‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 254 sur 510 · Physiologiste américain contemporain · texte numérisé non relu

Physiologiste américain contemporain

INNERVATION RESPIRATOIRE

causes sont multiples, il faut fixer leur importance respective.

a. Excitations chimiques provenant des variations du milieu sanguin. — Le centre bulbaire peut fonctionner, isolé de ses connexions avec les centres encéphaliques ou médullaires et séparé des poumons par la section des pneumogastriques (voy. p. 565). C’est ce qu’on a désigné par le terme d'automatisme respiratoire. L’excitabilité des centres bulbaires ne peut être alors mise en jeu que par des excitations dues aux variations chimiques du sang. Quelles sont ces excitations?

On sait que. la respiration modifie doublement la composition du sang, l’appauvrissant en acide carboni<[ue et l’enrichissant en oxygène dans les poumons; dans les tissus le sang se recharge, au contraire, d’acide carbonique et il s'en dégage de l’oxygène. Au niveau du bulbe, le sang veineux pourra donc être un excitant des centres qu’il baigne, soit par l’excès d’acide carbonique qu’il contient, soit par le déficit d’oxygène dont il est dépouillé. Or, les centres respiratoires subissent l’influence du sang veineux.

Des expériences déjà anciennes, faites vers le milieu du siècle dernier par Brown-Séquabd, ont montré l'influence excitante du sang veineux sur tous les tissus en général et sur les centres nerveux respiratoires en particulier. Ceux-ci réagissent violemment à Vasphyxie, c’est-à-dire à la suppression de la respiration’. L’animal, dont la trachée est oblitérée et dont le sang artériel prend les caractères du sang veineux [expérience de Bichat), est saisi de secousses musculaires violentes, qui se traduisent, pour les muscles du tronc et de l’abdomen, par de véritables convulsions respiratoires. Même réaction des centres vaso-moteurs; il se produit une forte conslriction des vaisseaux abdominaux, tandis que les vaisseaux de ia peau se dilatent (voy. p. 485). Les centres de la dilatation pupillaire, de 3a miction, de la défécation subissent de leur côté l’excitation asphyxique. Et muscles lisses comme muscles striés, tous sont le siège de contractions violentes provoquées par l’action excitante du sang noir. Les centres respiratoires manifestent seulement d’une manière plus intense une réaction à laiiuelle prend part tout le système bulbo-médullaire.

Cette influence du sang asphyxique sur les mouvements respiratoires n’est que l’exagération des excitations normales que les variations de composition du sang exercent sur le centre respiratoire bulbaire.

Preuve en est qu’un animal, auquel on fait respirer un mélange gazeux pauvre en oxygène ou riche en acide carbonique présente tout de suite de la dyspnée, c’est-à-dire une respiration fréquente avec des inspirations profondes suivies d’expirations actives et accompagné» de plus ou moins d’angoisse. C’est ce qui arrive si on lui fait respirer de l’azote ou do l'hydrogène purs ou mélangés à une quantité insuffisante d’oxygène, quoique,

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