PYRIMIDIQUES EN URÉE DANS LE FOIE. FONCTION URICOLYTIQUE DU FOIE
D’autres corps que l’arginine et résultant également de la désintégration des matières protéiques présentent un noyau où se trouvent deux atomes Az liés à un même atome de carbone. Cette condition •est réalisée dans les noyaux puriques des nucléo-protéides et dans les bases pyrimidiques; les bases xanthiques ou puriques* (xanthine, hypoxanthine, etc.) contenues dans les nucléo-protéides sont en ■effet des diuréides, dont la simple hydrolyse peut donner de l’urée; il en est de même des bases pyrimidiques (thymine, cytosine, ura- ■cile), présentes dans les nucléo-protéides à côté des bases puriques, et qui sont des mono-uréides.
Les faits suivants indiquent bien que le foie peut faire de l’urée avec tous ces corps.
1° Si à des animaux en équilibre azoté on fait ingerer des urates, on retrouve dans les urines, à l’ctat durée, une partie de cet acide urique.
2° En faisant circuler à travers le foie isolé du sang défibriné auquel on ajoute des urates, on constate que la proportion de ces sels dans le san» diminue peu à peu et que corrélativement l’urée augmente.
3® Chez les chiens à fistule d’Ecx, l’acide urique augmente un peu dans les urines. Si, chez ces animaux, on pratique ensuite la ligature do l’artère hépatique, l’augmentation de Ticido urique est plus forte.
I. Les bases xanthiques dérivent toutes d’un noyau commun, la narine par ■oxydation ou par addition de radicaux divers. L’acide urique est le dérivé 4)lus oxydé, c’est la Irioxijparinc. ®
NUTRITION
4’ Les extraits de foie de cliien dans l'eau salée ont la propriété de détruire l'acide uricjue. Des extraits semblables de rein n ont pas ce pou*
voir. On a trouvé que le l'oie (ainsi que le rein et le muscle) d’enfants
mort nés détruit énergiquement l’acide urique.
50 L'ingestion de bases nucléiques, quelles qu’elles soient, bases puriques ou pyrimidiques, donne lieu à une augmentation de l’urée excrétée.
Cette destruction de l’acide urique serait l’œuvre d’une diastase uricolytique ou uricase.
C. Questions connexes. — Pour compléter cet exposé, il reste à examiner trois questions : 1. Quelle est dans la formation de l’urée la part respective des processus que nous venons de décrire? 2. Le foie est-il le seul organe formateur d’urée ? 3. Quelle est enfin la signification générale de ce phénomène?
1. C’est surtout aux dépens des acides aminés et de l’ammoniaque que cet organe est formateur d’urée, les expériences faites sur les chiens à fistule d’EcK le démontrent surabondamment. Dans les quinze ou vingt heures qui suivent l’opération, si on a en même temps lié l’artère hépatique, on peut voir que l’animal ne produit même pas 1 gramme d’urée ; il est, à vrai dire, des animaux qui en produisent encore de 2 à 4 grammes. On peut donc affirmer que là est la source de la majeure partie de l’urée formée dans le foie, puisque là est la source de la majeure partie de l’urée formée dans l’organisme.
Aussi bien, ne sait-on rien surl’importance de la production d’urée soit aux dépens des urates, soit aux dépens des bases nucléiques.
2. Assurément le foie est le seul organe dans lequel on ait jusqu’à présent démontré de façon directe qu’il se forme de l’urée. Toujours est-il cependant qu’il n’est pas le seul où se produise ce corps, comme le prouvent les résultats des expériences faites sur les chiens à fistule d’EcK (voy. p. 626 et 629), comme le montrent aussi les observations de Kaufmann (voy. p. 623) sur les chiens de la circulation desquels le foie et les reins ont été exclus et dans le sang desquels néanmoins (sang du train antérieur, partie à laquelle la circulation a été restreinte) la pi oporLion d'urée augmente un peu.
On peut même avoir déjà une idée du mécanisme par lequel, du moins dans quelques tissus, se forme l’urée en dehors du foie, puisque les recherches de Kossel et Dakin ont montré qu’il existe de l’arginase dans la muqueuse intestinale (voy. p. 268), dans les reins, dans les glandes lymphatiques et dans le thymus. Remarquons cependant que c’est le foie qui contient le plus d’arginase.
Le rôle du foie dans la production de l’urée n’en reste pas moins fondamental. Tous les faits passés ici en revue conduisent à cette
FONCTION URICOPOIÉTIQUE DU FOIE
conclusion, à savoir qu’il y a un rapport direct entre la quantité d’urée éliminée par les urines et l’intégrité du foie.
3. La fonction uréopoiétique du foie, qui occupe une place si importante dans les fonctions de cet organe et qui joue un si grand rôle dans la nutrition générale, doit encore être considérée à un autre point de vue. Elle apparaît comme exerçant une influence modificatrice profonde sur les produits de désassimilation, puisqu’elle annihile la toxicité des composés ammoniacaux en les transformant en un produit inoffensif. L’ammoniaque en effet est 40 fois plus toxique que l’urée (expériences de Ch. Couciiaud, 1887). Les acides aminés sont également beaucoup plus toxiques que l’urée. Celle-ci d’ailleurs ne se montre toxique qu’à des doses énormes. Ainsi la. fonction uréopoiétique est une fonction antitoxique.
7° Formation d’acide urique par le foie.
Fonction uricopoiétique.
On vient de voir que le foie est un organe destructeur d’acide urique (fonction uricolytique), ce corps se transformant, par l’activité hépatique, en urée. Mais ce n est pas chez tous les animaux que les choses se passent de cette façon. Si, chez les Mammifères, l’acide urique est détruit par le foie, chez les Oiseaux c’est un processus inverse que l’on observe, et l’acide urique est formé parle foie'. Processus aussi important que, chez les Mammifères, la fonction uréopoiétique, puisque, chez les Oiseaux, comme aussi chez les Reptiles, le principal produit de l’excrétion azotée et qui remplace l’ürée est l’acide urique.
Les faits qui établissent la réalité de cette autre fonction du foie ont été observés sur des Oiseaux sur lesquels avait été pratiquée l’extirpation du foie 2, opération possible pour la raison dite à la p. 249. Or, les Oies normales (ces belles expériences de xMinkowski ont été faites sur dos Oies [1886J) éliminent par jour une quantité d’acide urique, variable selon l’alimenta-
1. Cette difjérence profonde entre le foie de ces deux classes d'animaut ressort bien d une expérience de Ch. Riciust (1898). Faisant macérer un foie de canard avec une solution d’urate de soude qui contient osr.oq d’acide urioue t.H. Richet retrouve, après vingt-quatre heures d’étuve, la même quantité d'aLie urique; mais si c est un foie de chien qui a été porté à l’étuve avec l’urateX soude, apres vingt-quatre heures l’acide urique a presque complètementdisnaruon n en retrouve plus que o8^oo5.
2. Cette opération entraîne la mort en moins de vingt-quatre heures Les ani.
maux cessent d abord de manger ou bien vomissent les grains qu’ils avalent encore; Ils sont pris d’une soif ardente; la respiration devient irrégulière- ils tombent enfin en co lapsus et meurent dans cet état ; quelquefois la mort es? précédée de convulsions. Chez les pigeons l’anurie est absolue • les oies ZlTellTé? '' normalement trouble et alcalin’e, dev??nt
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lion, mais (jui représente toujours 60 a 70 p. 100 de l’azote total des urines. Après l’opération, cette quantité ne représente plus que 3 à6 p. 100 de l’azote total excrété. Il y a donc un grand changement dans la composition des urines. — D’autre part, si à des Oies normales on fait ingérer de l’urée ou des acides aminés, ces corps s’éliminent sous forme d’acide urique; après l’extirpation du foie, on les retrouve dans Tuiine.
Avec quelles substances le foie forme-t-il cet acide urique ?
Chez les Oies normales la proportion de l’ammoniaque urinaire ne dépasse pas 9 à 18 p. 100 de l’azote total des urines ; après l’extirpation du foie, cette proportion s’élève à plus de 60 p. 100 ; le composé ammoniacal qui s’accumule ainsi dans l’organisme est du lactate d ammoniaque (.Minkowski). —Le foie des Oiseaux peut aussi transformer l’urée en acide urique, comme le prouve l’expérience citée plus haut, par fixation peutêtre d’acide lactique sur cette urée, c’est-à-dire par un processus synthétique, et par oxydation consécutive :
2COC;Afll2 + + 03 = C3IDAzi03 -h 5H20.
L’importance de l’acide lactique dans le processus de formation de l’ncide urique est prouvée directement par des expériences de Salaskin, d'après lesquelles le passage de cet acide à travers le foie (expériences sur des Oies) donne lieu à la production d’acide urique.
8° Formation de phényl-sulfates par le foie.
Les matières albuminoïdes contiennent du soufre (voy. p. 30); au cours de leur décomposition la majeure partie de ce soufre (les 4/3) est complètement oxydée et transformée en acide sulfurique. Celui-ci est combiné aux bases alcalines des tissus et du sang ; il se produit ainsi des sulfates. Mais tout l’acide sulfurique n’est pas neutralisé par ces bases alcalines; il y en a une partie qui s unit aux composes aromatiques, phénol et indol, résultant de la décomposition intestinale (bactérienne) (voy. p. 278) des albuminoïdes; de cette manière se forment des phénylsulfates comme C^IP.OSO^.OK (phénylsulfate de potassium) et indoxylsulfates, composés sulfo-conjugués qui s’éliminent par les urines, comme les sulfates alcalins. L acide sulfurique uni aux phénols constituerait a peu près la dixième partie de l’acide sulfurique total des urines.
Où s’accomplit cette combinaison des composés aromatiques formés dans l’intestin avec l’acide sulfurique? Quelques faits paraissent montrer que le foie est le lieu de cette combinaison.
1° On a trouvé dans le foie plus de phényl-sulfates que dans le sang.
2' En ajoutant à de la bouillie de foie (foie haché) du sang défibriné