LA ZONE CÉRÉBRALE SENSITIVO-MOTRICE
De cet ensemble de faits, sur lesquels d’ailleurs nous reviendrons quand nous aurons à traiter la question même des centres moteurs cérébraux, les physiologistes et les cliniciens ont d’abord conclu que les centres corticaux considérés sont uniquement moteurs. En réalité, ils sont à la fois moteurs et sensibles. Toute cette
écixsujt d« Tiolandi
Fig. 241. — Schéma des circonvolutions de la face externe de l’hémisphère gauche (J. Grasset).
partie de l’écorce constitue la zone sensible, dite « tactile » et qu’il vaudrait mieux dénommer « cutano-musculaire » (de sensibilité à la fois cutanée et musculaire).
En effet, en même temps que l'on constate, chez les animaux sur lesquels on extirpe cette zone en partie ou en totalité, des troubles de la motilité
Fig. 242. — Schéma des circonvolutions de la face interne de l'hémisphère droit (J. Grasset .
plus ou moins étendus, on constate dans les mêmes régions du corps la perte de la sensibilité tactile, douloureuse et musculaire. Chez l’homme, les lésions destructives de l’écorce, dans la zone sensitivo-motrice, amènent aussi la perte des sensations de contact, de température et de douleur et des sensations kinésiques. Déjà, en 1882, on pouvait citer 88 cas de troubles de la sensibilité dans les lésions de la zone dite alors motrice ou psychomotrice; en 1888, on en pouvait rassembler 133, tous contrôlés par l’autopsie; un peu plus tard on en rapportait 47 autres.
Gley. — Physiol. 6*
lülü FONCTIONS DU SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
C’est donc bien à cette région de l’écorce cérébrale qu’aboutissent les impressions cutanées et les impressions kinésiques; c’est là que se produisent les sensations correspondantes à la suite desquelles
243. — Schéma des centres sensoriels et des centres moteurs volontaires sur la face externe du cerveau humain.
R, scissure de Rolando ; — SS, scissure de Sylvius ; — MI, centres du membre inférieur; — MS, centres du membre supérieur; — T, centres de la tête et de la langue, avec, en A, le centre dit de l'apbasie; — C, nuque et cou; — P, paupières; — ZA, zone auditive ; — ZV, zone visuelle.
les stimulations volontaires mettent en jeu les centres proprement moteurs du bulbe et de la moelle.
Fig. 244. — Circonvolutions de la face’externe du cerveau du chien (d'après ELLE^'BERGER
et Baum).
Les centres moteurs et de la sensibilité cutanée et profonde sont situés de part et d’autre data scissure cruciforme ou sillon crucial et en bas.
Il faut cependant renaarquer que, d’après des e.Tpériences faites sur des singes et particulièrement sur des anthropoïdes, tels que le Chimpanzé, la zone sensible (tactile et musculaire) de l’écorce ne se confond pas absolument avec la zone dont les lésions entraînent la paralysie ; on pourrait enlever celte dernière, voir alors survenir les troubles de motilité que
LES VOIES AUDITIVES MÊSOCÉPH ALIQUES
nous décrirons plus loin, et cependant constater que la sensibilité des membres du côté opposé n’est que diminuée.
Chez l’homme il y a aussi des observations de paralysies motrices à la suite de lésions de l’écorce avec persistance (partielle?) de la sensibilité cutano-niusculaire, surtout delà sensibilité thermique et douloureuse.
11 semble, en résumé, que la zone sensible de l’écorce dépasse en largeur la zone dont l’extirpation est suivie de troubles moteurs (accompagnés, qu’on ne l’oublie pas, de perte ou de grande diminution de la sensibilité).