LA SPHÈRE VISUELLE
de l'écorce du lobe occipital est suivi de l’atrophie des voies optiques.
La destruction d’un corps genouillé externe donne lieu à de 1 hémianopsie, exactement comme la destruction d une bandelette optique.
Chez l’homme les lésions destructives du pulvinar ont aussi 1 hémianopsie pour conséquence.
3. Les fibres qui relient les masses grises du mésocéphale à la sphère visuelle ne viennent que du corps genouillé externe et de la couche optique. Le tubercule quadrijumeau ne donne, en effet, origine à, aucune fibre ascendante à terminaison corticale ; nous reviendrons tout à. 1 heure sur la signification de ce fait.
Les fibres qui aboutissent au centre visuel supérieur font partie du segment postérieur de la capsule interne. Les troubles oculaires résultant des lésions capsulaires n’ont pas encore reçu une explication entièrement satisfaisante, j'entends qui ne soit pas entachée de quelque hypothèse.
2* Rôle des tubercules quadrijumeaux comme centre optique réflexe (neurones optiques de relais).
Du fait que des fibres optiques se terminent dans les tubercules quadrijumeaux antérieurs et qu’il n’en sort point de fibres centripètes se rendant à l’écorce visuelle, on peut inférer que celles qui y aboutissent représentent des voies courtes servant aux mouvements réflexes en rapport avec la vision. Et c’est ce qui explique, remarque avec raison Van Gehuchten, la persistance du réflexe pupTrlaire à la lumière chez des malades atteints de cécité corticale complète par lésion des deux sphères visuelles. Du reste, après la destruction des tubercules quadrijumeaux antérieurs, on voit dégénérer deux faisceaux de fibres descendantes que l’on a pu suivre jusqu’aux noyaux moteurs de plusieurs nerfs crâniens, en particulier celui du nerf moteur oculaire commun.
Quelques expériences paraissent établir le rôle des tubercules quadrijumeaux comme centres réflexes.
On a réussi à maintenir en vie pendant quelque temps des lapins auxquels on avait enlevé les hémisphères cérébraux au delà des tubercules quadrijumeaux; ces animaux présentaient encore les réflexes pupillaires (resserrement de la pupille à la lumière). Au contraire, ces réflexes sont supprimés après la destruction des tubercules quadrijumeaux antérieurs (voy. ce qui a été déjà dit à ce sujet, p. 893).
Quant aux troubles de la vision même, signalés à la suite des lésions des tubercules, ils sont dus à coup sûr aux lésions, si difficiles à éviter, des parties voisines, de la couche optique, de la capsule interne, c’est-à-dire des radiations optiques qui du corps genouillé externe se rendent a 1 ecorce occipUale.
3® La terminaison des voies optiques dans l’écorce cérébrale.
Nous avons dit (jue les libres optiques aboutissent aux cellules de l’écorce occipitale, dans une région assez étendue.
Déjà Floüiikns avait remarqué, en 1842, que l’ablation des parties supérieures d un hémisphère rend un pigeon aveugle. Mais cette expérience passa inaperçue. C’est surtout aux recherches de II. Munk, à partir de 1877, que l’on doit la détermination de la sphère visuelle.
L’ablation de l’écorce occipitale chez les Mammifères à décussation partielle des nerfs optiques (singe, chien) abolit la vision dans la rnokié des deux rétines correspondant au cAté lésé (hémianopsie bilatérale homonyme). C’est le même trouble que nous avons noté à la suite de l’interruption, en un point ijuelconque, du trajet mésocéphalique des voies optiques.
L ablation de parties limitées et diverses de l’écorce visuelle produit des lacunes dans le champ visuel de l’œil du côté opposé, lacunes d’autant plus étendues que l’opération a été plus large, et ce sont toujours les mêmes régions qui présentent ces lacunes quand les régions occipitales enlevées sont les mêmes. De sorte qu il semble que chaque rétine se projette géométriquement sur 1 écorce cérébrale du meme côté (pour ses fibres directes) et du côté opposé (pour ses fibres croisées), chaque fibre optique aboutissant à un point cortical déterminé. Aussi a-t-on dit qu’il existe deux rétines, l’une oculaire et l’autre cé?-éôraZe, produit de la projection de la premières sur l’écorce occipitale.
L’ablation de l’écorce occipitale des deux côtés produit la cécité complète, et, si l’opération a été largement pratiquée, la perte de la vue est définitive. 11 n’y a de restauration fonctionnelle que si l’ablation a été incomplète ; encore faut-il que l’animal apprenne à utiliser la portion du champ visuel qui lui reste.
Chez l’homme on a décrit un assez bon nombre de cas d’hémianopsie avec autopsie, la lésion se trouvant dans le lobe occipital du côté opposé à la moitié perdue du champ visuel. On a décrit aussi des cas de destruction partielle de l’écorce avec perte de la vision dans une partie seulement du champ visuel. Ainsi, dans l’affection oculaire dite scolome i central, la partie périphérique des deux rétines voit normalement, mais la fovea est insensible ; le malade ne voit plus les objets un peu petits, ne reconnaît plus les personnes à la vue, ne peut plus lire, etc., tandis qu’il se meut parfaitement au milieu de tous les obstacles. Le fonctionnement de la seule partie centrale de la rétine, c est-à-dire de la zone de la vision distincte, est aboli.
Ici se pose une question importante : de quelle nature sont les ti-oubles visuels résultant de la destruction des deux sphères visuelles? L’animal paraît être aveugle. Mais cette cécité e.st-elle la même que celle qui résulte de la perte des organes périphériques de la vision, de la perte des deux yeux ?
1. De obscurité. Un scotome est une tache sombre qui masque une