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Tous ces chiffres ne sont, bien entendu, que des moyennes

Gleï. — Physiologie. 50

de voir aussi, par les données anatomiques, que celte étendue est dansun rapport inverse avec la richesse de la peau en corpuscules tactiles. Cependant il ne laudrait pas en conclure absolument qu*un cercle dosensation est une grandeur anatomique, comme, par exemple, le champ embrassé par les ramifications d’une fibre nerveuse; il suffira, pour démontrer le contraire, de rappeler que l’étendue d’un cercle de sensation peut varier par suite de l’attention, de l’exercice, de l’habitude et d’autres influences. Comme en certaines régions la distance des pointes du compas embrasse plus de 12 corpuscules du tact (corpuscules de Meissner) et quecependant, en ces régions, deux cercles de sensation se touchent ou même se recouvrent en partie, de façon à ne pouvoir être séparés l’un de l’autre dans la perception, on doit admettre qu’il y a là des phénomènes A’h'i'adiation, c’est-à-dire qu’il y a transmission de l’excitation d’une fibrenerveuse sensitive à d’autres fibres voisines; et comme l’attention, l’habitude, l’exercice peuvent diminuer cette irradiation, il en faut conclure qu’elle est un fait, non uniquement d’impression périphérique, mais aussi de perception, c’est-à-dire d’action centrale.

Cl est cette propriété d apprécier letendue cutanée que W^eber avait originellement (1834) appelée tout simplement, appellation qui secomprend d’elle-mème d’après la description de son e.xpérience, gradus distinctionis et que l'on dénomme quelquefois sens du lieu {Raumsinn des Allemands). Mais on risque ainsi de confondre cette propriété avec le pouvoir de localisation dont il a été parlé plus haut. Sans doute les deux phénomènes ne sont pas sans rapport; en effet, puisque nous pouvons distinguer deux points de la peau simultanément excités, c’est que la sensation a une qualité particulière qui nous permet de discerner les points touchés; cette qualité, c’est ce que le psychologue allemand Lotze a appelé le « signe local » (1852). De même, c’est grâce au signe local que nous situons les endroits de la peau sur lesquels s’est produit un contact (pouvoir de localisation). 11 s’agit pouitant de deux propriétés différentes, car la 'faculté de localisation ne varie pas toujours comme la finesse du « sens du lieu » ; il y a des parties de la peau pour lesquelles elle est inférieure à la limite de la distance des pointes, déterminée par le compas de Weber, et d’autres pour lesquelles elle est supérieure à cette limite. D’autre part, on a observé des cas pathologiques dans lesquels l’une de ces propriétés est très diminuée, tandis que l’autre reste normale ou à peu près. Ainsi la précision de la localisation et la finesse du «sens du lieu » peuvent être dans une large mesure indépendantes l’une de l’autre. — Pour cette raison, ne faut-il pas éviter, dans les dénominations qui les désignent, toute cause de confusion? L’expression sens du lieu rappelle trop l’idée de localisation et, d’un autre côté, ne contient pas assez explicitement l’idée d’étendue cutanée. Mieux vaudrait la remplacer par celle de sens de l’espace cutanée

SENSIBILITÉ TACTILE

Cette propriété présente de grandes dilTérences suivant les individus, mais varie peu chez un individu donné. — La question de savoir si elle est égale dans les deux sexes est encore douteuse.

Le sens de l’espace cutané, pour une partie de la peau, est d’autant plus développé que la partie est plus mobile [loi de Vierordt)] aussi l'immobilisation prolongée d un membre entraîne-t-elle la diminution de ce sens; c est une notion que les médecins, et notamment les neuropathologistea, ne doivent pas oublier.

Nous avons indiqué déjà que l’exercice affine beaucoup cette sensibilité, mais il est remarquable que le perfectionnement acquis sous cette influence n est pas durable ; au bout de quelques jours il disparaît. L’exercice ne produit pas son action seulement sur la partie du corps exercée, mais aussi, fait très intéressant, sur la partie symétrique, sur la main droite par exemple, si la partie exercée était la main gauche.

Le sens de 1 espace cutané est plus développé chez les enfants que chez les adultes. Il en est de môme chez les aveugles.

n s affaiblit sous 1 influence de la fatigue intellectuelle et on a découvert qu il y a môme là, dans cette mesure du seuil extensif, un bon moyen d apprécier chez les écoliers la fatigue produite par les divers exercices qui leur sont imposés (recherches du médecin allemand Griesbach et surtout d’ALFRED Binet

Quand, au lieu d appliquer les deux pointes du compas de Weber simultanément sur un endroit de la peau, on les applique successivement, on constate que la limite minima de la distance à partir de laquelle on perçoit les deux pointes est plus petite ; en d'autres termes, par cette méthode (J. N. Czermak2, 18o5) l’acuité du sens de l’espace cutané est augmentée. — Mais, pour que des impressions tactiles successives soient senties isolément, il faut qu’elles soient séparées par des intervalles de temps suffisants ; trop rapides, elles se fusionnent; ainsi, quand la main reçoit 640 petits chocs par seconde au moyen d’une roue dentée, les dents de la roue ne sont plus perçues comme distinctes ; pour les autres parties de la peau, il suffit de 52 à 64 chocs par seconde pour que la sensation devienne continue.

On distingue toujours deux contacts semblables de deux contacts différents l’un^ de l’autre, mais, dans ce dernier cas, dans le cas où, par exemple, l’une des branches du compas de Weberse termine parune petite boule et l’autre par une pointe ou par un petit cylindre, la sensibilité est plus fine : la limite à laquelle on perçoit les deux contacts différents devient inférieure à ce qu’elle est quand les deux contacts sont semblables (expériences de L. Mabiluer ^ et J. Philippe 1903).

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