‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 174 sur 385 · CHALEUR SPÉCIFIQUE · texte numérisé non relu

CHALEUR SPÉCIFIQUE

faut sensiblement la même quantité de chaleur pour une variation de température de I®; de sorte qu’on peut déflnir la chaleur spécifique d’un corps, la quantité de chaleur nécessjdre pour faire varier l’unité de poids de ce corps de 1®. Il suit de ce qui précède que, si on désigne le calorique spécifique d’un corps par C, il faudra, pour échauller l’unité de poids de ce corps de T degrés, CT unités de chaleur. Inversement, si ce corps se refroidit de T degrés, il abandonnera une quantité de chaleur égale à CT. Si le corps considéré a un poids P, la quantité de chaleur absorbée ou produite dans les mêmes circonstances sera évidemment PCT.

Il y a sous le rapport des chaleurs spécifiques de très-grandes dilTérences entre les corps. On peut le montrer ü-ès-aisément par l’expérience suivante :

On se sert d’un disfjue de cire à la surface duquel on pose des boules de même poids et chauffées à une même température de 200” par exemple.

Chacune des boules cède de la chaleur à la cire, détermine sa fusion et pratique ainsi une ouverture à travers laquelle elle passe. Or celles dont la capacité calorifique est la plus grande passent les premières; c’est ainsi qu'on voit d’abord tomber successivement les boules de fer, de cuivre et d’étain. Les boules de plomb et de bismuth sont beaucoup plus en retard, et si le disque est un peu épais, elles ne parviennent pas à le traverser.

L’expérience suivante permet de constater la très-grande différence des caloriques spécifiques du mercure et de l’eau :

On prend un vase contenant 1 kilogramme d’eau à 10" et on verse dans son intérieur 1 kilogramme de mercure à 100®. On agite le mélange, la température s’élève graduellement et atteint

CALORIMÉTRIE

au bout de peu d'inslauts la valeur maxiuia de 12°; cela a lieu au moment où le mercure et l’eau sont à la même température. On voit d’après cette expérience que l’eau a gagné 2 calories ; ces deux calories lui ont été fournies par le mercure qui s’est abaissé de 88°. La quantité de chaleur qui produit dans ce métal une variation de température de 88°, ne produit donc dans la même masse d’eau qu’une variation de 2°. Le calorique spécifique du mercure est donc hk fois plus petit que celui de l’eau. Le calorique spécifique de l’eau est 1, c’est la même chose qu’une calorie; le calorique spécifique du mercure est donc à peu près égal, d’après cette expérience, à tV = 0,028.

Uh

La détermination exacte de celte quantité demanderait des précautions minutieuses dont nous parlerons tout à l’heure. Nous ne considérons, pour le moment, l'expérience précédente que comme un moyen de montrer l’inégalité des chaleurs spéciûques de l’eau et du mercure. On peut employer pour la détermination des chaleurs spécifiques diverses méthodes, parmi lesquelles nous citerons seulement les deux suivantes.

341. Méthode du puits de glace. — On creuse dans un bloc compacte de glace une cavité qui peut se fermer à l’aide d’un couvercle également en glace. D’autre part, on chauffe un poids P d’un corps jusqu’à la température T et on l’introduit dans le puits de glace qu’on recouvre immédiatement de son couvercle. Le corps se refroidit jusqu’à 0, abandonne ainsi de la chaleur qui détermine

Fig. 304. — Puits de glace.

la fusion d’une certaine quantité de glace ijue l’on recueille et que l’on pèse. Soit m son poids, la quantité de chaleur nécessaire à sa fusion est, d’après ce qui a été dit (128), m . 79. Mais cette chaleur provient du corps qui s’est abaissé de T degrés , ce qui correspond à une quantité de chaleur abandonnée ('gale à PCT, G désignant son calori(iue spécifique. On a donc

PCT = m . 79, d’où C = ^ .

Ce procédé, dû au physicien suédois Wilke, est d’une application difûcile dans nos climats; il est d’ailleurs d’une exactitude

Page 1