CHAPITRE XXXVm
M.VCIIINES ÉLECTRIQUES.
426. Machines électriques. — La premiL-rc machine électrique est due à Otto de Guericke, auquel, ainsi que nous l’avons dit (129), la science doit aussi la découverte de la machine pneumatique. La machine d'Otto de Guericke se composait d’un globe de soufre, Iravei’sé par un a.ve auquel une personne imprimait un mouvement de rotation, tandis qu’une autre appuyait les mains sur la sphère et produisait ainsi le frottement nécessaire au développement de l’électricité. Par suite de la friction le soufre s’électrisait négativement et l’électricité positive s’écoulait dans le sol par la main de l’observateur. Les effets produits par cette machine étaient peu intenses, les étincelles notamment avaient peu d’éclat et elles n’étaient vraiment visibles qu’autant qu’on opérait dans l’obscurité, l u physicien anglais, à peu près contemporain d’Otto de Guericke, Haukshec, eut l’idée de remplacer le globe de soufre par un globe de verre -, l’électricité obtenue ainsi était positive, et les effets lumineu.x présentaient avec la machine modiliée une remarquable intensité. Toutefois cet appareil fut oublié ou abandonné pendant longtemps, et c’est seulement vci-s le milieu du xviiu siècle, au temps de l’abbé Nollet, qu’un e.vpérimentateur allemand, Boze, professeur de physique <'i Wittemberg, fit revivre en la perfectionnant la machine d'ifauksbee, qui fut généralement adoptée.
La figure 3/(9, empruntée au.v Leçons de physique de l’abbé .Nollet, publiées en 1767, montre la disposition de la machine adoptée par ce célèbre professeur. Elle se compose d’une roue de
Fig. 3(0. — Machine électrique d'Uauksbce.
MACHINES ÉLECTKiyCKS.
dimensions considérables, dont la rotation se transmet par le moyen d’nne corde sans fin et d’une poulie à un globe de verre. L’électricité développée sur le globe est recueillie par un conducteur suspendu au plafond à l’aide de cordons de soie.
On voit dans celle figure que le frottement est produit par la main d’une personne; on fit beaucoup d’essais pour remplacer ce procédé, évidemment défectueux et primitif, par l’emploi de frottoirs en cuir rembourrés avec du crin, qu’au moyen de vis on approcbaitplus ou moins du globe de verre. Mais la forme de ce dernier rendait la construction des frottoirs fort difficile, et beaucoup de ])bysiciens revinrent à l’ancien mode. Ce ne fut que lorsqu’on substitua des cylindres aux globes que l’usage des frottoire devint général.
427. Machine de Ramsden. — Aujourd’bui on se sert assez généralement des maebines à plateaux imaginées, vers 1768, par le célèbre artiste Ramsden, et qui n’ont subi depuis cette époque que des modifications insignifiantes.
La figure 350 représente le modèle le pins répandu dans les cabinets de physique. Il se compose d’.un plateau en verre de forme circulaire, qu’on peut faire tourner entre quatre coussins. Deux de ces coussins sont à la partie supérieure et les deux autres à la partie inférieure de deux montants en bois parallèles (|ui supportent l’axe du plateau. En face du plateau sont disposés des conducteurs métalliques soutenus par des pieds de verre et se terminant par deux branches recourbées qui embrassent le plateau aux deux extrémités d’un diamètre horizonlal ; l'intérieur de ces branches est garni de pointes. Le plateau, par son frottement contre les coussins, se charge d’électricité positive; celte électricité agissant par influence sur l’électricité des conducteurs la décompose en électricité positive qui demeure sur leur surface cl en électricité négative qui, s’écoulant par les pointes, va remettre le plateau à l’état naturel. Mais celui-ci s’électrise de nouveau entre les deux autres coussins et ainsi de suite, de sorte que si i’on continue à tourner le plateau, les conducteurs restent constamment chargés d’électricité positive. Si l’on cesse de tourner, l’électricité positive elle-même s’écoule par les pointes, se dissipe dans l'air cl ne larde pas à disparaître plus ou moins rapidement, suivant l’état d’bii-