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CAUSE DES VENTS

peut ainsi, en faisant marcher l’instrument pendant un temps déterminé, savoir le nombre do tours du moulinet accomplis pendant ce temps. La vitesse du vent se déduit de ce nombre de tours à l’aide de fables spéciales que l’on construit (iirectement et qui représentent la ptradnation de l’anémométre.

Les vents reçoivent suivant leur vitesse des désignations spéciales. Quand celle vitesse est inférieure 10 métrés par seconde, on les appelle pt>tile hriae, jolie brise ; la brise fraîche correspond 0 une vitesse de 10 mètres, le grand frais h une vitesse de 20 mètres. Au-dessus, le vent devient dangereux en mer. La vitesse du vent peut atteindre 60 ou .50 mètres par .seconde; il est alors capable de renverser les édifices, de déraciner les arbres et constitue un ouragan on une tempête.

404. Causes des vents. — Il est à peu près impossible de donner une théorie générale des mouvements de l’atmosphère ; et quant aux influences locales qui modifient la direction ou l’intensité des vents, elles sont si diverses que leur étude est fort compliquée et ne peut trouver sa place que dans un traité spécial. Nous nous bornerons ici à indiquer une circonstance physique fondamentale, qui permet de .se rendre compte, au moins approximativement, de l’origine des vents que l’on nomme réguliers. Celte circonstance se n'sume clairement dans l’expérience suivante, due à Franklin : On ouvre en hiver une porte de communication entre une chambre chaude et une chambre froide et on place deux bougies allumées, l’une en haut et l’autre en bas de la porte. On constate que la flamme de la bougie inférieure s’incline vers la chambre chaude, tandis que la bougie supérieure s’incline en sens inveree. En généralisant les conclusions de cette expérience on peut dire que : Quand deux régions voisines sont inégalement chauffées, U s'établit à la partie supérieure un vent allant de la région chaude à la région froide et un vent inverse à la surface du sol.

Nous allons appliquer cette proposition fort simple A l’explication des brises, des alizés et des moussons.

405. Brises. — Sur les côtes, quand le temps est calme, on observe, à partir de neuf on dix heures du malin, un vent venant de

TIÎMPÉHATURES TEItRESTRES.

la inor, dont la force s’accroît jiis<|iio vers les deux ou trois heures. A partirde ce inoinenl, il s’affaiblit, et cesse un peu avant le coucher du soleil, pour faire place quelques heures après à un vent de terre qui souffle à peu près jusqu’au lever du soleil. Ces vents, que l’on nomme la brise de terre et la brise de mer, se produisent avec une très-grande régularité ; mais ils peuvent souvent être masqués par l’exLstence d’autres vents soufflant en même temps qu’eux. L’origine de ces brises est très-simple: pendant le jour la terre s'échauffe plus que la mer, à raison du grand calorique spécifique de l’eau ; il doit donc se produire h la surface du sol un vent dirigé vers la région chaude, c’est-à-dire vers la terre. Pendant la nuit, la terre et la mer se refroidissent, mais la première plus que la seconde; lèvent de la surface du sol doit donc être dirigé vere la région chaude, c’est-à-dire vers la mer,

406. Vents alizés. — Les vents alizés sont des vents qu’on observe plus particulièrement dans l’Atlantique et qui dans notre hémisphère soufflent du nord est au sud-ouest; dans l’hémisphère austral ils soufflent du sud-est au nord-ouest. Les alizés se produisent avec une régularité absolue; les marins peuvent compter sur eux aussi silrement que sur le lever du soleil; ils ne s’étendent d’ailleurs que fort peu au delà de la région intertropicale, et ce n’est qu’accidentellement qu’on peut les ressentir jusque vers le trentième degré de latitude. Les alizés frappèrent de terreur les compagnons de Christophe Colomb, qui se voyaient ainsi fermer pour ainsi dire le retour vers leur patrie.

Voici l’explication que l’expérience de Franklin peut suggérer au sujet des alizés; elle est à peu près conforme du reste à celle qui a été donnée primitivement par Halley. La région équatoriale étant plus fortement échauffée par le soleil que les autres parties de la terre, il se produit sur elle une dilatation et par suite un mouvement ascendant de l’air. Par suite de cette aspiration l’air afflue de l’un et l’autre hémi.sphère vers ré(|uateur. Si la terre était immobile, il en résulterait un vent du nord dans riiémisphère boréal, et un vent du sud dans riiémisphère ausiial; mais la terre tourne, et avec une vitesse qui va évidemment en diminuant à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur. Supposons, d'après cela, une masse d'air

vi;nts alizP.s. sm

transport('fi tout à coup h une plus pplite dislancc de l'équateur; sa vitesse étant moindre que celle de la région où on l’amène, elle constituera comme une sorte d'obstacle en repos relatif par rapport à la terre, et comme celle-ci tourne de l’ouest â l'est, elle produira l’elTet d’un vent d’est. Or, si on suppose que la masse d’air, au lieu d’ètre transportée fout à coup vers l’équateur, y arrive graduellement, la direction du vent produit par elle sera intermédiaire entre l’est et le nord, c’est-fi-dire qu’il aura la direction du nord-est. Le même raisonnement montre que dans l'Iiémisplière austral l’ali/.é soufflera du sud-est.

Vers l’équateur se trouve la rencontre des deux alizés : c’est la région dite des calmes, expression qui signifie seulement qu’il n’y a pas de vent de direction régulière, et non point qu’il n’y a pas de vent, car c’est ordinairement dans ces parages que s’engendrent le plus aisément des bourrasques ou des tempèles plus ou moins violentes.

A l’alizé inférieur correspond le conlralizé supérieur, résultant de l’écoulement de l’air échaulTé vers les pèles. Ce contralizé s’abaisse graduellement vers la terre et l’atteint vers le quarantième ou le cinquantième degré de latitude; il constitue un vent du sud-ouest qui est en effet le vent dominant dans le nord de f Europe.

Ces mouvements de l’atmospbère ont une grande influence sur les mouvements de la mer. C’est ainsi, par exemple, qu’avant de pénétrer dans le golfe du Mexique où il prend plus particulièrement le nom de gulf-strcam, ce célèbi-e courant se dirige vers l’équateur <1 peu près parallèlement au grand courant atmosphérique correspondant.

407. Moussons. — Les moussons sont des vents qui régnent surtout dans la mer des Indes, et qui .sont subordonnés au mouvement du soleil. Pendant l’été , le soleil étant au-des.sus de l’équateur, les plateaux du Thibet et de l’Ilimalaya s’échauffent considérablement, tandis qu’il se produit un refroidi.ssement du côté de la Nouvelle-Hollande et de l’Afrique méridionale : il en résulte des brises diverees dont la résultante est un vent du sud-ouest qui règne en effet d’avril à octobre. Dans l’autre moitié de l’année souffle l’alizé du nord-est, qui porte le nom de mousson du nord-est.

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