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INNERVATION DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES

Ces vaisseaux en eflet sont contractiles. Dès 1622,Aselli avait remarqué <jue les chylifères, qu’il venait de découvrir (voy. p. 28(i), disparaissent «ous l’influence de l'exposition à l'air. On a constaté à maintes reprises .que les excitations mécaniques, électriques et chimiques amènent le resserrement des chylifères ou d'autres conduits lymphatiques et du canal thoracique. Quelques expériences de ce genre ont môme été faites avec succès sur le canal thoracii|ue de l'homme (chez des suppliciés).

Cette contractilité des vaisseau.x lym])liatiques est sous l’induence ■dusystèmè nerveux. Les faits relalit's à cette notion sont loin d’être dussi nombreux et aussi bien systématisés (lue ceux qui concernent l'influence du système nerveux sur les vaisseaux artériels, ils sont

fig. 127. — Dilatation (le la citerne de Peciiuot jjar l’excitation dn bout périphérique d’un nerf splanchnique (I.. Camus et K. Gi.ey, ISQ.-i),

Chien de 13 kilogrammes, curarisé, et dont la masse gastro-intestinale a clé enlevée pour que les réactions de la citerne ne puissent être attribuées qu’à ses mouvements propres. — S, secondes; — ES/)/, excitation faradique du splanchnique gauche;— Prl., pression dans la citerne ; — pression dans l'aorte; celte pression, au début du tracé, est de 133 millimètres de mercure. — En on a accéléré la vitesse du cylindre enregistreur.

néanmoins suffisants pour qu’on puisse affirmer déjà l’imporiance de l’innervation lymphatico-moti’ice.

On a d’abord vu que l'excitation électrique des nerfs mésentériques provoque le resserrement et celle du splanchnique la dilatation des chylifères, sur un chien en digestion ; mais c’est surtout l’innervation de la citerne de l'ecquet et du canal thoracique qui a été étudiée. Les splan-

CIRCULATION LYMPHATIQUE

chniques contiennent des fibres dilatatrices pour la citerne (voy. fig. 127) et le sympathique thoracique contient des fibres dilatatrices pour le canal thoracique (voy. fig. 128) (chez le chien). On peut cependant aussi, par le moyen de l’excitation due à l’asphyxie (voy. p. 480), démontrer la présence de quelques filets constricteurs dans ces deux nerfs.

Or, le resserrement ou la dilatation du canal thoracique empêche ou facilite le cours de la lymphe (fig. 128). Quant à la citerne de Pecquet, si, par la contraction de ses parois, elle se vide plus ou moins brusquement, elle fait passer une grande partie de la lymphe qu’elle contient dans le canal thoracique et, si elle se dilate, il s’écoule beaucoup moins de lymphe.

Fig 128. — Dilatation du canal thoracique par l'excitation du sympathique thoracique, accélération de l’écoulement de la lymphe (L. Ga.mus et E. Gley, 1895).

Chien de 22 kilogr., à bulbe sectionné. — S, secondes ; — Ex. Sy, excitation du bout inférieur du sympathique thoracique, au-dessous du ganglion étoilé; — G. th., écoulement dans le canal thoracique.

On s'est assuré que, pendant l'excitation, la pression carotidienne et la pression jugulaire latérale ne se modifient pas.

Au.x causes accessoires de la circulation lymphatique indiquées tout à l’heure, vient donc s’ajouter la contractilité même des conduits dans lesquels s’écoule la lymphe, contractilité régie par le système nerveux. On est également en droit de penser que des influences nerveuses peuvent faire varier la quantité de lymphe dans un territoire donné, comme la quantité de sang. Mais il est clair que ce facteur est de peu d’importance en comparaison du facteur essentiel qui règle l’écoulement de la lymphe ; cette cause essentielle, on l’a vu, c’est la production même de la lymphe, d’où dépend directement la pression sous laquelle celle-ci progresse, cette pression étant d’autant plus forte et par conséquent le débit de la lymphe d’autant plus considérable que la production est plus active.

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