‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 156 sur 385 · HYGROMÉTRIE · texte numérisé non relu

HYGROMÉTRIE

sait d’ailleurs, par l’enscinble des observations faites sur ce point important, que le décroissement de la température avec la hauteur est e.xtrèmeincnt variable, qu’il dépend d’une foule de circonstances qui en peuvent changer l’intensité plusieurs fois dans la même journée; aussi voit-on souvent un ciel nuageux s’éclaircir, pour ainsi dire, instantanément, comme d’autres fois les nuages se forment sur tous les points simultanément avec une extraordinaire rapidité, et ces deux phénomènes se produisent souvent d’une manière alternative et très-fréquente. On conçoit que si le décroissement de la température était très-lent, les conditions de la condensation de la vapeur ne pourraient se rencontrer jamais, comme aussi elles se trouvei'aient réalisées d’une manière invariable à une certaine bauteiir si le décroissement était toujours soumis à une loi suffisamment rapide. Le ciel serait toujoui-s serein dans le premier cas, et toujours couvert dans le second. Cette variation dans un fait fondamental, qui au premier abord se présente comme une sorte d’irrégularité fortuile, a donc pour résultat d’amener dans l’état du ciel des variations correspondantes et très-propres, au moins dans la plupart des cjis, au déveloiipement normal des pbénomènes de la végétation.

La (]uantité de vapeur saturanic diminuant rapidement avec la température, on conçoit que les vents chauds, et particulièrement ceux qui passent au-dessus des grandes masses liquides, doivent amener ordinairement la formation des nuages;' c’est ce qui a lieu, en particulier, à Paris pour les vents d'ouest et du sud; c’est le contraire pour les vents du nord et d’est, qui sont généralement secs. ,\ raison de la même circonstance, la simultanéité de deux vents à deux températures diiïérentes doit amener fréquemment la condensation de la vapeur. En effet, dans les masses d’air mélangées, il tend à s’établir à la fois une certaine température moyenne et une pression moyenne pour la vapeur d’eau; mais la tension inaxima de la vapeur croissant plus rapidement que la température, la tension moyenne qui tend à s’établir peut surpasser et surpasserait certainement, si les deux masses étaient saturées, la tension maxima (pie le mélange peut admettre à la température qu’il doit posséder. De lè nécessairement une précipitation de

PLrVIMÈTRE.

vapeur à l'étal liquide. A la surface de la terre, on observe fréqueninienl des brouillards le malin et le soir. Le soir, ils se répandent partout, et le matin, principalement au-dessus des rivières et des lacs.

Les brouillards du soir sont dus simplement au refroidissement rapide de l’air qui se produit après le coucher du soleil. Le matin, ils sont dus à une autre cause. L'eau, par suite de son grand calorique spécifique, se refroidit beaucoup moins (jue l’air ambiant, de sorte que la vapeur qui s’échappe le matin de la masse liquide arrive au milieu d’un air plus froid et s’y condense en partie. Il en résulte un brouillard, assez limité d’ailleui's, que la chaleur du soleil levant ne tarde pas à dissiper.

Tout le monde connaît ces brouillards épais, intenses, souvent odorants et qui, au lieu de faire marcher l’aiguille de l’hygromètre vers l’Iuiniidilé, produisent un phénomène opposé; ces brouillards .secs sont assez frequents dans certains pa>s, en Hollande par exemple, cl sont dus à une cause tout à fait inconnue.

302. Pluie. — D’après ce que nous avons admis sur la constitution des nuages, il faut admettre qu’un nuage donne sans cesse de la pluie, puisque les gouttelettes qui le forment tendent sans cesse à obéir à l’action de la pe.sanleur. Toutefois, tant que ces

gontteleltes sont très-petites, elles s’évaporent dans leur chute et n’arrivent point jusqu'au sol. Ce n’est cpie lorsque les gouttes ont atteint un certain volume que se produit véritablement le phénomène de la pluie.

On évalue la quantité de pluie qui tombe annuellement dans un lieu donné en la supposant répartie régulièrement sur le sol et estimant l'épaisseur de la couche qu’elle y formerait. On se sert à cet effet d'instruments appelés pliivimèlrcs ou udomètres. Ils se composent d’un entonnoir B qui reçoit l’eau et la conduit dans un réservoir A. Chaque jour on la recueille à l’aide du robinet r, et on calcule d’après son

poids la hauteur qu’elle aurait si elle avait la forme d’un cylindre

ayant môme base que l’entonnoir.

Dans les méléorographes, on emploie assez souvent la dispo-

IIVOROMÉTRIE.

ïtilion suivnnte. Ln pluie qui tombe dans rcnionnoir coule par un tuyau sur une roue k augels, (jui éprouve d'après cela un ntouvcment de rotation. Ce mouveineut se transmet par divere engi-enagcs à un tainl)our sur l’une des faces duquel un organe traceur vient périodiquement imprimer une manpie. La distance angulaire des traits ainsi obtenus donne la quantité de pluie tombée dans l’intervalle de temps correspondant.

303. Neige. — Grêle. — Grésil. — La neige est probablement due au passage direct de la vapeur d’eau à l’état soli<le. Il en résulte une sorte de cristallisation par sublimation; aussi, en observant à la loupe les éléments des flocons de neige, y reconnalt-on toujours une symétrie se rapporlant au système lie.xagonal auquel appartient la glace. La figure 278 montre diverses formes de flocons de neige observées par le capitaine Scoresby pendant un long séjour au,v régions polaires.

I9ans ces contrées trè.s-froides, l'atmosidière est souvent remplie de petites aiguilles de glace ayant la forme de prismes triangulaires, et qui {ionnent lieu aux phénomènes des halos et des parbélies.

Le grésil est une sorte de neige dure formée de flocons arrondis et de petites dimensions. On peut en e.xpliquer la formation en admettant que la neige, formée d'abord, a éprouvé un commencement de fusion suivi d’uue congélation ultérieure. Oiiant à la grêle, elle est due sans doute originairement à la congélation de petites gouttes de pluie travei-sant des couches de l'atmospbère où la température est inférieure à 0; mais le séjour dans l’air de ces petits noyaux glacés, qui s’y accroissent jusqu’à former des grêlons très-volumineux, se rattache soit à des phénomènes l'declriques, soit aux mouvements de l’air jiroduils dans les cyclones.

304. Verglas. — Le verglas est une couche très-mince et trèsglissante de glace qui se forme à la surface du sol dans deu.x circonstances dilTérentes : 1" quand, après plusieiws jours d’un froid rigoureux, il tombe une petite pluie fine qui .se congèle immédinlement par son contact avec le sol ; 2" quand une mince couche de neige ou de grésil ayant commencé à se fondre éprouve une regélalion nouvelle.

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