LOCOMOTIVE DE STEPHENSON
L’eau s’élève <lans la diamlière île manière à couvrir tous les lubes, ainsi que la paroi supérieure île la botte è feu. Un indicateur du niveau est placé sous les yeux du cliaulTeur; il y a, en outi'e, deux robinets qui correspondent run A l’eau, l’autre à la vapeur; suivant les besoins de raliineutation ou fait varier l’ouverture d’un robinet placé dans le tube e' qui va puiser l’eau au tender.
La prise de vapeur se fait par le tube ;» à la partie supé-rieiire
Kig. 320. — Loromolive do Stcplieiison.
d’un dôme; de cette façon, on n’a pas A craindre que, par suite du moiiumieiit de l’appareil, il s’introduise avec la vapeur des soiittelelles d’eau, circonstance toujours fAcbeuse.
La vapeur se rend dans deux boites de distribution par le tube s, qui traverse la chaudière dans tonte sa longueur, et A l’origine dmiucl est une ouverture q que l’on peut ouvrir de quantités variables A l’aide de la clef r. Un cadran, gradué A l'extérieur, montre le degré d’ouverture; ce mécanisme porte le nom de régulateur.
Dans la boite de distribution se meut un tiroir A coquille (>ar le jeu duquel la vapeur se rend successivement au-dessus et au-
50i Jl AC H I N ES T H E R SI I QU ES.
(Ios.sons (lu piston a; la vapeur e.vpulsi’c se rend dans le lube r. d’où elle s'dcliappe périodiquement dans la clieminëe. Celle circonslanee esl liV’s-iinporlanle; elle active sinRulièreinenl le tirage, et permet de diminuer beaucoup la hauteur de la cheminée.
La tige b du piston s’aiiicule avec la bielle cc', aiiiculée ellemême avec la portion coudée de l’essieu des roues motrices iti . w est une soupape de sûreté il ressort et J le sifllel à vapeur.
390. Marche à contre-vapeur. — Coulisse de Stephenson. — Il esl important (pie le mécanicien puisse faire mouvoir la loco molive dans un sens ou dans nn autre, à l’aide d’une manœuvre simple et faeile h e.véculer. Divers moyens ont été proposés dans ce but ; nous nous bornerons à faire connaiire la coulisse de Stephenson.
La coulis.se de Steiihenson a un double but : le premier est de déterminer h volonté le niouvement du tiroir pour la marche
Fig. 3^0. — Coulisse de Stephenson.
en avant ou pour la marche en arrière; le second est de faire varier dans certaines limites la détente. Deux excentriques inverses A et A’ ont leurs bielles articulées en B et B' aux deux extrémités d’une coulisse courbe. Dans celle coulisse esl engagée une pièce C faisant partie d’un levier mobile autour du point fixe E et pouvant
COULISSK DE STBI-HENSON. !j03
y occuper divci-scs positions. L’extrémité Ü du levier DE s’articule avec la bielle I)N qui dirige la tige 1’ du tiroir. Cette même coulis.se est suspendue à un système LIMK, qui i)eruiet de l’élever ou de rabaisser à l’aide d’une manette GIIF à la disposition du mécanicien. Lorsque la coulisse est complètement abaissée, re.xtrémité B de la bielle, menée par l’excentriciue est très-près de la pièce C qui dirige le tiroir; celui-ci, qui d'ailleni’s ne peut .se mouvoir qu’eu ligne droite, obéit donc à peu près exclusivement A l’exceutri(|ue .-V; c’est le contraire quand la coulisse est complètement élevée. Dans le premier cas, la locomotive marcbe dans un sens ; dans le second cas, elle marcbe dans le .sens opposé. Si la coulisse est dans une position intermédiaire, le tiroir est mené ù la fois par les deux excentriques. Si par exemple on le plaçait exactement au milieu, le tiroir ne se déplacerait pas, la distribution n’anrait pas lieu, et, par suite, la machine s’arrêterait. D’après cette disposition, on voit que la course du tiroir sera d'autant plus restreinte que le bouton sera placé plus près du milieu de la coulisse, et il est facile de comprendre <iuc le temps pendant lecpiel se fait la détente sera plus considérable, puisque, le temps de la course ne changeant pas, la longueur de celle-ci sera plus petite. La coulisse de Stephenson fournit donc un moyen de faire varier la didentc; ce moyen, imparfait, il est vrai, h certains égards, est d'une si remarquable simplicité qu’il a été généralement adopté.
391. Types de locomotives. — La locomotive de Stephenson a reçu depuis son origine de très-grands perfectionnements’ qui ne .sauraient être décrits ici; nous nous boinerons à dire ([u’on distingue trois types de locomotives: 1“ machines à grande vites.se; 2“ machines mixtes-, 3“ machines à marchandises. Le ty|)C le plus connu de la première catégorie est la machine Cramplon, employée pour le service des trains express sur les lignes du iNord et de la Méditerranée. Les roues motrices sont A l'arrière, ce (|iii permet de leur donner un grand diamètre sans trop élever le cenli’e de gravité et, par suite, sans nuire A la stabilité du système.
Le poids d’une machine Crampton est de 28 tonnes environ ;
I. Nous renvoyons le lerlcnr au Traité élementairf des chemins de fer de Ledieii.
MACHINES THERMIQUES.
le lender avec sa provision de charbon, 18 tonnes; total, î|6 tonnes.
Les machines ini.xtes sont destinées à reinoniuer les trains de voyageurs à petite vitesse, ce que l'on appelle les trains omnibus; elles ont eu général deu.v roues couplées avec les roues motrices, ce qui donne une adhéience correspondante à la charge de deux essieu.x. Leur poids moyen est de 20 tonnes; celui du tender, U. Les macliiues à marchandises sont à si.x roues couplées, ([uelquefois à sept et même à huit. Telles sont les machines de l’ingénieur autrichien Engerth, destinées à gravir des pentes c.xceptionnelles sur le chemin de fer de Trieste. Dans les Engerth le poids même de la machine est de t|0 tonnes; celui du tender, 22.
Il y a encore un quatrième type de machines, qui portent leur tender ou magasin d’ap|)rovisionnement en eau et en charbon. Ce sont des locoiuolives-tender, machines de gare. Quehiues-unes font le service sur les chemins de fer de banlieue, de Saint-Certnain et de Versailles.
La vapeur est produite en général dans les locomotives à la pression de 5 atmosphères; elles cousnmment en moyenne de 7 à 8 kilogrammes de coke par kilomètre sur une route de niveau, sauf toutefois les Engerth, dont la consommation est è peu près double.
Quant à la puissance de la machine, elle est proportionnelle à la fois à la vitesse et à la charge qu’elle doit traîner. Ainsi une locomotive Cramplon de 200 chevaux remoniue un train de ItO tonnes avec une vitesse de 56 kilomètres à l’heure;; une locomotive à marchandises de même force remorque un train de 200 tonnes avec une vite.sse environ cinq fois plus faible.
392. Travail fourni par la machine à vapeur. — Le travail fourni par la machine à vapeur a pour origine la conversion de la chaleur en travail mécanique. Il est facile d’évaluer au moins approximativement quelle est la portion de chaleur qui subit cette Iransfonuation. Supposons, en effet, une machine arrivée à son état de régime régulier et normal, on peut exactement mesurer la quantité de vapeur qu’elle consomme pour un nombre déterminé de coups de piston. Connaissant la température et la pression de celte vapeur, les coefficients physiques déterminés par M. Kegnault
THAVAII. DE I.A MACHINE A VAPEIR.
ôOo
pennellcnl d’évaluer, avec une très-grande précision, la (juantité de clialeur qu’il a fallu employer pour porter l’eau d’alimentatiou de la chaudière à l'état de vapeur telle qu’elle se trouve dans le cor|)s de pompe. Ü’autre part, si on mesure la quantité d’eau qui arrive au condenseur ainsi que son élévation de température, on en déduira la quantité de chaleur (jue possédait la vapeur au moment où elle a été ex()ulsée du corps de i)ompe. D’après les anciennes idées sur la chaleur, ces deux quantités devraient être égales, et pendant longtemps on a admis cette égalité; mais l’expél ience prouve irrél’utahlement qu’il u’en est rien : il y a constamment, invariahlemeni, disparition d’une certaine (pianlité de chaleur. C’est j)récisément celti; ([uantité de chaleur perdue qui correspond au travail produit dans le cylindre de la machine. Ce travail peut être mesuré directement par des méthodes appropriées, et on a ainsi un moyen de calculer ce qu’on appelle réquivaicnl mécani(iue tle la chaleur.
Des e.vpériences de cette nature ont été faites avec des machines de différents systèmes, et hieu (pie les résultats obtenus ne soient pas très-concordants, on peut en déduire a.s.sez sûrement que la (piantité de chaleur convertie en travail ne dépasse pas y. Ce
nombre est véritablement tif-s-faihle, et il est curieux de reman|uer (pie, dans le moteur le plus puissant et le plus "répandu de l’industrie, les 1- du travail ([ue renferme la chah'ur produite sont perdus.
Il importe toutefois de ne i>as se méprendre sur ce (jue signitie exactement ce faible rendement économique de la machine à vapeur. En définitive, ce qui importe industriellement, c’est le prix de revient de l’unité de travail; or ce prix (*.st incontestablement moindre avec la machine à vapeur qu’avec les autres systèmes ipi’oii a essayé justpi’à présent de lui substituer. Il importe dès lors fort peu que la proportion de chaleur convertie en travail soit faible, si en réalité ce travail est économiquement obtenu. Ainsi, par e.xemple, dans les machines électro-motrices, la proportion de chaleur convertie en travail est beaucoup plus forte, et pourtant, en tenant compte du procédé employé, l’unité de tra-
MACIIINKS TIII;H.M HJL’ES.
v;iil est près de treille fois plus clu>re (pi’avec la inacliine à vapeur.
393. Machines à gaz. — Les machines à gaz reposent toutes sur le principe de la comhusiion d’un gaz combustible, qui est ordinairement le gaz de l’éclairage, par ro.vygène de l’air; celte combustion (iroduit un accroissement de pression et de volume lie ces gaz; de là un travail disponible que l’on peut recueillir suiun piston et transmettre aux outils que l’on veut faire marcher. Les machines à gaz pré.senlenl, dans les villes où se trouvent des usines de fabrication de gaz de l’éclairage, des avantages précieux :
1“ Suppression des craintes d’explosion ;
2“ Siipiiression des craintes d’incendie ;
3“ Kacililé et promptitude de la mise en mouvement des appareils , s;ins aucune perle de temps, ce i|ui n’a pas lieu avec les maebines à \ai>enr, pour lesipielles il faut attendre (|ue la chaudière soit en liression pour mettre en marche le moteur;
à" Surveillance beaucoup moindre i|u’avec les machines à vapeur.
A raison de ces avantages, et iilus particuliérement des derniers, ces machines se sont trés-n>pa mines dans la petite industrie et dans les cas où le travail doil être intermittent. Mais il faut bien remarquer (|uc ces avantages sont tout à fait suliordunnés au fait de la fabrication du gaz dans une usine distincte. Si on devait faire soi-même le gaz destiné à la machine, on retrouverait tous les inconvénienis et les dangers que peut offrir la machine à vapeur.
Les machines à gaz présentent deux modes d'action distincts. Dans les unes, l’air s’introduit avec l’hydrogène allernativeinent d’un côté et de l’autre du piston; le im''lange est enflammé, soit par une étincelle d’induction (moteur Lenoir), soit directement jiar un bec allumé et mobile (machine Hugon). Les proportions ne sont pas d’ailleui-s celles d’un vrai mélange détonant; il n’y a pas, à proprement parler, explosion, mais seulement combustion qui échaiilTe la masse gazeuse et déteimine le mouvement du piston. Ces machines ne sont à vrai dire que des machines à air chaud, dans lesquelles la combustion de l’hydrogène n’intervient ijue comme un moyen d’élever la température. Elles sont, absolument parlant, peu économi(]ues ; leur consommation s’élève, en elTel, de 2000 à
MACHINES TlIKUMIOtKS
3000 lilifs de gaz i)ur clieval et par heure, ce i[ui donne un travail 7 il 8 fois plus cher, en iiioycnne, que celui des machines à vapeur; elles consomment en outre nue très-grande (|uantilë d’eau pour le refi'oidisseinent du corps de pompe.
On obtient nu moins, quand un n'a besoin (jiie de petites forces, des résultats beaucoup plus avantageux des machines à simple elTet. Supposons ([u’au-dessous du piston on détermine l’inflammation du mélange détonant; il y aura refoulement brusque du piston, et celte partie du mouvement sera difficile à utiliser; mais après la condensation de la vapeur d'eau et le refroidissement des autres produits de la combustion, l’action de l’atmosphère devient prédominante et détermine le mouvement de retour du piston; c’est une sorte de machine almospbéri(]ne analogue à celle (II* .Newcomen.
C’est une machine de ce genre (pie représente la ligure 331 ; elle est due à .M.M. Otto et Langeu et présente une économie remarquable. D’après des expéiiences prolongées pendant longtemps sa consommation peut être évaluée, au ma.viiimm, à 1000 litres de gaz par cheval et par heure; c'est à peu [irès trois fois moins que ne dépensent les moteurs l.enoiret llngon.
Elle se compose d'un corps de pompe vertical, ouvert à sa partie supérieure, dans lequel se meut le piston; le gaz arrive à la liartie inférieure par un tube, et avec lui de l’air ((ui s’introduit par une ouverture convenable au moment de l’a.spiralion. Le mélange est enflammé par un bec allumé et placé dans une position tl.ve; mais il faut pour cela ipi’une communication s’établisse de là aux lumières que jirésente la partie inférieure du corps de pompe. C’est la fonction (lu’accoinpiit une plaque percée d’un orifice et menée par l’un des excentriques calés sur l’arbre de l'appareil. L’explosion chasse bru.s(|uemeul le piston, dont la tige, façonnée en crémaillère, agit sur une roiu^ detilée; mais celle-ci est calée sui' l’axe, <le façon à tourner comme |ioulie folle sur lui dans le mouvement ascendant du piston, tandis que ilans le mouvement inverse l’axe est entraîné avec le volant qui le termine; le mouvement ilii à l’explosion est donc éliminé et la machine n’utilise que* celui (pii provient de la pression atmosphérique. Le second excen-
MACIMNIiS A ÜAZ.
trique que l'on voit sur la ligure est (tesliiu! à soulever le pistou au-dessus de la l)ase du corps de pompe et i) ramener au point qui correspond à rinflammation du mélange. Le vase qu’on voit à droite de la figure renferme de l'eau froide que fou fait circuler autour de la partie inférieure du corps de pompe pour le refroidir; la consommation en est d’ailleurs presque insignifiante et trèsinférieure, en tout cas, ;'i celle ([iu‘ uécessileut les moteurs à gaz ordinaire.
Le gaz arrive à la macliine par trois lulies: fuu .sert à ralimenlation du bec allumé; le second correspond A l’espace dans lequel se meut la coulisse de distribution; le troisième sert à alimenter le corps de pompe lui-inème. Pour ce dernier objet, on iuter|)os(* sur le trajet une vessie eu caoulcbouc qui, au moment de l’aspiration, fournit la ([uautilé de gaz nécessaire.
Celle machine, remanpiable par sa simplicité, a loulefois l'iiiconvénient d’èire fort brujanle, par suite du refoulement brusque dil il l’e.xplosion ; l’intermittence des effets donne lieu d'ailleurs à des chocs qui doivent èti-e une cause d’usure et de fatigue pour le mécanisme.
CHAPITRR XXXIV.
T i; M P É K ATI tt i: s T K H H E S T R K S.
394. Manière d’observer la température de l’air. — La tempiM'iiliire accusé»* par un tlicruiouu';ln* i)lacé ilaus l’air dépend trèssensibleineiit de la posiliou qu’il occupe. Lorsqu’on veut observer la leiiipéralure de l’air tlans uu lieu, coinuie élément niétéorologique, il faut tâcher de se meltre à l’abri, aulaut que possible, de tout ce qui consliliie une iulluence particulière déterminée, de raçoii que l’indicatiou ait uu caractère local. Il va sans dire que le Ibei'momètre doit être plac.»! à l'ombre; de plus, il doit être e.vposé au nord, élevé au-dessus du sol d'eiiviroii 2 mètres, et éloigné de tout objet »jui pourrait dilTiiser sur lui les rayons solaires. Il peut être utile «le disposer au-dessus et au-dessous de lui deu.v plateau.v de bois, ou de le placer dans une sorte de cage à jalousies qui lai.sse circulei’ l'air tout eu |)rolégeaut riuslrumeiit contre l'action du rayonnement e\l(*rieur. Kiiliti il «*st important de ne pas se borner à l’observation d’un seul thermomètre, il convient d'en installer plusieurs à ]>eii de distance les uns des autres. Il est clair que si l’indication a pour cause uuii|iie l’état tbeiinométri«iue de l’air, les divers insli'umenis devront s’accorder; si un désacconl se produit, il ne peut «pie tenir à quelipic cause spéciale qu’il faudra s’allacber â r«‘Counaîlre.
395. Température moyenne d’un lieu. — Si l’on imagine «pie «lans le coins «l’iine journée ou fasse un tr«'*s-grand nombre «l’observatioiis lb«■rmom«dri«ple.s, «pi’on ajoute toutes les températures et «pi’on «livise par le nombre des observalious, ou auiu
TEMPÉRATl RE MOYENNE.
la leinpéralmc inoycniie du jour. Celle moyenne est d'autanl ])lus exacte ([lie le nombre des ob.servations est plus grand; pour avoir la moyenne rigoureuse, il faudrait pour ainsi dire faire une infinité d'observations à chacun des instants de la journée.
On a essayé divei’ses méthodes pour déduire ta lempéralure moyenne d’un petit nombre d’observations. On obtient, à ce ipi’il parait, un résultat assez satisfaisant en observant à fi heures et à 10 heures du soir, à !i heures et à 10 heures du matin, et prenant le (luart de la somme des teni|)ératures. Quehfues observateurs préfèrent tes trois observations de 6 heures du malin, 2 heures et 10 heures du soir. Il était as.sez naturel de penser ((ue la moyenne des températures maxima et minima de la journée doive donner la température moyenne du jour, mais l’expérience a montré qu’il n’en est rien et que l’on obtient ainsi un résultat beaucoup moins approché (pie par les méthodes préc(-dent(?s. Quoi (pi’il en soit, aujourd’hui qiie l’usage des thermométrographes est devenu tout O fait général, la température moyenne s'obtient sans dilTiculté avec autant de précision que l’on veut.
Si l’on fait la somme des tenqiéraluies moyennes de chaciue jour du mois et (pi’on divise |»ar 30, on obtient la moymue theimiellf.
La .somme des douze moyennes mensuelles divisée [lar 12 donne la moyenne annuelle.
Enfin, si l’on prend la moyenne d’un certain nombre de moyennes annuelles, on obtient ce que l’on appelle la tempi'rature moyenne du lieu. Celle température est fixée avec d’autant plus de prt'cision que le nombre des observations annuelles est plus considérable. A Paris, par exemple, le résultat d’un demi-siècle environ d’observations donne pour la température moyenne 10°,û7.
La température moyenne d’un lieu est évidemment un élément local spécifiiiue, elle contribue à caracléri.scr ce ipie dans le langage ordinaire on appelle climat, mais son influence n’est pas la seule, ni peut être la plus impoitanlc. La force et la direction des vents dominants, l’état hygrométrique de l’air, le régime et la fré<pience des pluies, contribuent pour une grande part à un ensemble d’impressions que nous attribuons fi un climat déteiminé. Il n’est
T H M l> fi K A T U n E s T E II H E S T UES.
Slî
pas iiuilili* non plus de tenir compte de ces circonstances assez peu connues au fond, mais qui font dire qu’un climat est suin ou malsaiu.
396. Lignes isothermes. — Les lignes isolhermes sont les lignes que l'on obtient en nMinissant par un trait continu les ])oinls (pii ont la même température moyenne. De Humboldt, le premier, en 1817, est parvenu, à l’aide des documents qu'il a jm recueillir, à tracer des isothermes de 5 en 5 degrés, et s’étendant sur la plus grande partie de la surface terrestre. Depuis cette époque, les observations se sont niullipliécs et le parcours de ces courbes peut être considéré comme suffisamment connu. Leur e.vamen donne lieu à (piel(|ues observations importantes. En général, elles sont assez irrégulièi-es dans leurs allures, ce qui .s’e.xplique par le nombre d’éléments divei-s qui iniluent sur la température moyenne; mais malgré cette irrégularité on peut constater qu’elles sont inclinées par rapport nu,\ parallèles géographiques et qu’elles s’approchent de l’équateur en Asie et en Amérique, ce qui indique que ces deu.v continents sont plus froids que l’Euiope. A mesure qu’on s'appiocbe du pôle boréal, les isothermes paraissent présenter deu.\ inflexions qui se rapprochent de plus en plus l'une de l’autre de manière à former une espèce de » . Cette circonstance curieuse conduit à penser qu’il exisie dans les régions boréales deux pôles de froid. L’un sérail, suivant .M, kaemtz, au nord du détroit de Harrow, en Amérique, l’autre en Sibérie, à l’est du cap Taymour. .Mais ce qu’il y a de curieux et d’important, c’est qu’ils ne coïncident ni l’un ni l’autre avec le pôle géographiijue, qui se trouve placé à peu près à égale distance entre les deux. Le pôle g(*ographique n’esi donc pas le poini le plus froid du globe terrestre, et il est certain que dans les diverses expéditions qui ont été faites dans les régions arctiques, on a atteint des points où la température est plus rigoureuse qu’elle ne l’est au pôle géographique. C'est une des raisons qui donnent (luelque consistance ù l’espoir, si souvent déçu toutefois, d’alleindre le pôle boréal du globe terresire.
397. Lignes isochimënes et isothôres. — La température moyenne de deux lieux pourrait être la même, bien que les températures moyennes de l’été et de Tbiver fussent très-dilférentes ; il
LUJiNliS ISÜiUEUMhS.
suffirait, par exemple, (ju’à une temi)éialure plus élevde de l'étc correspondit une lempéialure plus basse de riiivcr, pour (jue la inoyeiine ne fût pas inodiliée. tl est évident que la valeur absolue des températures hibernales et eslivales influe notablement sur le climat et qu elle a une grande influence sur les conditions d'existence et de développement des êtres organisés. C'est pour cela que les météorologistes ont eu l'idée de tracer des courbes qui passent par les différents lieux dont la moyenne estivale et hibernale est la même. Les premières se nomment lignes isolhères; les secondes, lignes isochiniènes. La considération de ces lignes a une certaine importance dans les questions de géographie zoologique ou botanique. Ainsi, par exemple, si certaines espèces animales redoutent le froid, la limite des régions qu’ils peuvent habiter devra se terminer vers le nord par une ligne isochimène. De même, les plantes annuelles, comme les céréales, qui se développent seulement dans le printemps et l'été, sont subordonnées, non pas à la température de l’hiver, ni même à la température moyenne, mais bien à la température de l’été'. Aussi, si on considère leui's limites vers le nord , on les trouve sensiblement situées sur une ligne isothère.
398. Extrêmes de températures. — Indépendamment de la valeur moyenne, il est évident que les températures extrêmes que l’on peut observer en différenls lieux ont une influence considérable sur le climat. Il est à remarquer que l’organisation de l’homme le rend plus propre que tout autre animal à supporter des températures très-diverees. Suivant M. Kaemtz, une température de — 56“ aurait été supportée par Back au fort Heliance, tandis que Darkoot aurait éprouvé en Égypte une température de + lil", ce ([ui fait une dilTérence de 104°, supérieure, par conséquent, à celle qui existe entre la glace fondante et l’eau houillante. L’homme parait donc seul capable de vivre sous toutes les latitudes; il n’en est pas moins constant toutefois que les climats tempérés sont les plus
I . Omis la construction des isotluVres et des isochiniènes, on cunsidèru comino température hibernale celle de l'automne cl de l’hiver, et conimo température estivale celle du printemps et de l'été.
PHYS. UESCIIANEI.. 33
su TEMl-ÉUATURES TERHESTUES.
favorables au plein développemenl de ses facultés physiques et intellectuelles.
399. Climats marins et climats continentaux. — Sous le rapport des e.vtrénies de tcuipéraiure, aussi bien que des moyennes hibernales et estivales, il existe de très-grandes dilTcrences dans les divers pays. Dans les contrées voisines des grandes masses d’eau, les variations de température se trouvent notablement restreintes : les étés y sont moins chauds et les hivers moins froids; ce fait est marqué surtout dans les lies de peu d’étendue, et se vérifie néanmoins sur toutes les côtes. On désigne sous le nom de climats 7narins ceux dans lesquels se trouve une petite dilférence entre les moyennes de l'été et de l'hiver. Les climats continentaax correspondent à des différences plus prononcées, qui tiennent à l’absence des grandes masses d’eau. Ainsi, par exemple, en Angleterre, le thermomètre ne descend qu’exceptionnellenient à 10“ au-dessous de 0; à la même latitude, dans l’Amérique russe, le mercure reste congelé en hiver pendant plusieures semaines.
Voici quelques exemples de ces deux sortes de climats.