Classification des glandes
Dans quel ordre doit-on étudier les diverses glandes? Les classifications morphologiques, quelque intéressantes qu’elles soie it pour l’anatomie générale, ne peuvent servir de guide au physiologiste. Pour établir une classification physiologique des glandes, le plus rationnel est d’essayer de la fonder sur la notion de fonction.
Parlant de ce principe on peut considérer que la plupart des glandes servent à la nutrition et les répartir en trois grandes classes : celle des glandes digestives, celle des glandes nutritives proprement dites et celle des glandes excréteuses {excrémentitielles^ des anciens auteurs).
Il en est cependant qui ne rentrent pas dans ce cadre. On pourrait bien les ranger parmi les glandes excréteuses, mais les produits qu’elles excrètent ne sont pas destinés à être simplement éliminés, ils jouent un rôle; ce ne sont pas de purs déchets, ce sont des substances qui, par leur excrétion même, protègent des organes contre des influences extérieures nuisibles ou aident à l’exercice de fonctions et particulièrement des fonctions mécaniques ou physiques. On peut donc dire que ce sont des glandes à rôle défensif et en faire un second groupe, à côté de celui des glandes à rôle -nutritif. Telles sont les glandes annexées aux appareils sensoriels, glandes sébacées et sudoripares, cérumineuses, linguales, de la muqueuse nasale, lacrymales, etc., ou aux articulations (sécrétion de la synovie), ou à l’appareil respiratoire (glandes des muqueuses laryngée, trachéale et bronchique), ou à l’axe cérébro-spinal (sécrétion du liquide céphalo-rachidien). — 11 n’est pas inutile de remarquer que rien ne prouve que ce soit en vertu de dispositions organiques préétablies, en vertu d’une finalité, pour employer le terme philosophique adéquat, que toutes ces glandes jouent un rôle défensif ou protecteur d’organes ou de fonctions. Quand donc on les qualifie de défensives, on entend par là constater seulement l’effet physiologique caractéristique de leur sécrétion et ainsi les distinguer par leur véritable fonction. De même, il n’y a pas de raisons de croire que celles des glandes nutritives, comme le foie, ([ui exercent de puissantes actions antitoxiques, se sont organisées' en vue de cette fin ou s'y sont adaptées ; mais il se trouve que les cellules hépatiques, par cela môme, par exemple, qu’en vertu des propriétés chimiques de leur proloplasma elles transforment les sels ammoniacaux en ui’ée, protègent l'organisme contre les effets
FONCTIONS SÉCRÉTOIRES
toxiques de ces sels. On ne veut rien dire de plus quand on considère aussi de telles glandes comme défensives, non plus, comme les précédentes, en raison de leur rôle physique, mais en raison de leurs actions chimiques.
Nous ne traiterons pas ici des glandes défensives. Il nous semble, justement à cause de leur rôle très spécial, relatif à chacun des organes des sens, qu’il vaut mieux en reporter l’étude au moment où il sera parlé de ces divers organes.
Nous ne traiterons pas non plus des glandes excréteuses. 11 nous semble plus logique d’exposer leur fonctionnement seulement quand aura été étudiée la désassimilation, dont ces glandes ont à éliminer les produits.
Nous n’avons donc à étudier, pour, le moment, que les glandes nutritives.