‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 163 sur 385 · POUVOIR ABSORBANT · texte numérisé non relu

POUVOIR ABSORBANT

des pouvoirs ëmissifs des deux substances, et on trouve que ce rapport est fçënëralement variable, mais pas toujours dans le même sens. Ainsi le borate de plomb, qui à 100" a à peu près le même pouvoir ëmissif (|ue le noir de fumëe, à 500“ a un pouvoir (jui n’en est que les 0,75. Le pouvoir ëmissif du platine, au contraire, qui A 100“ est le 0,1 de celui du noir de fumée, à 500" en est les 0,1/|.

316. Pouvoir absorbant. — Le moyen (|ui se présente le plus naturellement A l'esprit pour étudier le pouvoir absorliant cousis-

Fi^. 287. — Mesure du pouvoir absorbant.

ferait A recouvrir de substances diverses la face de la pile exposée au rayonnement et A observer les indications correspondantes. Mais ce procédé a l’inconvénient grave d’altérer continuellement la pile, qui est un appareil fort délicat et qu’il convient, au contraire, de soustraire le plus soigneusement possible A toutes chances d'altération. Melloni employait le procédé suivant : Il plaçait au-devant de la pile un disque très-mince, recouvert du côté de la pile de noir de fumée, et du côté de la source de la substance dont on voulait étudier le pouvoir absorbant. Sous l’influence du rayonnement, le disque s'échaniïait et rayouiiait lui-même vers la pile eu raison de la quantité de chaleur qu’il avait absorbée. Les indications thermoscopiques, an moment de ré(iuilibre, sont donc en rapport avec le pouvoir absorbant, mais elles n’en sont pas la mesure proportionnelle, parce que, d’une expérience A l’autre, la surface du disque change, et, par suite, la proportion de chaleur qu’il

CHALEUR RAYONNANTE

perd, chaleur qui est ëp;ale à celle qu'il reçoit en vertu du pouvoir absorbant de la substance étudiée, change également.

Voici le lableau de quelques-uns des résultats obtenus en prenant pour source tie chaleur le cube chautTé à 100" :

Noir de fumiH' 100 Encre de Chine 85

Cx>rus<> 100 (iomme liujue "!

Colle de poisson 01 IbOmix I.t

On voit que ces nombres sont les mêmes que ceux qui représentent les pouvoirs émissifs des mêmes substances. Ce résullat est as.sez naturel, car rémission et l'absorption sont doux phénomènes de même naluri'. Dans l'un et l’autre se trouve la modification imprimée par la surface du corps à un flux de chaleur qui tend à pénétrer dans le cor|)s ou à en soiTii-,

317. Influence de la nature de la source. — Le pouvoir absorbant varie avec la nature de la source qui rayonne vers le corps. Melloni a euqiloyé, pour vibnfier ce fait important, les sources de chaleur suivantes :

1" La lampe de Locatelli, petite lampe à niveau constant, dont la mèche est pleine et a une forme parallélipipédique. C'est une .source de chaleur douée, d'une assez grande constance; c'est avec elle qu'ont été exécutées la plupart des expériences sur la diatbermanéilé; elle est représentée dans la ligure 287.

2" Le platine incandescent; c'est une spirale de platine que l'on suspend au-dessus d’une lampe à alcool (fig. 288) de façon à envelopper, pour ainsi dire, la flamme; le médal rougit fortement, et c’est à lui à peu près exclusivement (ju'cst dû le rayonnement, la flamme, qui est A peine visible d’ailleurs, ayant un pouvoir rayonnant très-faible.

3" Le cuivre cbaulfé à fi00" environ-, on emploie pour obtenir celte source une lame de cuivre recourbée (fig, 289) derrière laquelle on dispose une lampe à alcool.

Il" Le cuivre enfumé chaulTé à 100". C’est un cube (fig. 290) contenant de l'eau bouillante, semblable à celui (|iii sert dans la mesure des pouvoirs émissifs ; on .se sert de la face recouverte de noir de fumée.

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