‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 237 sur 510 · PROGRESSION DE LA LYMPHE · texte numérisé non relu

PROGRESSION DE LA LYMPHE

l’on voit, quand on place un poids sur l’abdomen d’un animal; immédiatement l’écoulement augmente (voy. fig. 125). On retrouve donc ici l’influence associée de l’aspiration thoracique et de la poussée abdominale qui s’exercent si heureusement pour faciliter le retour au cœur du sang veineux (voy. p. 4i5).

On connaît les rapports du canal thoraci(iue et de l’aorte. Le.s battements aortiques facilitent la progression de la lymphe. En effet, quand on comprime l’aorte au moyen d’une large oince, l’écoulement

Fig. 126. — Diminution de l’écoulement de la lymphe sous l'influence du ralentissement du

coeur (tracé de L. Câmus, 1894).

Chien morphiné et chloroformé.

E, excitation du bout périphérique du pneumogastrique droit; — El, écoulement de la lymphe par une canule placée dans le canal thoracique, à la base du cou ; — PCg, pression dans le bout central de ia carotide gauche, 140 millimètres de mercure.

de la lymphe se ralentit. Le ralentissement du cœur à la suite d’une excitation faible du bout périphérique d’un pneumogastrique amène un ralentissement analogue de l’écoulement (fig. 126), pendant la durée de l’excitation.

Les contractions de l'estomac et des intestins, quand ces organes sont remplis, peuvent comprimer dans une mesure variable la citerne de Pecquet et proportionnellement accélérer l’écoulement de la lymphe.

Tl en est de même des contractions musculaires qui augmentent le cours de la lymphe dans les lymphatiques généraux. 11 a même été

CIRCULATION LYMPHATIQUE

établi que le lymphatique principal d'un membre, chez le chien, ne fournil point de lymphe, s’il ne se produit dans celte extrémité aucun mouvement, actif ou passif.

Tous ces faits démontrent l’analogie qu’il y a entre le cours du sang veineux et celui de la lymphe. Ce sont les mêmes influences qui s’e.xercenl sur Tun et sur l’autre. Aussi bien, les lymphatiques ne sont-ils pas comparables pour leur disposition générale et pour leur rôle aux vaisseaux veineux*? Cette analogie se poursuit encore plus loin, puisque dans les deux systèmes de vaisseaux la direction du courant est due au même dispositif anatomique, à la présence de valvules qui empêchent le liquide, subissant l’action de la force qui le fait cheminer, de progresser vers la périphérie, mais le forcent à aller toujours du côté du cœur (voy. p. 446 ce qui a été dit du rôle des valvules veineuses). Les valvules existent dans tous les lymphatiques, les chylifères compris.

2. — Phénomènes intimes de la circulation dans les lymphatiques. — Pression et vitesse de la lymphe.

La pression sous laquelle la lymphe progresse et la vitesse de celte progression sont trop variables d’après la quantité de lymphe produite dans les divers organes et suivant toutes les causes qui viennent d’être passées en revue et dont il est quasi impossible de mesurer simultanément la valeur respective, pour que l’on ait pu obtenir des chiffres moyens. Dans les lymphatiques du cou, chez le chien et chez le cheval, la pression est en général de 10 à 20 millimètres d’une solution de soude. La vitesse de la lymphe est beaucoup moindre que celle du sang dans les veines de même grosseur.

Page 1