CONDUCTIBILITÉ DF, L’EAU
1 mètre de hauteur environ et de 0”,20 de diamètre, contenant de l’eau. Sur une des arêtes du cylindre étaient placés 12 thermomèlres dont le réservoir occupait le centre de la colonne liquide. A la partie supérieure de la colonne se trouve une bolle en métal dans laquelle on faisait arriver de l’eau à une température voisine de 100® et qu’on renouvelait très - fréquemment. Despretz a observé dans ces circonstances que la température des thermomètres s’élèvegraduellement: mais il faut longtemps, une trentained’heuresenviron, pour qu’ils acquièrent un excès stationnaire. Ces e.vcès, formant les termes d’une progression géométrique décroissante, sont d'ailleurs très-faibles, et, à partir du sixième thermomètre, Despretz constata qu’il n’y avait pas d’échauffement appréciable.
On pourrait attribuer l’élévation de température des thermomètres à la communication par les parois; cela est peu probable vu leur mauvaise conductibilité. Mais d’ailleurs une remarque de Üespretz prouve qu’il ne peut en être ainsi; il constata, en effet, que la température est plus élevée sur l’axe de la colonne liquide que dans le voisinage des parois; ce serait le contraire si ces parois avaient seni à la propagation de la chaleur.
336. Conductibilité des gaz. — Il est à peu près impossible de faire des épreuves directes sur la conductibilité des gaz, parce qu’il est très-difficile de se mettre à l’abri des effets de la convection et du rayonnement direct. On peut toutefois affirmer que ces corps sont très-mauvais conducteurs. Toutes les fois, en effet, que les gaz sont renfermés dans de petites cavités où leur mouvement est difficile,
PIITS. DCSCIIVNEL. SS
CONDL’CTI BILITÉ.
le système ainsi constituë conduit très-mal la chaleur. C’est là l'ori- Rine de la mauvaise conductibilité de beaucoup de tissus, des fourrures, des édredons, des feutrages, de la paille, de la sciure de bois. etc. Les corps de ce genre que nous employons pour nos vêtements sont appelés cliamls; c’est une sorte d’expression figurée, qui n’a aucun trait, bien entendu, à leur propre température, mais qui signifie simplement qu’ils sont très-propres à nous garantir du froid extérieur; cela tient à leur défaut de conductibilité. Si l’on comprimait un édredon ou une fourrure de façon à expulser une grande partie de l’air et à les réduire à une lame mince, ces corps deviendraient beaucoup moins chauds, c’est-à-dire meilleurs conducteurs. C’est donc à la présence de l’air qu’ils doivent leur défaut de conductibilité, et par suite on ne saurait se refuser à admettre que l’air est un corps mauvais conducteur.
337. Marmite automatique. — Le défaut de conductibilitédes garnitures en feutre est quelquefois utilisé dans le nord de l’Europe à la construction d’un appareil assez curieux, connu sous le nom de marmite automatique.
C’est une boite Fig. .301. — Marmite auiomatiquo. doublée à 1 inté-
rieur d'une forte
couche de feutre et pouvant recevoir, dans une ouverture convenable, une marmite métallique munie d’un couvercle. .Vu-dessus de celui-ci, on place un coussin formé également de feutre, de sorte que
CONDUCTIBILITÉ DES G.VZ.
la inannite se trouve située au centre (rune enveloppe très-peu conductrice. Si on introduit dans la inannite de la viande, par exemple, avec de l'eau et les assaisonnements convenables, qu’on produise l’ébullition de l’eau et qu’on enferme alors l’appareil dans la boite.
on pourra abandonner l’expérience à elle-même, la cuisson se continuera sans feu, et, au bout de quelques heures, elle sera entièrement . terminée. Le pouvoir isolant de la garniture, au point de vue de la chaleur, est très-puissant ; on peut constater en effet qu’au bout de trois heures la température de l’eau ne s’est pas abaissée de plus de 10 à 15°; elle est donc restée pendant tout ce temps sufflsamment élevée pour produire la cuisson.
338. Conductibilité de l’hydrogène. — L’hydrogène présente un pouvoir comlucteur très-supérieur à celui des autres gaz ; cette circonstance est tout à fait en rapport avec la nature attribuée à ce gaz par les chimistes, qui le considèrent comme une sorte de métal gazeux. On démontre la conductihilité de l’hydrogène par les e.xpériences suivantes :
1“ On tend dans l’intérieur d’un tube (lig. 302) un mince fil de platine, dont on provmiuc l’incandescence par le passage d’un courant. Si l’on fait circuler de l’air ou d’autres gaz dans l’appareil, cette incandescence se maintient, à des degrés divers toutefois, et toujoure à un degré moindre que quand on fait le vide. Mais si l’on vient è faire passer de l’hydrogène, l’incandescence disparaît.
2" On place au fond d’un tube vertical un thermomètre que l’on échauffe par de l’eau bouillante
Fig. 30*2. — Pouvoir
placée à la partie supérieure. On fait le vide dans le vase et on y fait ensuite successivement pénétier
refroidissaDt do l’hydrogène.
différents gaz. On remarque que la présence de ces derniers déter-
mine un abaissement de température. Au contraire, l’hydrogène produit un phénomène inverse. C’est la preuve directe de sa conductibilité ([ui ajoute quelque chose à l’effet du rayonnement.