De tfuSfo;, rouge, ou de ^oSwTti;, couleur de rose
de physiologie
FONCTIONS SENSORIELLES
peut extraire de la rétine en traitant celle-ci par une solution aqueuse de 2,0 p. 100 de sols biliaires, blanchit à la lumière et ne se régénère pas à l’obscurité. Elle ne sc régénère que dans l’œil, tant que la rétine est appliquée contre le pigment improprement appelé « choroïdien ». C’est donc de cette couche de cellules pigmentaires (lue proviennent les matériaux nécessaires à la formation de l’érythropsine.
De ce qu’il y a là une substance sensible à la lumière, s’ensuit-il que l’acte visuel dépende uniquement de la transformation du pourpre rétinien? On a fait remarquer, et ceci est capital, que l'on peut voir avec une rétine « blanchie» par la lumière. D’ailleurs, les cônes ne contiennent point de pourpre, alors que dans la forea centralisa c’est-à-dire dans la partie la plus sensible de la rétine, il n’y a que des cônes. Entin, chez beaucoup d’Oiseaux, on ne trouve pas de pourpre; on n’en trouve pas davantage chez les Chauves-Souris, et cependant tous ces animaux voient.
11 peut donc y avoir vision malgré le manque d’érythropsine, mais on aurait d’aulant moins raison de conclure de là que l’érythropsine ne joue pas un rôle dans la vision que le fait essentiel n’a rien perdu de son importance, à savoir la destruction de cette substance par l’exposition de l’œil à la lumière. Telleamême paru la signification de ces constatations que l’on a émis l’hypothèse de la présence dans les cônes d’autres substances incolores, dont les modifications par la lumière seraient susceptibles d’exciter les fibres nerveuses. C’est une hypothèse qui n’est pas invraisemblable.
C. llùle des bâtonnets et des cônes. — 11 semble que des différences de fonction doivent correspondre aux différences de forme et de composition chimique que l’on constate entre les bâtonnets et les cônes. On a supposé, non sans raison, que les premiers réagiraient aux différences d’intensité que peut présenter la lumière, tandis que les cônes seraient excités par les différences qualitatives de la lumière, c’est-à-dire par les couleurs.
De la texture de la rétine il résulte que, dans la fovea cenlralis, il n'y a que des cônes et point de bâtonnets, tandis que dans les régions périphériques ceu.x-ci sont en nombre plus grand que les cônes. Or la sensibilité lumineuse (voy. plus loin, p. 9ü8) est très peu développée au centre de la rétine, et, inversement, un spectre faiblement éclairé paraît incolore lorsqu’on l’examine avec les parties périphériques de la rétine. D'autre part, la couche des bâtonnets est à peu près partout la même ; n’est-ce pas pour cela que la sensibilité lumineuse est à peu près uniforme sur toute la rétine ?
Nous savons que l’érythropsine s’accumule dans l’obscurité et se détruit à la lumière; n’est-ce pas pour cette raison que l'obscurité augmente la sensibilité lumineuse et aucle errand jour l’affaiblit?
SENS DE LA VUE
Enfin nous avons déjà fait remarquer que les cônes manquent complètement chez les animaux nocturnes (chauve-souris, hérisson, taupe); or, on ne peut dans l’obscurité distinguer les couleurs. De même, les Oiseaux de nuit n’ont point de cônes, mais seulement des bâtonnets qui doivent leur suffire pour distinguer des différences quantitatives et non qualitatives de lumière; au contraire, les Oiseaux diurnes, surtout ceux qui font leur proie de petits insectes aux couleurs brillantes, possèdent un nombre relativement beaucoup plus grand de cônes que l’homme et les autres Mammifères.
Cette distinction entie la fonction des bâtonnets, qui servent à percevoir la lumière, et celle des cônes servant à la vision des couleurs, est quasi classique, depuis les recherches histologiques de Max Schultze (1866)*, résumées ci-dessus, et depuis les expériences de 11. Parinaud (1881-1894)^ et celles de H. von Kries (1894- 1897) C Récemment cependant, on s’est efforcé de montrer que les bâtonnets ne sont pas complètement insensibles aux e.xcitations des couleurs; ils percevraient les radiations colorées de faible longueur d’onde
Dans \’ héméralopie^ (ou cécité nocturne), affection qui consiste en ce que la vision, bonne à la lumière du jour, est mauvaise au coucher du soleil ou dans un endroit peu éclairé, et qui paraît tenir à un trouble nutritif de ta rétine entraînant une formation insuffisante du pourpre rétinien, c’est la vision des radiations de faible longueur d’onde qui est à peu près exclusivement abolie ; le bleu n’est plus reconnu, le vert et le rouge le sont encore. — Dans l’intoxication par la santonines, qui porte sur les bâtonnetsil y a aussi cécité pour les radiations de faible longueur d’onde, pour le violet; aussi les objets blancs paraissent-ils jaune verdâtre. Normalement donc les bâtonnets serviraient à la perception du violet. — Enfin, en étudiant l’cxcitabilité des cônes pour les diverses radiations, on a vu que la fovea perçoit plus facilement le rouge que le bleu et est insensible au violet.
1. Max Schultze (1825-1874), un des plus célèbres histologistes allemands du dernier siècle.
2. II. Parixaud (1844-1905), ophtalmologiste français. Ses principales recherches sur la physiologie de l’œil ont été réunies dans son ouvrage ; La vision... 1898.
3. Physiologiste allemand conlemporain, professeur à l'Université de Fribour"-
en Brisgau. ”
4. V. O. SivÉN, Studien über die Stahehen und Zapfen der Netzhauts als Vermittler von Farhenemplindungen (Skand. Archiu fur PktisioL, iqo5 t XVII p. 3o6-388).