ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE. M
lion sera plus niarquéo, puisqu’elle ne sera coinlKittue par aucune force répulsive.
Si le pendule électrique était préalaldcnient électrisé, il y aurait attraction ou répulsion, suivant la nature de l’électrisation; mais dans tous les cas, et indépendamment de cette action, il se produit toujouis une décomposition par innuence, qui a imur nV siiltat constant une attraction. Il suit de là que lorsipie le corps agissant est fortement électrisé, et qu’on l’approche brusquement à une petite distance, il y aura toujours attraction. C’est une observation qu’il Importe d’avoir présente à l’esprit quand on veut étudier la nature de l’électricité d’un corps en se servant du pendule électrique ou des électroscopes; il convient d’approcher le corps électrisé de loin et graduellement, de manière à saisir le sens du premier mouvement produit.
4i4. Étincelle. — C’est encore un phénomène d’iniluence qui a lieu en réalité lors de l’électrisation d’un corps conducteur et isolé par son contact avec nn corps déjà électrisé. En effet, quand les corps s’approchent l’un de l’autre, il y a décomposition du fluide neutre dans celui des deu.t qui est à l’état naturel; au moment du contact, le fluide attiré se combine avec une portion correspondante de celui que renferine le corps électrisé, la neutralise, et les choses se passent par conséquent comme s’il y avait eu passage de l’électricité d’un des corps sur l’autre.
Oi'dinairement, avant que le contact ait lieu, il se produit une étincelle entre les deux corps, et l’on reconnaît d’ailleui's que le partage de l’électricité est le résultat même de celte étincelle, comme il le serait du conUict. De cette observation il résulte que l’étincelle n’est autre chose que la combinaison à travers l’air des deux fluides de nom contraire, dont l’attraction mutuelle a surmonté la résistance qui s’opposait à leur réunion.
L’étincelle électri(iue est sans contredit le phénomène le plus curlen.t que présentent les corps électrisés ; elle excita chez les première savants qui l’observèrent (Grey, Dufay) une admiration pres(|ue mêlée d’effroi; aujourd’hui encore, près d’un siècle après l’invention de la machine électrique, on ne se lasse pas de suivre avec une vive curiosité les diverses expériences que l'on peut faire
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avec CCI appareil. Nous décrirons les divci’ses machines électriques dans l’un des chapitres suivants, et nous ferons connaître à cette occasion les propriétés caractéristiques de l’étincelle.
415. Ëlectroscopes. — Les électroscopes sont des appareils destinés à constater la presence de l’électricité et à en déterminer l’espèce. Le pendule électrique isolé constitue un véritable électroscope. Si, en effet, on approche un corps de la petite houle et fpi’il y ait attraction, c'est que le corps est électrisé. Pour savoir de quelle manière, on laisse venir la petite boule au contact, elle est alors repoussée ; pendant que cette répulsion a lieu, on approche un tube de verre électrisé : s’il y a attraction, c’est que la boule est électrisée négativement; il en est par conséquent de même du corps. Ce serait le contraire s’il y avait répulsion. La petite houle du pendule électrique étant i)lacée dans l’air, la déperdition est souvent assez rapide, et l’expérience que nous venons de décrire devient fort incertaine; les électroscopes proprement dits sont d’un emploi plus sûr.
L'électroscope û feuilles d’or, «jue nous prendrons pour exemple, se compose d’une cloche de ^ (flo- ^3®) t’eposaut sur un pla-
teau métallique. A sa partie supérieure .se trouve une ouverture que traverse une lige métallique, terminée en boule à l'extérieur et supportant ù l’intérieur deux petites lames d’or. La tige métallique est parfaitement isolée à l’aide d’un tube de veire et de cire à cacheter, qui la .séparent des parois de l’ouverture; souvent même, la portion supérieure de la cloche est enduite d’un vernis isolant. On pourrait substituer aux deux feuilles d’or deux pailles ou deux fils de lin supportant chacun une petite boule en moelle de sureau ; on aurait ainsi l'électroscope à pailles, Véleciroscope (I balles de sureau, qui ne diffèrent pas véritablement de celui qui vient d’être décrit.
Fig. 339. — ÉIcctro.scopu & feuilles d'or.
ÉLECTROSCOPE A FEUILLES D OU. 333
Pour reconnaitro si un corps est électrisé, on l’approclic de la Jmule de l’élcctroscope; le fluide naturel de la tige est décomposé, le fluide de nom contraire à celui du corps est attiré sur la houle , celui de même nom est repoussé dans les pailles et les fait diverger. Quant à la nature de rélectricité du corps, on la reconnaît aisément de la manière suivante : Pendant (jue les pailles divergent, sous l’influence du corps, on louche la houle avec le doigt, l’électricité repoussée disparait dans le sol, et l’électroscope ne retient plus (jue l’électricité de nom conliaire à celle du corps; on enlève ce dernier cl l’électricité attirée, se répandant dans les pailles, les fait diverger. Qu’on a|)proche alors graduellement un corps électrisé d’une manière connue, par e.vemple un tube de verre, si la divergence augmente, c’est (pie les pailles sont élcctrisé(,'s positivement, par suite (pie le corps l’est négativement; si au contraire la divergence diminue, c’est (lue l’électricité des pailles est négative, et par conséiiuent celle du corps est positive.
L'électroscope à feuilles d’or étant d’une grande sensibilité, on doit approcher les corps électrisés graduellement et avec précaution, afin d'éviter la cause d’erreur signalée au paragraphe 412; on prévient ainsi d’ailleurs les mouvements hrus([ues des feuilles qui pourraient en amener la rupture. Il pourrait arriver aussi que les feuilles trop écartées vinssent s’appliquer sur les parois de la cloche, d’où ou ne pourrait les détacher (pi’en s’exposant à les déchirer; pour éviter cet inconvénient, on a placé deu.x petites colonnes métalliques, communiquant avec le .sol; si les feuilhîs s’écartent un peu trop, elles viennent toucher les colonnes et retombent à l’état naturel.