‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 221 sur 385 · MKSCRK DES FORCES ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

MKSCRK DES FORCES ÉLECTRIQUES

soit comme l’exlrémilé d’une série de sphères dont les rayons vont en diminuant; dans les deux cas, on voit que la charge électrique y est Irès-considérahle. 11 est doue naturel de penser que la résistance de l’air sera vaincue en général, et que l'électricité .s’écoulera ; c’est en cela que consiste le pouvoir des pointes. On remarque, en effet, que toutes les fois qu’un conducteur isolé présente des pointes, il conserve l'électricité pendant très-peu de temps; aussi peut-on remarquer que tous les appareils électriques se terminent par des boules ou des parties arrondies.

425. Déperdition de l'électricité. — Loi-squ’un corps conducteur isolé cl électrisé est abandonné à lui-môme, l’électricité se dissipe peu à peu, et, au bout d’un temps variable, suivant les cas. il ne consene plus aucune trace d’électrisation.

Les causes de celle déperdition sont assez complexes : il y a d’abord la propagation par les supports, qui ne sont jamais isolants et qui peuvent d’ailleui-s se recouvrir d’une couche d’humidité plus ou moins grande provenant de l’air. L’écoulement peut aussi se faire dans l’air considéré comme corps isolant; en outre, les molécules d’air, qui viennent successivement au contact du corps électrisé, partagent son électricité et sont repoussées par lui eu emportant une portion de la charge. En fait, c’est surtout à riiumidité de l’air qu'il faut attribuer la déperdition ; loi’sque cette humidité est uii peu considérable, les expériences d’électricité deviennent littéralement impossibles. Au contraire, dans une cloche renfermant de l’air complètement desséché, un corps peut rester électrisé pendant un temps très-considérable.

11 résulte des recherches de Coulomb sur ce point, que le pouvoir isolant des corps mauvais conducteurs augmente beaucoup quand la section de ces corps diminue, de telle sorte qu’on peut arriver à les choisir assez minces pour que l’isolement .soit complet, ou que, du moins, il ne .se produise pas par le support une perle plus grande que par l’air. Quant à la déperdition par l’air, elle dépend de causes trop nombreuses pour qu'il soit possible, dans l'état actuel de la science du moins, de formuler une loi précise A ce sujet. Coulomb, en observant dans des circonstances spéciales le décroissement de la force répulsive des deux boules de sa

DÉPERDITION DE L É LECTRICIT É. W7

iKilancc, avait remarqué que la valeur de ce décroissement était à chaque instant proportionnelle à la force répulsive elle-même. Celte loi, tout à fait analogue à la loi du refroidissement de Newton, ne se vérifie pas d’une manière générale, et surtout quand tes boutes sont un peu voisines l’une de l’autre.

La force élastique de l’air ambiant joue un rôle important dans ta déperdition. Suivant qu’elle augmente ou qu’elle diminue, la charge que peut conserver un corps conducteur augmente ou diminue elle-même d’une manière proportionnelle; ainsi, dans le vide, aucune charge n’est possible et toute trace d’électricité disparaît. D’autre part, celte charge, compatible avec l’état de densité de l’air ambiant, se dissipe d’autant plus lentement que la force élastique est plus faible.

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