ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
470. Analogies de la foudre et de l’étincelle électrique. — L'analogie qui existe entre les effets de la foudre et ceux de l’étincelle électrique a depuis longtemps frappé les esprits. La foudre, en effet, brise, déchire les corps mauvais conducteurs, elle enflamme ceux qui sont combustibles; elle échauffe, rougit, fond et volatilise les métaux; elle frappe d'une façon plus ou moins grave, souvent mortellement, les hommes ou les animaux : ce sont là les effets mêmes de l’étincelle électrique, et les différences que l’on peut observer ne dépendent que de l’intensité ’. Ajoutons que les coups de
1. Pour donner une idée de l’intensité des elTeta produits par la foudre, nous empruntons quelques faits à la célèbre notice d'Arago sur le tonnerre :
Le (>aquebot fe New- York reçut un coup de foudre le 19 avril 1827. II y avait au sommet du grand màt une baguette de fer de l'“,2 de long, de II niitliniètres de diamètre à sa base et qui sc terminait à l'extrémité opposée par une pointe très-aigué. La portion supérieure de la baguette fut fondue sur une longueur de 3 décimètres. Une cbaine de 4U mètres Axée à la base de la tige fut fondue dans toute sa longueur.
Le 12 juillet 177Ü, la foudre tomba, h Philadelphie, sur la maison de M. Joseph Moulde. Elle pénétra par une tige de cuivre de 15 centimètres (diamètre inconnu), qui surmontait le toit, ci la fondit complètement.
Dans la nuit du 14 au 15 avril 1718, un coup de tonnerre lit sauter le toit et les murailles de l’église de Gouesnou, près de Brest. Des pierres avaient été lancées dans tous les sens jusciu'à la distance de 51 mètres.
Le C août 1800, à Swinton, un coup de foudre atteignit la maison de M. CUadwick. Le mur extérieur du petit bMiment cave et citerne fut arraché de ses fondations et soulevé en masse. L’explosion le porta verticalement et .sans le renverser à quelque distance. L’une des extrémités avait marché de 9 pieds, l'autre de 4. Le mur ainsi soulevé et transporté pouvait peser environ 2G tonnes.
Dans la nuit du 20 au 27 juillet 1759, le tonnene tomba sur le théûtrc de la ville de Fcltrc. Il tua un grand nombre de personnes et blessa plus ou moins tous les autres.
Le 18 février 1770, un seul coup de foudre jeta sans connaissance tous les habitants de Keverne (Gornouailles) qui sc trouvaient réunis dans l’église pour le service divin.
KXPÉIUKNCE DE FRANKLIN.
loiHlie laissent toujoiii-s après en.v une CMleur Irès-caraclèrisliqiie, tout a fait seinl)lai)lc ;'i celle «lue l’on ressent dans le voisinage d’une machine électrique en activité et qui n’est autre chose, comme on le sait aujourd’hui, (juc l’odeur de rozone. D’aillem-s la forme de l’étincelle, sa lumière, le- bruit qui l’accompagne rappellent si bien l’éclair, que loi-siiue pour la première fois Otto de Cuericke parvint à tirer une petite étincelle, il établit un rapprochement entre ces deu.x phénomènes. Dès cette époque on fut généralement porté è supi)oser que des manifestations aussi semhlahles devaient être attribuées è une même cause et que la foudre ii’élait autre cho.se ([u’uu phénomène électrique. « Cette idée me plaît l>eaucoup, disait l’ahhé Nollet. et combien de raisons sjiéci(msps pour la soutenir! »
Toutefois ce n’était là (m'iine opinion plausible. C’est à Franklin (jue revient l’honneur d’avoir, par une expérience directe, (pii a été répétée un grand nombre de fois depuis, démontré que les nuages orageux sont chargés d’électricité. Cette expérience consiste à lancer contre un nuage orageux un cerf-volant terminé par une pointe; l’électricité agis.sant par innucnce sur le cerf-volant et sur la corde qui le relient, l’extrémité de celle-ci doit donner des signes d’électricité. C’est ce qu’après ([uelques essais infructueux Franklin observa.
A peu près à l’époque où Franklin exécutait cette mémorable ^ expérience, un physicien français, de Romas, la faisait de son cOtj^
(7 juin 1753), et dans des conditions plus favorables. I.a corde, de 201) mètres de longueur, était entourée sur toute son étendi^ d’un fil de cuivre. L’extrémité inférieure était isolée du sol par un cordonnet de soie; elle portait un cylindre en fer-blanc communiquant avec le fil de cuivre et qui devait servir à tirer des étincelles en cas d’électrisation. L’appareil étant lancé contre des nuages orageux, de Romas, armé d’un excitateur à manche de verre, parvint à tirer du cylindre une série d'étincelles, dont quelques-unes avaient une très-grande intensité. L’une d’elles, de 0"',30 de longueurenviron, l’atteignit lui-même, malgré l’excitateur, et lui donna une commotion qui faillit le renverser.