LES PHÉNOMÈNES D’ADAPTATION
Si les conditions du milieu changent, les êtres vivants se modifient. « La vie, a dit excellemment l’illustre philosophe anglais, HEaBERT Spencer, est l’adaptation continuelle des relations internes aux relations externes. » Vivre, c'est s'adapter. Telle plante qui pousse dans une vallée humide et abritée a des dimensions, une tige, une structure des feuilles différentes de celles de la même plante croissant au vent sur la colline. Le même animal vivant dans les régions polaires diffère de celui qui a son habitat dans un climat tempéré. Les espèces adaptées à la vie souterraine ont acquis des caractères que ne présentent pas les mêmes animaux à la surface du sol. Des Mollusques d’eau saumâtre ne peuvent vivre dans l’eau de mer pure. La question est trop connue pour qu’il soit nécessaire d’insister. L’acclimatation s’explique en grande partie par ce pouvoir d’adaptation au milieu.
Les variations des espèces, leurs adaptations, ne dépendent pas seulement des conditions de milieu, des conditions cosmiques. Elles dépendent aussi des conditions étholoqiques * (genre de vie, action des organismes les uns sur les autres, parasitisme, etc.). A. Giaro a montré quelles modifications profondes, amenant la suppression des caractères sexuels secondaires, c est— a-dire des attiibuts extérieurs des sexes, détermine dans un organisme la présence d’un parasite qui agit sur la fonction génitale de son hôte (castration parasitaire). « Une femelle d’oiseau, dit Giard, prendra le plumage du mâle ; un crabe mâle verra ses tories pinces diminuer et sa queue s’élargir comme celle des femelles pour abriter non des oeufs puisqu il ne pondra pas, mais le parasite lui-même auteur de cette tiansfoimation. » Les faits d’autotomie (voy. p. 698) sont également des adaptations d’ordre éthologique. Les relations sont extrêmement nombreuses et variées entre tous les êtres, végétaux et animaux, d’un même milieu. Ainsi se produisent beaucoup de vai iations dans la forme des organismes.