I. — Excitabilité des nerfs
Les nerfs sont excitables, ce qui signifie qu’ils entrent en activité sous l’influence d’excitants divers.
Comme on n’est pas maîti'e de provoquer et de régler à son gré les excitations physiologiques des nerfs, on recourt, pour étudier l’excitabilité de ceux-ci, aux excitants artificiels.
La mesure de l’intensité de la stimulation et de l’intensité de l’effet produit peut se faire quand on emploie l’électricité comme stimulant et grâce à l’inscription de la contraction musculaire dont les variations traduisent les variations de l’activité du nerf dit moteur. On peut aussi apprécier l’effet des excitations portées sur un nerf sécréteur en enregistrant les variations de l’écoulement d’un liquide glandulaire. Mais presque toutes nos connaissances sur l’excitabilité nerveuse résultent de l’étude des contractions musculaires provoquées par les excitations du nerf moteur.
1° Les excitants des nerfs.
Les nerfs réagissent à des excitants variés, mécaniques, physiques
et chimiques. En d’autres termes, l’énergie mécanique, électrique ou chimique, ap[)liquée à un nerf, le met en action.
A. Excitants mécaniques. ■ — Les excitations mécaniques, quelles qu’elles soient, pincement, piqûre, tiraillement, compression, section, provoquent la mise en activité des nerfs, à condition qu’elles ne soient pas lentement et progressivement appliquées, mais brusquement.
On a môme pu déterminer le tétanos d’un muscle au moyen d’un petit marteau d’ivoire frappant le nerf du mu.scle à intervalles réguliers et assez fréquents [tétano-moteur de Heideniiaix).
B. Excitants physiques. — L’étude de ta chaleur comme excitant nerveux est très délicate.
(incTZNEu a montré que les nerfs moteurs, vaso-moteurs (à l’exception des vaso-moteurs cutanés), sécréteurs, inhibiteurs (pneumogastriques), ne sont pas excités par les variations de température, tandis que les nerfs sensitifs le sont; ils le seraient par les tenq)ératures comprises entre 45“ et 51*.
L’excitant physique le mieux étudié est l’électricité. On emprunte cette énergie électrique à des appareils statiques (décharges de condensateur') ou galvaniques (courants de pile ou continus) ou faradiques (courant induit). Les courants alternatifs à haute fréquence ne servent que dans des cas particuliei's, spécialement en éleclrothérapie.
Fig. 260. — Action du courant de pile sur le nerf moteur.
M, muscle gastrocnémien de grenouille; — S, signal électrique indiquant le p<Assage du ccuiant dans le nerf moteur ; — moment où le courant commence à passer (fermeture) ; — «, moment où le courant cesse de passer (ouverture ou rupture). ’
sur un nerf moteur, les électrodes impolarisables qui relient ce nerf aux pôles positif et négatif de la pile étant placées à quelque distance l’une de
1. Les décharges de condensateur ont les mêmes elTels physiologiques que les •courants brusques de pile, que nous étudions ci-dessous.
EXCITABILITE DES NERFS
l’autre le long du cordon nerveux, suivant son axe on voit se produire une secousse musculaire à la fermeture et à la rupture (ou ouverture) du courant (voy. fig. 266). Pendant tout le temps que passe le couraut, si celui-ci conserve la même intensité, en général le muscle reste en repos. € est là un des faits sur lesquels avait été fondée la loi que l’excitation d un organe et particuliérement d’un nerf dépend d’une variation brusque <le l’intensité de l'excitant (voy. plus loin, p. 1089).
Quand, pendant la durée du passage du courant, il y a tétanos du muscle, c’est qu’il s’est produit dans le nçrf des phénomènes d’électrolyse. €eci s’observe avec un courant fort.
Ces laits ont été obtenus avec des courants modérés agissant sur le nerf moteur de la grenouille.
Avec des courants plus faibles ou plus forts, les réactions ne sont pas tout à fait les mêmes ; elles dépendent de la force et de la direction du courant 2, suivant les lois des secowsses (Pflüger), comme l’indique le tableau suivant :