I. — Causes de la progression de la lymphe
Ces causes sont multiples, dépendant soit du système lymphatique lui-même, soit des conditions anatomiques ou physiologiques dans lesquelles se trouvent placés les vaisseaux lymphatiques, et particulièrement les principaux d’entre eux.
Pour déterminer l’importance respective de ces causes, il faut pouvoir mesurer le courant de la lymphe, ce qui n’est possible que par le moyen d’une fistule du canal thoracique ou d’un gros vaisseau -lymphatique, chez des animaux ayant au moins la taille du chien.
A. Cause principale. Vis a tergo. — 11 résulte des faits •relatifs à la formation de la lymphe qu’il y a aux origines mêmes du système lymphatique une force en vertu de laquelle le liquide interstitiel est pour ainsi dire sans cesse poussé en avant, véritable force de propulsion ou vis a tergo.
Si on lie un vaisseau lymphatique, le segment situé en aval de la ligature s’affaisse, tandis que le segment situé en amont de l’obstacle se gonfle, et ce gonflement est tel qu’il peut amener la rupture du vaisseau. ■On voit par là quelle est l’intensité de la force de propulsion dont il est question.
D’autre part, de nombreuses observations microscopiques ont démontré (voy. p. 286) le passage à travers la muqueuse intestinale de diverses substances et tout spécialement des graisses dans les lymphatiques; un •courant est ainsi déterminé de la muqueuse intestinale vers le système Jymphatique, courant plus ou moins rapide.
CIRCULATION LYMPHATIQUE
B. Causes accessoires. Aspiration thoracique. Poussée abdominale. Battements aortiques. Mouvements gastrointestinaux. Contractions musculaires. Valvules lymphatiques. — Le renforcement inspiratoire de V aspiration thoracique (voy. p. 344 et 477) doit agir sur le cours de la lymphe du canal thoracique et de la veine lymphatique droite comme sur celui des grosses veines de la base du cou. Ce même renforcement inspiratoire doit déterminer un appel de liquide de la portion abdominale du canal thoracique dans sa portion intrathoracique. Mais il importe de remarquer que celte action de la respiration ne peut que faciliter l’écoulement de la lymphe ; elle n’est et ne peut être qu’adjuvante et nulle-
Fig. 125. — Augmentation de l’écoulement de la lymphe sous l’influence d'une compression abdom.nale (tracé de L. Camos, 1894).
Expérience sur un chien. Les Tariations de la pression intra-thoracique PT sont inscrites au moyen d’un trocart enfoncé dans la plèvre et relié à un tambour de .Marey ; EL, écou-
lement de la lymphe. — En P, on a placé un poids de 3 kilogrammes sur Tabdomen. L’accélération de l’écoulement cesse dès qu’on enlève le poids, en P’, alors que la respiration continue à rester plus ample.
ment déterminante, comme le prouvent amplement les expériences dans lesquelles on voit la lymphe, après la mort, continuer à s’écouler, même pendant plus d’une heure. Ce fait a été invoqué par Heidenhaix à l’appui de la théorie sécrétoire de la lymphopoïèse (voy. plus haut) et pour montrer à quel point la formation de la lymphe peut être indépendante de toute action de la pression San guine.
A l’influence de l’aspiration thoracique et agissant dans le même sens s’ajoute celle de la poussée abdominale (voy. p. 445'). Quand le diaphragme s’abaisse, il comprime les viscères abdominaux ; cette compression se transmet à la citerne de Pecquet qui se vide plus ou moins complètement; en tout cas, l’écoulement de la lymphe par le canal thoracique devient beaucoup plus abondant. C’est ce que