N. Higumobe, anatomiste anglais (i6i3-i68ô
FÉCONDATION
la tête et de la queue est une niasse de protoplasma dite segment inteimédiaire. L’étude de la transformation de la cellule spermatoblastique en spermatozoïde montre que la tête du spermatozoïde représente le noyau de la cellule, que le segment intermédiaire est le reste du corps pi otoplasmique de la cellule et, enfin, que la queue est un long cil vibratile ou, plus exactement, un pinceau de cils vibratiles accolés ou lusionnés. Le spermatozoïde est une cellule vibratile devenue libre et translormée de manière à aller porter et faire pénétrer son noyau dans l’élément femelle,^ ou ovule. C’est eu effet ce noyau spermatique (noyau mâle, pronucléus mâle) qui joue le rôle essentiel dans la fécondation.
En cette qualité de cellules vibratiles modifiées, les spermatozoïdes sont caractérisés parleurs mouvements. Ces mouvements sont surtout visibles dans le sperme éjaculé, c’est-à-dire qui a été mêlé aux produits de la sécrétion des diverses glandes que nous étudierons bientôt. Les mouvements se font toujours dans la direction de la tête ; ils reçoivent leur impulsion de la queue. On peut dire que les spermatozoïdes nagent dans le liquide spermatique à peu près comme une anguille dans l’eau. Leurs mouvcrments sont relativement assez rapides ; on constate au microscope qu un spermatozoïde placé dans un milieu convenable parcourt en une seconde une distance égale à sa propre longueur, c’est-à-dire qu’en une minute il parcourra environ 3 millimètres. Dans le sperme d’un animal qui a succombé à une mort violente, on trouve les spermatozoïdes doués de mouvements pendant assez longtemps (fait de persistance, après la mort de l’individu, des propriétés physiologiques des éléments anatomiques ; <;’est ainsi que les cils des épitliéliums vibratiles continuent à se mouvoir encore un certain temps sur le cadavre ; pour les spermatozoïdes, cette persistance de vitalité est relativement longue : on en a trouvé encore capables de mouvements, dans le canal déférent d un taureau, six jours après que cet animal avait été. sacrifié). Sortis des voies génitales mâles et reçus dans les liquides alcalins des organes génitaux femelles, les spermatozoïdes conservent très longtemps leur vitalité dans ce dernier milieu qui paraît spécialement apte à exciter leur motilité.
Diverses conditions modifient de différentes manières la motilité, c est-àdire la vitalité des spermatozoïdes. Le refroidissement (maintien pendant un certain temps à une température inférieure à 30“) les immobilise; la chaleur, au contraire, excite leur motilité, de même qu’elle porte au plus haut degré la contractilité de l’élément musculaire et l’excitabilité de l'élément nerveux; mais, comme pour ces divers éléments anatomiques, si la -chaleur produit son maximum d’effet excitant vers 40<>, au delà de cette température elle produit une action mortelle sur le spermatozoïde, comme sur le muscle dont elle coagule la substance contractile. — L’action comparée des liquides alcalins ou acides n’est pas moins remarquable. Les solutions acides tuent brusquement le spermatozoïde dont les mou vements s’arrêtent, en même temps que sa queue se replie et s’enroule par son extrémité terminale le long de sa portion initiale. Les solutions alcalines faibles jouissent, au contraire, de la propriété d’exciter et de réveiller au plus haut degré les mouvements des spermatozoïdes ; on peut même constater que, lorsque sur le porte-objet du microscope des sperma-
REPRODUCTION
tozoïdes ont perdu leurs mouvements par l’action d'un liquide très faiblement acide, si cette action a été de courte durée, on peut réveiller les mouvements par l’addition d’un liquide alcalin.
La matière constitutive essentielle des spermatozo'ides est une protamine (voy. p. 33) qui s’y trouve combinée avec un acide nucléinique. Cette protamineest différente suivant les espèces, d’après les recherches de Kossei. sur le sperme de divers Poissons. On a extrait aussi de la tête des spermatozo'ides une combinaison organique de fer.
Ce sont les spermatozoïdes qui caractérisent le sperme. Celui-ci est fécondant tant que ceux-là se meuvent.
On ne peut évidemment évaluer la quantité de sperme formée chez l’homme. D’après quelques recherches, la quantité par éjaculation varierait de 8 à 12 grammes.
Le sperme est le produit de la sécrétion de plusieurs glandes. Les testicules fournissent surtout les spermatozoïdes. Et ce sont les glandes génitales accessoires, glandes vésiculaires, improprement appelées vésicules séminales, prostate, glandes de Cowper, glandes de Lütre, qui fournissent le liquide complexe, véhicule de ces éléments.
Le sperme humain est un liquide épais, filant, blanchâtre, d’une odeur particulière, d’une saveur salée, d’une densité de 1020 à 1040, à réaction neutre ou légèrement alcaline. Comme éléments figurés, on y trouve, outre les spermatozoïdes, des granulations nombreuses et même des cristaux qui seraient formés d'une combinaison de phosphate de chaux et de phosphate de spermine. En dehors de ces éléments, sa composition moyenne est de 90 p. 100 d’eau et de 10 p. 100 de matières solides, dont 7 p. 100 de matières organiques et 1 p. 100 de sels minéraux.
Les matières organiques comprennent des substances albuminoïdes (environ 2 p. 100), des nucléines (0,2 p. 100), des histones, de la lécithine, de la cholestérine, de la spermine G‘0H2"Az*, base liquide à odeur spermatique, à laquelle on a attribué, sans que les preuves données aient emporté la conviction générale, une action excitante sur le système nerveux. — Les matières minérales consistent surtout en phosphore, chaux et chlorure de sodium avec un peu de chlorure de potassium et un peu de fer; la quantité de chaux est telle (plus de 20 p 100 de la quantité totale des cendres) que l’on doit admettre que, durant la vie sexuelle de l’homme, il y a par chaque éjaculation une perte non négligeable de ce corps.
La part n’est aucunement faite, dans le sperme, de ce qui revient à chacune des glandes génitales annexes, glandes vésiculaires (vésicules séminales), prostate, glandes de Cowper (ou de Méry)i, glandes de Littré^. Il y a cependant des espèces animales chez lesquelles
1. Guill. Cowper (1666-1709), chirurgien anglais ; c’est en 1702 qu’il a publié le mémoire sur les glandes qui portent son nom. — Ne pas le confondre avec Astlev Cooper (176S-1841), autre chirurgien et anatomiste anglais.
J. Méry (1645-1722), chirurgien etanatomisie français.