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FONCTION ANTITOXIQUE DU FOIE

avec du pliénol et du sulfate de soude, on constate qu’il se forme de 1 acide phénylsuliurique. — Il est vrai que l’on a obtenu le même résultat avec de la bouillie de muscles.

Les phénols sont des corps très toxiques. Leur conjugaison avec les sulates alcalins leur fait perdre cette toxicité. Par là encore le foie exerce une fonction antitoxique.

9° Fonction antitoxique du foie.

Nous avons déjà vu deux grands exemples du rôle antitoxique du foie en étudiant la formation de l’urée chez les Mammifères et celle de l’acide urique chez les Oiseaux et, d’autre part, celle des phénylsullates. D’autres faits permettent de généraliser et de penser que le loie atténue ou annihile l’action des nombreux poisons qui se produisent dans l’organisme, par le jeu des fermentations et des putréfactions intestinales.

C’est la conclusion que l’on peut tirer, par exemple, des nombreuses expériences, faites par divers médecins, qui montrent l’accroissement de la toxicité des urines chez les malades atteints d’insuffisance hépatique.

A. Effets de l’extirpatiou partielle ou totale du l’oie.

L’importance de cette action antitoxicjue générale ressort bien aussi des expériences qui consistent en l’ablation ou la destruction du foie.

On peut enlever la moitié et même les trois quarts du foie sans que les animaux meurent (chiens, lapins, etc.). C’est que l’organe se régénère très rapidement (I’onfick', 1889) ; trente heures après l’opération, les •Cellules sont en voie de multiplication et en deux ou trois semaines le foie a repris son volume et son poids normaux. A côté de la preuve histologique, la preuve physiologi(iue de ce processus de régénération a été donnée; en elfet, tout de suite après l’opération, l’urée et le rapport de l’azote uréique à l’azote total diminuent, en même temps qu’augmente l’azote dit résiduel ou des matières extractives (substances toxiques); puis progressivement le taux de l’urée se relève et le rapport de l’azote uréique à l’azote total se rapproche de la normale, au fur et à mesure que se fait la régénération. — On remarquera que c’est encore là une preuve du rôle du foie dans la formation de l’urée.

Au contraire, l’extirpolion totale du foie amène promptement la mort. Les Mammifères succombent en quelques heures, souvent même en une heure, à cause des troubles circulatoires mécanic[ues qui suivent immédiatement la ligature de la veine porte (voy. plus loin, p. 639); l’opération ne doit donc être faite, pour acquérir sa signification propre, que sur des animaux sur lesquels on a préalablement établi une communication entre

1. E. PoNFicK, pathologiste allemand contemporain, professeur à l’Université de Breslau. Ces expériences ont montré la possibilité des larges résections dit Coie chez l’homme.

la veine cave et la veine porte (fistule cl Eck). Dans ces conditions, la survie peut être de cjuelcjues jours ; les animaux succombent avec des phénomènes d'intoxication lento qui ont été décrits (p. 630). — Chez les Oiseaux, chez lesquels il existe une communication naturelle entre la veine cave et la veine porte, le foie peu! être enlevé complètement ; on a vu (p. 633) que ces animaux meurent en une vingtaine d'heures. — Chez les Batraciens, qui présentent une semblable anastomose porto-cave, la survie, après l’ablation du foie, est f>lus longue ; dans une eau mal renouvelée, les grenouilles opérées meurent en quelques jours (trois à sept)‘ ; dans une eau courante, elles peuvent survivre trois semaines.

D’autres expériences, non moins instructives, consistent en la destruction in situ du foie parinjeclion dans le canal cholédoque d’acide acétique dilué (expériences de Denïs* et Stubbe, 1893); il s’ensuit une nécrose des cellules qui amène la mort en six à, vingt-quatre heures (chez le chien); au bout d’une dizaine d’heures, les animaux sont affaiblis, abattus, ils tombent peu à peu dans le coma et meurent après quelques convulsions.

Quant à la destruction possible du foie par des sérums hépato-toxiques, il en a été déjà parlé p. 333 et p. 351.

B. Fonction antitoxiqne éventuelle du foie. — Le rôle antitoxique du foie s’exerce encore sur un grand nombre de poisons éventuellement introduits dans l’organisme, sels minéraux, diverses substances organiques (alcools, savons, antipyrine, etc.), alcalo'ides,. ptoma'ines, venins, toxines microbiennes.

On détermine la valeur de cette action soit en recherchant les substances injectées dans le foie et dans les autres tissus comparativement (méthode chimique), soit en comparant la toxicité d’une même solution suivant qu’elle traverse ou non le foie''^ ou bien encore comparativement sur des animaux normaux et sur d’autres auxquels on a enlevé le foie (méthodes physiologiques). On constate, par la méthode chimique, que le foie retient une quantité plus ou moins considérable des substances injectées, et souvent plus que n’importe quel autre tissu (arsenic, plomb, morphine, etc.). On constate, par la méthode physiologique, qu'il faut injecter par une branche de la veine porte deux fois plus de substance (résultat obtenu, par exemple, avec un grand nombre d alcaloïdes, atropine, cocaïne, morphine, nicotine, quinine, strychnine) que par une veine périphérique pour obtenir le même effet’ toxique.

En quoi consiste cette action du foie? Les substances toxiques sont-elles simplement retenues et fixées dans le tissu hépatique ou s’y transforment-elles en partie ? La question est en suspens.

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