CHAPITRE IV
RESPIRATION
Le sang que les vaisseaux artériels portent dans tous les organes doit, pour entretenir la vie, être oxygéné. Beaucoup des phénomènes chimiques qui se passent dans les êtres vivants peuvent en effet être assimilés à des oxydations. C’est ainsi que les matières hydrocarbonées et les graisses que l’alimentation fournit à l’organisme sont brûlées pour entretenir dans cet organisme l’énergie calorifique et mécanique qu’il manifeste.
La respiration est la fonction par laquelle l’organisme reçoit constamment l’oxygène nécessaire à ses combustions et, d’autre part, se débarrasse des produits gazeux qui sont des déchets de son activité chimique.
De là l’universalité de cette fonction. Tous les êtres vivants respirent, c’est-à-dire absorbent de l’oxygène et éliminent de l’acide carbonique. — Une remarque est cependant à faire ici. Tous les êtres vivants ont besoin d’oxygène, mais les uns ont besoin d’oxygène libre et d’autres sont capables d’utiliser l’oxygène combiné. Dans le premier cas, la respiration est aérobie ; dans le second cas, elle est anaérobie (L. Pasteur). Seuls, des êtres monocellulaires, comme diverses levures, sont anaérobies.
C’est à Lavoisier qu’est due la fondation de la théorie exacte de la respiration. Un siècle auparavant, J. Mayow^ avait bien émis l’idée que les corps en combustion et le sang dans la respiration fixent un principe aérien particulier, mais cette idée, que d’ailleurs des expériences ne vinrent pas appuyer, ne retint point les esprits. Ce sont les expériences de LAvoisiER qui assimilèrent la respiration à une combustion. « La respiration, dit l’illustre chimiste, n’est qu’une combustion lente de carbone et d’hydrogène qui est semblable, en tout, à celle qui s’opère dans une lampe ou dans une bougie allumée. Sous ce rapport, les animaux qui respirent sont de véritables corps combustibles qui brûlent et se consument. »
Lavoisier ne s’est pas prononcé sur la question de savoir où s’opère la combustion respiratoire. Les premiers, Spai.lanzani, puis William Edwards* (voy. p. 583) montrèrent que les o.xydations se font au