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Sur la lysine, voy. p. 3a

FONCTION URÉOPOIÉTIQUE DU FOIE 629

dépourMi de sel ammoniacal ^ ; sa teneui' en urée est plus du double, est souvent même le triple de sa teneur normale. Le résultat est le même avec tout sel ammoniacal à acide organique^, formiate, acétate, tartrate, lactate, etc., à condition que ce sel soit par oxydation transformable en carbonate d ammoniaque. — On pourrait donc penser avec \V. von SchrOder que ce corps, sous 1 action de la cellule hépatique, fournit de l’urée par simple déshydratation

CO

^OAzIO

^AzH2

^AzH2

Mais la question est de savoir si normalement c’est du carbonate d’ammoniaque qui est transtormé en urée parle mécanisme sus-indiqué. Nous allons voir que c'est sur un autre composé ammoniacal que travaille le foie.

5° La démonstration du fait résulte surtout des mémorables expériences de Nencki et Pavlov dont nous avons déjà parlé tout à l’heure. En effet, dans ces expériences, il fut trouvé que, en même temps que l’urée diminue chez les chiens opérés, l’ammoniaque augmente dans les urines ; chez les chiens qui, outre la fistule d'EcK, ont subi la ligature de l’artère hépatique ou 1 extirpation du foie, la quantité d’ammoniaque s’élève à 15 ou 20 p. 100 de l’azote total, alors qu’elle ne représente chez l’animal normal que 2 à 4 p. 100 de cet azote total.

Mais le plus intéressant, c’est que la nature de ce corps ammoniacal a pu être déterminée. On trouve dans le sang et dans l’urine, à l’état normal, des traces de carbamate d’ammoniaque (Drechsel’, 1875). Le sang et urine des animaux avec fistule d’Ecx en contiennent des quantités noables (Nencki et Pavlov). — Si l’on fait ingérer à des cliiens ou à l’homme du carbamate d’éthyle, à dose modérée, la quantité d’urée des urines augmente (expériences de L. G.xrnier, 1898). d’après la réaclion

CO

^®^AzII2

Urée.

C2H.\OH

AzH2

OC2M5 AzH3 =

Carbamate dëthyle. Urée. Alcool éthylique.

A Côté de la preuve chimique, la preuve physiologique. Les animaux à fistule dEcK présentent, une dizaine de jours après l’opération, un en-

1. Ce physiologiste a môme soutenu que, seul, le oassao-e à iravArc i» r^- j sang chargé de carbonate d’ammoniaque donne de l urée ; avec du sane^dé^ pourvu sel ammoniacal il n y aurai, pas r.rma.iou de qu.in.i.S apprSbte

2. Le foie des Carnivores ne transforme pas en urée les sois nnamw • acide minéral, tels que le chlorhydrate ou le sulfate d’Lmoniaqi.rAu

un sel ammoniacal quelconque produit toujours, chez les herbivores .?no mentation de l’urée des urines. C’est que lu nourriture vé<>-élale fourmi" r nisme de ces animau.x une grande quantité de sels alcalins ù nom ^ loxalates, citrates, malates,nartrale"s de potasse et d lô el rAÏLThlê'’""^ carbonates, et que, par suite, il se fait entre ces derniers et les e m^ "" Z7J. décompositions qui donnent duVaÏonaird ^m"

Ü. E. IIreciisel (1843*1897), chimiste nhvsioloo-isle à l’Université de Berne, a laissé d'exceliLts travaux Lir les^proTiîts position des albuminoïdes, sur la formation de l'uré'p sur loo^ 1"^ decomlives de la glande thyroïde, etc. "’a^'eres constitu-

NUTRITION

semble d’accidents que l’on peut reproduire par l’injection intraveineuse d’une solution d’un carbamatc (08^,30 à 08^,00 par kilogramme) : faiblesse et somnolence et, en môme temps, irritation psychique et ataxie, puis agitation, crises de mobilité exagérôe, perte de la vue, puis analgésie, puis convulsions cloniques et toniques, et enfin phase de coma. Les animaux meurent dans le coma ; quelques-uns peuvent se rétablir. — Il est important de noter que les chiens à fistule d’Ecx, si on leur donne un repas de viande, ont tout de suite une crise convulsive. — D'autre part, les animaux normaux ne sont pas intoxiqués par lecarbamate de soude, introduit dans l'estomac : c’est que, sans contredit, leur foie maîtrise le poison amené par la veine porte ; mais, et voilà la contre-épreuve, l’ingestion de ce sel chez un animal avec fistule d’Ecx est mortelle.

Tous ces faits ne démontrent-ils pas que les troubles consécutifs à la fistule d’EcK sont dus à l’accumulation de carbamates dans le sang ? Â l’état normal, le foie a pour fonction de transformer ces carbamates en urée, vraisemblablement d’après la réaction suivante (Nencki et Pavlov) que nous avons déjà indiquée ' :

AzH2 ^AzH2

^^Co.AzHi ~ - ^‘^'^AzH2

Carbamate d’ammoniaque. Urée.

Il est vrai que nous ne connaissons pas encore la grandeur de ce phénomène, c’est-à-dire la quantité d’urée qui se forme par ce processus. Mais cette quantité doit être importante, puisque les acides aminés représentent, on ne doit pas l’oublier, la grosse partie des fragments que donne la dégradation des albuminoïdes. « La preuve la plus décisive que l’on pourrait administrer ici, dit avec raison Lamuling^, ce serait la démonstration définitive d’une production régulière de sucre aux dépens des albuminoïdes, c’est-à dire aux dépens des acides aminés résultant du dédoublement des albumines et ayant perdu par désamination leur groupe Az H* » (voy. sur ce point p. 611).

6° Dans les maladies du foie qui entraînent une destruction plus ou moins étendue du parenchyme, la proportion de l’ammoniaque urinaire augmente. Normalement, l’homme élimine en vingt-quatre heures, par ses urines, suivant le régime végétal ou carné, de 08r,4 à 0«r,9 d’ammo-

1. n se peut que, dans l’action du foie sur le carbonate d’ammoniaque (voy. p. 627), la déshydratation de ce corps ne soit pas immédiate, mais se fasse en quehjue sorte en deux temps :

,O.AzHi AzlI2

COCo.AzHi - = COCo.Azm

Carbonate d’ammoniaque. Carbamate d’ammoniaque.

^AzH2

^^'-O.AzH‘

CO

^AzH*

-^Azlis

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