est le plus puissant vaso-constricteur connu jusqu’à présent.

INNERVATION DES VAISSEAUX

discontinue ou continue n’entretiennent pas le jeu des centres vasomoteurs; déversées normalement dans le sang, elles doivent contribuer à la régulation de la pression artérielle.

Nous n’avons pas à étudier les nombreuses substances toxiques qui, introduites dans l’organisme, agissent sur les appareils vaso-moteurs. Ce serait faire œuvre de pharmacodynamie.

3® Nous avons déjà eu l’occasion de signaler l’étroite association qui existe entre les centres respiratoires et les centres vaso-moteurs (voy. p. 418). Des excitations provenant de ceux-là sont transmises à ceux-ci par des libres intercentrales.

5° Rôle des appareils nerveux vaso-moteurs. Conséquences des réactions vaso-motrices.

Les nerfs vaso-moteurs ont été souvent comparés à des robinets par le jeu desquels est réglée l’arrivée du sang dans les différents organes suivant les besoins de ceux-ci. A ce point de vue de la dislribution du sang, les vaso-dilatateurs ont le rôle le plus important, puisque par leur intervention les organes reçoivent tout le sang dont ils ont besoin pendant leurs périodes d’activité.

Les nerfs vaso-moteurs sont aussi les régidateurs de la pression du sang dans les vaisseaux. On doit remarquer tout de suite le rôle que jouent à cet égard les vaso-constricteurs; on a vu, en effet, que le tonus vasculaire est en grande partie sous leur dépendance; ces nerfs aident donc au maintien constant de la pression artérielle à son niveau moyen. — Les faits qui suivent vont montrer encore cette fonction régulatrice des nerfs vaso-moteurs. Examinons pour cela les conséquences, sur la pression artérielle et par suite sur la circulation, des excitations, soit directes, soit réflexes, des nerfs ou des centres vaso-moteurs.

Le cas le plus simple est celui où les réactions vasculaires sont localisées ; telle est la dilatation des vaisseaux de la glande sous-maxillaire par l’excitation de la langue; la vaso-dilatation gastro-intestinale qui accompagne le travail digestif; la dilatation des vaisseaux du pénis (d’où l'érection) par l’excitation du bout central d’un nerf honteux interne, etc., etc. Dans tous ces cas la pression aortique ne subit aucune modification. Il en est de même si les artères ne se contractent que dans une région limitée; la circulation générale n’est pas pour cela modifiée. La raison en est que les veines correspondantes, grâce à leur calibre si aisément extensible, s’accommodent tout de suite aux augmentations ou aux diminutions de l’afflux sanguin qui résultent passagèrement des mouvements des artères.

Au contraire, les nombreux vaisseaux d’un ou de plusieurs territoires artériels étendus peuvent se resserrer ou se dilater en même temps. On a vu tout à l’heure que beaucoup d’excitations sensitives et, d’autre part, que l’asphyxie et diverses substances provoquent de teîles réactions

CIRCULATION DU SANG

vasculaires, par exemple la vaso-dilatation de la peau et des muscles et de quelques muqueuses et la vaso-constriction de la masse abdominale ; d’autres excitations, comme l’application du froid sur la peau, déterminent le resserrement des réseaux artériels du tégument externe et des reins et la dilatation de ceux de la plupart des viscères. Quand cette sorte de « balancement circulatoire » (Dastre et Moiiat) se produit, quand une vasoconstriction sur un département étendu s’accompagne d’une vaso-dilatation dans un territoire approximativement égal, il est clair que par cela même il y a compensation et que la pression aortique ne varie que dans de faibles limites.

Mais on sait qu’il n’en va pas toujours ainsi et que l’excitation du nerf dépresseur, par exemple, ne détermine pas seulement de la vaso-dilatation abdominale, mais aussi périphérique (voy. p. 46G) et que l’asphyxie donne lieu souvent à de la vaso-constriction cutanée en même temps que viscérale (p. 486); bref, qu’il n’y a pas une loi absolue de balancement circulatoire. Dans ces cas la circulation serait troublée, s’il n’intervenait pas des mécanismes nerveux compensateurs pour rétablir l’équilibre menacé. Supposons une élévation de la pression aortique, par suite du resserrement des artérioles dans un grand nombre de régions à. la fois, chassant un excès de sang dans les veines, et de là dans le cœur droit, puis, si les vaisseaux pulmonaires ne modifient pas leur calibre, dans le cœur gauche. Or, ces fortes et rapides augmentations de la pression aortique provoquent des irritations des terminaisons nerveuses endocardiaques transmises au bulbe par les nerfs dépresseurs (voy. p. 466) ; alors le cœur se ralentit; par suite, entre les systoles moins fréquentes, la pression artérielle peut déjà s’abaisser; en même temps les vaisseaux abdominaux se relâchent, ce qui donne au sang une large et facile voie d’écoulement. — Inversement, dans les cas d’abaissement trop considérable de la pression aortique (par diminution de l’énergie cai’diaque, par exemple, ou par vaso-dilatation étendue), la diminution de la pression intracrânienne qui en résulte ou l’anémie bulbaire qui se produit alors amène l’accélération des battements du cœur (par excitation des centres accélérateurs) et l’élévation de la pression artérielle (par excitation des centres vaso-constricteurs).

En résumé, quand il survient dans la circulation artérielle une modification profonde, aussitôt se produisent des réactions cardiaques et vasculaires de sens inverse, qui atténuent, puis suppriment la perturbation. Et ainsi par ces faits se montre bien toute l’importance du rôle régulateur des appareils vaso-moteurs.

Les nerfs vaso-moteurs exercent aussi une influence marquée sur la répartition de la chaleur dans l’organisme. La quantité de chaleur rayonnée au dehors dépend avant tout de la circulation cutanée et celle-ci est réglée par l’action des nerfs vaso-moteurs. Or, les pertes de chaleur, chez les animaux homéothermes et pour que leur température reste constante, doivent s’adapter aux variations thermiques du milieu extérieur. C’est une question dont l’étude sera faite aa chapitre de la chaleur animale.

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