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CHAPITRE II

La conception générale, actuellement encore classique, des fonctions du systèrne nerveux peut se ramener à deux idées maîtresses- -a première n est que la systématisation de très nombreuses observations et expériences ; toutes établissent que les diverses parties du corps sont reliées au système nerveux encépbalo-rnédullaire par des nerfs qui transmettent audit système les excitations diverses qu’elles reçoivent et par d’autres nerfs qui leur envoient des mêmes régions de l’encéphale et de la moelle des impulsions sous l'action desquelles elles réagissent chacune à leur manière ; ces deux sortes de fibres nerveuses sont d’ailleurs souvent réunies dans un commun cordonde plus, les différents départements du système nerveux central sont reliés entre eux par des libres nerveuses analogues aux précédentes. De là, la définition ({ue donnait déjà D. de Bi.ainville, à savoir que le système nerveux est un appareil à' harmonisation et’ de régulation des fonctions de l’organisme; en recevant toutes les impressions subies par les organes et transmettant à ceux-ci des impulsions qui commandent leurs réactions, il institue en effet entre eux et avec lui-même des relations harmoniques. — L’autre idée que nous avons du fonctionnement du système nerveux est due à Uelmhoetz; elle est bien aussi l’expression des faits, mais elle en implique immédiatement une interprétation théorique. Le système nerveux est considéré comme jouant vis-à-vis des autres tissus le rôle d’une force de dégagement. Ici on argue d’abord et principalement de l’action du nerf moteur sur le muscle, celle-ci paraissant susceptible de transformer en force vive les tensions chimiques incluses dans les éléments musculaires. En réalité, nous ignorons le niécanisme intime de cette action nerveuse et ne iiouvons par conséquent rien inférer légitimement sur sa nature. Et if en est de même des autres actions nerveuses. Il est (rès vrai que du système nerveux central partent des slimulations qui libèrent de l’éner<^ie sous des formes diverses, mécanique, chimique. Mais qu’est-ce (lue cette excitation, sorte d’ébranlement qui, brusquement issu d’un

groupe de cellules nerveuses, provoque ici ou là, mais toujours dans une direction déterminée, une libération d’éneigie? Reconnaissons que tout ce qu’on en peut dire est hypothétique.

Sous ces réserves, nous avons à exposer maintenant les fonctions du système nerveux central. Physiologiquement, celui-ci se divise d’une façon assez rationnelle, c’est-à-dire correspondant suffisamment à l’état actuel de nos connaissances, en hémisphères cérébraux, ou plus exactement écorce cérébrale, mésocéphale, dans lequel le cervelet occupe une place à part, moelle allongée et moelle épinière. Il importe cependant de remarquer que, si chacune de ces parties a des fonctions propres que nous devrons détei'ininer, presque toutes aussi ont des fonctions communes. C’est en cette partie de la physiologie, plus encore qu’en médecine, qu’ « il est suranné, comme a dit R. LepiNE, de penser anatomiquement ». Une même fonction nerveuse s’exerce par un appareil dont les divers rouages se trouvent placés aux dilférenls étages de l’axe cérébro-spinal. Sa fonction n’est donc pas, dans la plupart des cas, attachée à un organe défini. Ainsi il y aune fonction sensitivo-motrice dont nous trouvons les éléments en différents organes; il y a de même un appareil de l’audition, de la vision, de l’équilibration, etc., « chacun d’eux étant formé d’éléments qui ])euvent être disséminés à travers les anciennes divisions anatomiques du système nerveux (cerveau, moelle, nerfs...) » (J. Grasset, Revue scientifique, 4 août 1906, p. 133).

Cette organisation du système nerveux en appareils plus ou moins compliqués dont les parties diverses, quelle que soit leur distribution anatomique, fonctionnent comme un seul et même organe, s’explique par une simple raison; le système nerveux tout entier est composé d’éléments identiques^ qui parcourent des étendues plus ou moins considérables de l’axe cérébro-spinal et qui ne paraissent se différencier que par leurs relations avec les organes périphériques et avec l’écorce cérébrale. Ces éléments, ce sont les neurones. Aussi convient-il, avant d’étudier les fonctions du système nerveux, de déterminer les propriétés générales des neurones.

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