LES VOIES MÉSENCÉPHALIQUES DE LA SENSIBILITÉ
Fig. 230. — Schéma de la capsule interne (d'après Vau Gfhüchten).
de Burdach, on a trouvé le ruban de Reil dégénéré; la dégénération est ascendante et a pu être suivie jusqu’à la partie inférieure de la couche optique.
2° La destruction du ruban de Reil dans la protubérance a les mêmes conséquences que celles décrites ci-dessus.
3® Les lésions de la partie externe de la calotte du pédoncule cérébral déterminent de même une hémianesthésie du côté opposé. C’est en effet toujours le ruban de Reil qui se retrouve là.
4® Les faits cliniques avec autopsie démontrent que des lésions diverses du faisceau sensitif de la capsule interne (tiers postérieur de la capsule ou région lenticulo-optique ou post-lenticulaire [voy. fig. 239])L entraînent la perte de la sensibilité dans toute une moitié du corps, la moitié opposée à la lésion. — Chez les animaux, on a
réussi à sectionner (expériences du médecin français VEVSssiÈnE) tes fibres de la partie postérieure de la capsule; cette opération a été suivie d’une hémianesthésie croisée.
5® Le ruban de Reil se termine dans la couche optique; il n'y a pas de ruban de Reil cortical. On observe l’hémianesthésie toutes les fois qu’une lésion thalamique a détruit les fibres terminales des conducteurs sensitifs du pédoncule ou les fibres d’origine des neurones thalamo-corticaux. Il faut que cette lésion, d’après Dejerine et ses élèves, G. Roussy* en
1. En décrivant ultérieurement le trajet des autres impressions sensorielles, nous verrons que toutes, à l'exception des olfactives, suivent ce segment de la capsule interne. Le là le nom de car-
Fig. 2 i0. — Schéma delà lésion thalamique provoquant l'hémianesthésie (imité de Rodssy).
Les fibres sensitives sont représentées par des lignes interrompues ; les fibres motrices par des lignes pleines.
NC, noyau caudé ; — NL, noyau lenticulaire; — TH, oouclie optique ou thalamus; — Ci, capsule interne; — hth, lésion du thalamus donnant lieu au u syndrome thalaniiyuo » de De.ierine.
refour sensitif que lui avait
donné Charcot. Aussi sa destruction chez l'homme, à la suite d’une hémorragie, par exemple, amène-t-elle, outre l'anesthésie de la moitié opposée du corps, la perte de l’audition et du goût et une hémianopsie du côté opposé (par anesthésie de la moitié homonyme des deux rétines).
2. G. Roussy. La couche optique (étude anatomique, physiologique el clinique). Le syndrome thalamique. Thèse pour le doctorat en médecine, Paris, 1907.
I)articulier, porte sur le tiers postérieur du noyau interne et du pulvinar, sur une plus ou moins grande hauteur (voy. fig. 240). Dans ces cas, la sensibilité cutanée n’est que diminuée, mais la sensibilité profonde (tendineuse, articulaire, musculaire) est abolie; on ignore d’ailleurs encore pourquoi l’hémianesthésie cutanée n’est pas aussi complète que cette dernière ; il y a en même temps hémiataxie, ce qui s’explique par la perte de la sensibilité musculaire, dont le rôle dans le fonctionnement régulier des muscles est de la plus grande importance. — La couche optique peut donc bien être considérée comme relais dos voies qui conduisent les impressions sensibles de la périphérie aux centres corticaux d’élaboration. Le rôle sensitif de cet organe, — exception faite pour le pulvinar, dont le rôle de centre ganglionnaire de la vision est indiscutable, — paraît donc bien établi.
Resterait la question de savoir s’il existe, soit dans le bulbe, soit dans les parties sus-jacentes de la voie sensible, des conducteurs distincts pour les différentes sortes d’impressions cutanées; faute de documents sûrs, cette question doit être laissée de côté.
3“ La terminaison dans l’écorce cérébrsge des voies de la sensibilité cutanée.
La couche optique est reliée à l’écorce cérébrale par des fibres centripètes qui font partie de la couronne rayonnante. Les lésions destructives de cette dernière amènent l’hémianesthésie croisée. Dans quels territoires de l’écorce aboutissent ces fibres, terminaisons des voies sensitives ?
Elles se terminent au contact des cellules de l’écorce de la région périrolandique, c’est-à-dire dans les circonvolutions frontale et pariétale ascendantes qui bordent en avant et en arrière la scissure de Rolande et dans le prolongement de ces circonvolutions à la face interne de l’hémisphère, le lobule paracentral (voy. fig. 241 et 242), de telle sorte que l’on peut considérer le quart supérieur de la zone rolandique comme recevant les impressions sensibles du membre nférieur du côté opposé, les deux quarts moyens celles du membre supérieur du côté opposé et le quart inférieur celles de la tête et de la langue (voy. fig. 243).
Les lésions de ces parties de l’é«orceont pour conséquence des paralysies localisées. Chez les animaux, l’excitation des circonvolutions homologues de celles que nous venons de délimiter chez l’homme déterminent des mouvements localisés dans les muscles des membres ou de la tête ou du cou, et la destruction de telle ou telle de ces régions amène une paralysie limitée à un groupe de muscles particuliers. Ces expériences sont surtout démonstratives chez les Mammifères supérieurs, tels que le Singe et le Chien (voy. lig. 244).