Happort lie M. Quel, page
INDUCTION l’AK I N CüL’HANT.
irouvcnl onroult's, parallèlement l’un à l’autre, <lenx fils-, l’un communique par ses extrémités avec le galvanomètre G; les extrémités de l’autre plongent dans les godets g et g' où viennent aussi alwulir les rliéophores de l'élément de pile P. Tant que le courant passe
Kif;. Ml. ~ Indiirtion prodiiito par la naUsaoce ou la cessation d*un courant.
dans le second (il, l aignille du galvanomètre reste immobile; mais si on vient à l’interrompre en soulevant nn des fils <iui plongent dans les godets, au moment de cette interruption il y a une déviation qui accuse rexistence d’un courant dont le sens est le même que celui du courant inducteur; ce courant est pour ainsi dire instantané et l’aiguille ne tarde pas à revenir à sa position initiale. Si alors on rétablit le courant, il y a une déviation inverse, c’est-àdire production d’nn courant d’un sens contraire à celui du courant inducteur. Ce courant est instantané comme l’autre, et, au bout de quelques oscillations, faiguille revient au zéro. On peut donc énoncer la proposition suivante : Quand un courant commence, il induit dans tm fd voisin im courant de même sens ou direct; quand un courant finit, il induit dans un fd voisin un courant de sens contraire ou inverse.
610. Induction produite par la variation d'intensité d'un courant. — Servons-nous du même appareil ; supposons le courant passant par l’un des fils et réunissons les godets par le fil conducteur d(fig. 5à2): il se produit une dérivation (5/i7) et l’intensité du courant dans la bobine se trouve naturellement diminuée. Supposons l’aiguille du galvanomètre au zéro et soulevons l'une des extrémités du fil de dérivation, le courant de la bobine s’accroît tout à coup et l’aiguille du galvanomètre accuse dans le fil induit la
INDIV.TION.
|ii'i)<lii('lioii (l’mi rmiriiiil ituprsc. Mlfiiilnns quf“ l'iiifiuillosoil ifveniie nu /.(-ri) ot i'(Hnlili><sims In <ir'ri\nliuii. il sp produit dnns lo fil induit un courant ilircct; donc lor.n/u'iin courant augmente d'iiUcnsitè, il
l'ii;. 552. — Indiirlioii prndiiiti- p.ir lu varinlinn (l'iiitensiU'.
iiuluittlanx un fil voisin un courant inverse; lorsque son intensité diminue, il induit un courant direct.
611. Induction produite par la variation de distance. — La varialion d’intensito d’un courani peut ôlro olitcnuc par la variation incnip dp In dislancp à la(|upl|p il afîil. On sc scri, par expinple.
Fi{;. ji3. " Induction pi’odnito par la variation do «listanco.
d'unp boltino erpusp (fi". 5f|3) pnlourdo d’un fil dont les pxirdmitds aboutissent à un galvanonifdre; une .seconde bobine, dont le fil est traversé par un courant, peut pénétrer dans l’ouverture centrale de la première. Loi'sque l’on fait pénétrer cette seconde bobine dans l’intérieur de la première, l’aiRuille du galvanomètre accuse la pro-
INDUCTION MAGNÉTO-ÉLECTRIOUE. 767
duclion d’un courant inverse; l’aiguille étant revenue au repos, si on relire la bobine intérieure, il se produit dans l’autre un courant direct. Ces courants diiïèrent des précédents en ce qu’ils ne sont pas instantanés, ils durent pendant tout le temps que se produit la variation de distance des bobines. On peut donc énoncer cette proposition : Lorsqu’un conducteur traverse par un courant s'approche d’un conducteur voisin, il y induit un courant inverse; lorsque au contraire il s'en éloigne, il y induit un courant direct.
612. Induction magnéto-électriqne. — Les aimants, n’étant autre chose qu’un système particulier de courants, doivent donner lieu ci des phénomènes d’induction analogues au.x précédents; la vérification de cette prévision constitue une confirmation nouvelle de In théorie d’Ampère. On peut faire l’e.vpérience de la manière suivante : On se sert d’une bobine creuse (flg. 5/ii) dont le ûl est mis en rapport par ses e.vtrémités f et r avec un galvanomètre. On dispose en face de l'ouverture de la bobine le pôle boréal de faimant AB. ’fant que faimaiit conserve la même position par rapport ci la bobine, faiguille du galvanomètre reste au 0; mais si on vient à l’introduire dans son intérieur, faiguille se meut et accuse la produclion dans la bobine d’un courant inverse de celui qui constitue l’aimant; ce courant persiste pendant toute la durée du mouvement de l'aimant. Loraque l’aimant s'arrête, faiguille revient au repos; si alors ou relire faimant, la bobine devient le siège d’un courant direct.
On peut faire fe.xpérience d’une autre manière et le résultat est même beaucoup plus marqué. On place dans l’intérieur de la bobine (fig. 5t|5) un cylindre de fer dou.x et on approche ou on éloigne de lui un aimant. Sous f induence de ce dernier le fer dou.\ devient un aimant dont l’intensité est croissante quand raimant s’approche et décroissante quand il s’éloigne. Dans le premier cas il se produit dans la bohine un courant inverse et dans le second cas un courant direct. Donc toutes les fois qu’un aimant se fom\e ou prend un
‘iÿ. 5li. — Induction magnüto-rlrc trique.
INDUCTION
accroissement d'intensité dans le voisinage d’un conducteur, il induit dans ce conducteur un courant inverse; il y a au contraire induction
Fig. 5(5. — induction par raimantation du fer doux.
d’un courant direct quand l'aimant disparaît ou que son intensité diminue.
613. Loi de Lenz. — Le sens des courants d’induction obtenus dans les circonstances prdcddenles peut s’exprimer d’une manière générale è l’aide de la loi suivante énoncée pour la première fois par M. Lenz, physicien russe : Lorsqu’un courant est induit par le mouvement relatif d'un conducteur et d'un courant ou d'un aimant, l’action inductrice tend à développer dans chaque élément du conducteur un courant dirigé de telle façon que son action électro-dynamique sur le courant ou sur l'aimant inducteur tend h produire un mouvenjent contraire au mouvement réel.
Ainsi, par exemple, quand un fil conducteur traversé par un courant s’approche d’un autre fil, il y induit un courant inverse. Or l’action de ce courant serait de repousser le premier, c’est-à-diie de produire un mouvement contraire à celui qui a elTectivcmenl lieu.
614. Induction par l’action de la terre. — La terre pouvant être considérée comme un aimant, on conçoit que son action inductrice puisse déterminer un courant dans un circuit conducteur. La loi de Lenz permet de comprendre la disposition à l’aide de laciuclle on a obtenu ce résultat. Nous avons vu en elTet (562) (ju’un
MACm.NK DK UNAKI ET PAI.MIERI.
condiioipur rprl.niif;iilairc, moliile aiiloiir d’un axe liorizoïilal porpondiculaiie au im*ridien iiia"uélique, se met eu ntouvemeni sous l'aeliou de la terre et se |)lace dans un plan perpendiculaire à l’aiguille d'inclinaison. Si donc nous iinprinions un mouveinenl artificiel de rotaliou au conducteur à l’dtal naturel, il se produira dans son intérieur un courant iuveise de celui auipiel la terre coinniuniquerait le mouvement considéré. Il est clair que si on fait faire au rectangle une révolution complète, à- partir de la position corresiiondante à l’ispiililire, il se produira un courant dont' le sens cliangera de la jiremière demi-revolnlion à la seconde. Si ilonc on imprime an système un mouvement de rotation continu, il en résuttna une s(-rie de courants successifs changeant de sens à chaque demi-révolution, mais ipi’on pourra redre.sser à l’aide d’un commutateur et apiiliipier à la production de dilTérents ell'ets. C’est là le principe d’une machine fort curieuse construite peu d’années après la découverte de l'induction par iMM. Linari et Palmieri, et dans Impielle, sans aimant, .sans pile et par le mouvement seul d'un comlucteur, on obtient un courant capable de produire Ions les elîels des courants ordinaires.
615. Induction d’un courant sur lui-même. — Extra-courant. — Lor,sipie l’on interrompt le circuit traversé par un courant, celui-ci ne ce.sse pas dans tous les i)oints à la fois-, il doit donc se produire une action inductrice de chaque élément à l’élément voisin dont le résultat est la pioduclion d’un courant induit de même sens <pie le courant donné; c’est h* courant induit sur lui-même. L’e.xistence de ce courant e.\i»lique des i)hénomènes bien connus. Ainsi, quand on approche l’un de l'autre les deux rhéophores de la pile, on n’observe pas d’étincelle, à cause de la faible tension des électricités i)olaires; mais si après avoir réuni les rhéophores on les sépare, on observe une étincelle plus ou moins vive, toujoui’s appréciable; c’est par elle (jifon s’assure ordinairement que le courant passe dans un circuit. Cette étincelle peut devenir très- brillante lors<iue, le circuit ayant une grande longueur, on en enroule une portion en hélice et surtout ipiand on introduit dans celle hélice ntl noyau de fer doux. Il est évident, en elTel, ipie la réaction des diverses parties du fd les unes sur les autres doit se faire dans ce
l•HVS. DKSCIIANEL. 49
INDUCTION
Cils (rnnc innnifM’c plus cfiicnco; cl qiianl au fer doux, son aimantation cossanl on iniMiie temps que le courant, il en résulte une action inductrice dont l'efTet s’ajoute l’induction même du fil.
On peut d’ailleurs d('•monlrer directement l’existence de ce courant jinr l’expérience suivante : on introduit dans le circuit de
Fig. — Induction ü'nn courant sur
In pile (fig. 5I.G) un fil de dérivation asb que fou fait passer sur un galvanomèlro; l’aiguille est déviée, mais on la ramène au 0 au moyen d’un obstacle placé du côté on elle dévie et qui permet son mouvement dans le sens opposé. Si alors on interrompt le circuit en m ou (I, on voit l’aiguille dévier un instant en sens contraiie. Au moment de la rupture du circuit, il se produit donc dans le fil de dérivation un courant contraire à celui qui le Iravei-sail précédemment; mais évidemment ce sens inverse dans le fil dérivé correspond à un sens direct dans l’autre portion arh du circuit. Il est donc démoniré qu’au moment même de la rupture d’un circuit, il se superpose au courant i[ui le tixiveree un courant instantané et de même sens. On pourrait démontrer par une expérience analogue qu’au moment où le courant s’établit il y a induction d’un courant inveree.
Itemarquons toutefois que, pour ([ue l’expérience réussisse avec fappareil qu’indique la figure, il faut introduire dans la portion (ii-b du circuit une bobine renfermant un fil long, sans cela on n'observerait rien; on poiiri-ait même constater, en modifiant un peu fexpérience. un cITet contiaire qui serait dû à la Iwbine formant le circuit galvanoméiriqiic.
Le courant induit dans le fil dérivé a roçu le nom d’exlra-cou-
E.VTRA-COURANT.
rant. Quoique d’une durée tiès-faible, il est susccplible de produire des elTels pltysiologi(iues extrêmement manpiés.
Si on suppose que la dérivation soit établie par le corps d’un observateur qui tiendrait à la main deux poignées métalliques en communication avec le circuit, à chaque interruption du courant l’oliservateiir éprouvera une forte commotion, et si ces interruptions se succèdent avec une certaine rapidité, la série des commotions pourra étie extrêmement pénible à supporter. Tous les appareils employés dans le Irailement électrique des maladies (électrotbérapie) einpnmlenl, en réalité, leui’s effets à l’extracouraïUquise produit au moment de l'interruption ou du changement de sens des courants induits.
616. Bobine d’induction de M. Ruhmkorff. — Le caractère propre des courants d’induction parait être une tension polaire (lu’on n’observe jamais dans la pile'. Il y a comme une sorte d’association fort intéressante et fort curieuse de l’état statique et de l’état dynamique de l’électricité. Cette particularité avait été clairement aperçue dès 18;i'2 par .Masson, qui, dans un tiavail fait en collaboration avec .M. lîréguet, réussit avec les bouts d’un long lil induit à charger des condensateurs; on put même dans certains cas constater de. petites étincelles de tension. Mais ces effets .se prodiiis«'nt avec une intensité des plus maïquées dans la bobine d’induction à laquelle M. Itluimkorffa attaché .son nom.
L'appareil se compose (ûg. 5!|7) d’une bobine dont la partie centrale est formée par un faisceau de gros lils de fei' bien dressés et reliés à leuisi extrémités par deux disques de fer doux. Autour de ce noyau s’enroule un fil de cuivre de 2 millimètres de diamètre environ, c’est le 01 inducteur; les extrémités aboutissent en /’el f. Le 01 induit, d’un diamètre beaucoup plus petit millimètre^, a une longueur beaucoup plus considérable. Dans les grands modèles le 01 inducteur a 80 mètres de longueur, le fil induit peut avoir jusqu’O 150 kilomètres. Les diverses spires de ces deux fils
t. Dans UH travail récent sur les machines (l’imluction, M. Jamin a montré que la chaleur que ces maciiincs régénèrent datis le circuit extérieur s'accorde parraitement avec la loi de Joule, sous la condition que l'on mette dans les formules, à la place de la résistance, un nombre plus grand que celui qui représente la résistance réelle.
INDUCTION
sont soigiieuseincnl isolées les unes des autres. Les deu.v e.\tréinités du fil induit aboutissent en .\ et B à deu.x petites bornes métalliques supportées par des colonnes de verre. Si l’on imagine d'après cette disposition qu’on fasse arriver une série de courants interrompus
Fig. 547. — Bobine de RuhnikorlT.
dans le lil inducteur, il .se produira une série correspondante de courants alternativement direcls et inverses dans le fil induit. Ces interruptions se produisent automatiquement de diverses manières, suivant les modèles : ainsi dans les petites bobines on se sert d’un tremblenr analogue à celui de la sonnerie des télégraphes; mais dans les boliines de plus grandes dimensions on préfère employer rinlerrupleiirde M. Foucault; c’est celui que représente notre figure.
Les rbéoiiliores de la pile se li.vent en b et b'. Le courant entrant par b, par e.xemple, pa.sse au .bouton commutateur C et de l;i à l’e.vtrémité f par une’ languette de métal incrustée dans la table. Après avoir parcouru le fil inducteur il sort par f, d’où il pas.se à une colonne métallique portant supérieurement un ressort auquel est fixé le levier transversal L. L’une des e.xtrémités du levier se termine par une pointe qui aflleui'e sur le mercure du va.se .M, et le fond métallique de ce dernier est en communication avec b'. Knfin l’autre branche du levier L porte une petite masse de fer doux située au-dessus et à une petite distance du faisceau de fer doux de l’appareil.
BOBINE DE RUCMKOREK.
Le courant venant à passer, le faisceau central s'aiinanle et la niasse de fer doux est altirée, ce qui donne lieu à un mouvement du levier vers la gauche; mais alors la pointe sort du mercure, le circuit est rompu et le courant cesse; l’élasticité du ressort ramène la masse de fer doux et la pointe vient plonger dans le mercure; le courant passe de nouveau, el ainsi de suite. Ordinairement on verse au-dessus du mercure une légère couche d’alcool absolu dont la conductibilité est à peu près nulle, ce qui rend la fermeture el les interruptions presque instantanées.
Le commutateur G, employé d’ailleurs dans divers appareils électriques, sert à lancer le courant à volonté dans un sens ou dans un autre ou à l’interrompre. Voici comment ces fonctions sont accomplies.
C’est un cylindre de matière isolante (ûg. 548) tournant sur deux supports également isolants à l’aide de deux tourillons métalliques. L’un des tourillons est en communication continue par le moyeu de la vis g avec la lame de cuivre G placée sur la surface du cylindre. Un lame de cuivre pareille et opposée G' communiciue d’une manfère permanente avec le second tourillon par la vis g'. Ces deux plaques G et G' laissent entre elles h découvert une certaine portion de la surface isolante du cylindre. Le courant amené par les bornes A et A' peut, à l’aide des ressorts f et f, passer sur les plaques de cuivre, de là aux tourillons et enfin aux extrémités I) et D' du circuit qu’on veut lui faire traverser. Il est clair que si on fait tourner le bouton de 180“, le courant aura dans le circuit une direction inverse; si enfin ou tourne le boulon de façon que les ressorts f cl T s’appuient sur la partie isolante du cylindre, le courant ne passera pas. Il est à peine nécessaire de dire que le bouton mis en mouvement
bobine d'induction.
INDUCTION
à la main est soignciiFeincnt isol(? du tourillon indtallique; sans celle précaution l’obsenaleur recevrait loi's de la fermeture du circuit des commotions qui pourraient être fort dangereuses.
617. Étincelles de la bobine. — Si l'on ferme le circuit formé par le fil induit, celui-ci se trouve traversé par des courants alternativement dans un sens et dans l’autre qui correspondent à l’étalilissenient et à rinlerruplion du courant inducteur. Ces courants directs et inverses ont d'ailleurs la même intensité. Si en elTet on met le ûl induit en rapport avec un voltamètre, on trouve dans les deux éprouvettes un mélange en égale proportion d'oxygène et d'hydrogène. .Mais si le circuit induit offre quel<iue part une interruption, le courant inverse est supprimé par suite de sa tension plus faible; il ne reste que le courant direct, qui prend véritablement la forme sialique et donne lien dans l’air fi des étincelles
extrêmement brillantes et tout è fait identiques à celles que l’on tire d'une maebine électrique. On peut s’en servir pour charger une batterie, percer une lame de verre, ennammei' les corps combustibles, etc.
Ce dernier phénomène est utilisé dans rindammation des fourneaux de mine, que l’on peut ainsi produire à un instant rigoureusement déterminé, ce qui est un avantage fort important. On peut employer pour cela les fusées d’explosion dues à M. Slateham (fig. 5f|9). Elles sont formées d’un fil de cuivre recouvert de gultape relia cl présentant une solution de continuité. Les deux bouts, séparés par un intervalle de quehjues millimètres, sont placés dans un petit cylindre AB en gutla recouvert intérieurement de sulfure de cuivre. Le tout est placé dans une cartouche Cl) remplie de poudre. Au moment du passage de l'étincelle, le sulfure de cuivre rougit et la poudre s’ennamme.
618. Aspect de l'étincelle dans les gaz raréfiés. — Lorsqu’on met les deux exlnunilés du fil induit en communication avec l’œuf électrique (fig. 550) dans lequel on a raréfié l’air autant que possible, on voit une gerbe lumineuse d’une couleur purpurine s’élancer de la bonle positive et s’arrêter è une petite distance de la
Fig. 5i9.
Fustîo de Stateliam.
TUBES DE GEISSLEK.
boule négalivc. Cette dernière est ciilourée d’une auréole bleuâtre, les deux lumières sont séparées par une petite zone obscure. Si on opère sur d’autres gaz que l’air, la teinle change, mais il y a toujours une difl’érencc prononcée entre les deux boules. On peut facilement, par le jeu du commutateur, changer le sens du courant et intervertir ainsi à volonté les apparences lumineuses caractéristiques des deux pôles.
Si avant de raréüer l’air on introduit dans l’œuf une petite quantité d’alcool, d’essence de térébenthine, de diverses autres substances volatiles, la lumière éprouve une modiücation curieuse; elle présente une série de tranches alternativement brillantes et obscures; c’est ce que l’on appelle la stralilication de la lumière électrique. La planche II montre la lumière stratifiée dans la vapeur d’alcool.
Ces phénomènes sont plus frappants dans de longs tubes que dans l’œuf électrique, ils présentent d’ailleui's des variations de teinte très-prononcées suivant les différents gaz. M. Geissler a le premier construit des tubes où différents gaz sont très-raréfiés et qui peuvent recevoir le courant d’induction à l’aide de fils de platine fixés aux extrémités. Deux de ces tubes sont représentés dans la planche 11. Certaines substances, telles que le verre d’urane, le sulfate de ijuinine, prennent sous l’action de la lumière électriciue des teintes souvent fort vives qui sont désignées sous le nom de lluorescencé; en introduisant dans les tubes de Geissler des substances fluorescentes on peut obtenir des effets extrêmement brillants.
619. Action des aimants sur les courants transmis par les gaz raréfiés. — Les masses lumineuses des tubes tle Geissler sont de véritables courants comme l’arc voltaïque, clics sont capables
Fig. 551). — Étinct.-lk‘» diiii»
l'air rart'IK'.
INDUCTION
<Ti>
• I ii^M' sur 1 iii"iiill(‘ iiimiiiili'M' cl siiscc|ililil(‘s rcciproijupincnl dt* ■^iiliir r.'iclinii (les aiiii.'iiils. On l'cnd ccci niamïcslc par l'expcriencc siii\anlc. I n cxlindi'c de l'cr iloiiv (li". â.ïl) est dis|)osé dans un ballon on I oti pcnl rarclicr l'air. Il est enveloppe sur Ionie sa hauteur
(l'niie enveloppe isolante cpii le sépare d'nnanm'an inélalli(|iie |>lacéù la partie inl'érieuie lin liallon. i.ors<]n'on met en ('omniniiicalion les deu.v pôles de la lioliine a\ee ranneau et la partie supérieure (le l'appareil, une gerbe liuninense s'élance dn sommet vei's l'annean en emeloppant le fer dou.x.’tii alors on place aii-dessons de l’appareil on lin aimant |iropiemeiit dit ou un électro-aimant animé par 1e courant d'une pile, le 1er dun.x s'aimante et la gerbe Ininiiieuse se met à tourner aulonrde lui. Kii considérant celle gerbe comme lin courant, la rotation qu'elle l•p|•ollve est un simple pliénomène d'(''leclio-(lynaniiqiie.
Si l'on dispose nn large anneau mélalliipie à la iiaiTie supérieure de rajipaieil, il se produit une M-ritable nappe lumineuse qui, lorsipie le fer est aimanté, prend aussi un monvement de rotation. ,M. de la Ilive la considère comme une image assez c-vacte de ce qui se passe dans les aurores boréales. Ces pbénomènes seraient conslitiiés par de vérilables décharges électriipies dont l’ensemble formerait une nappe à laquelle le magindisine terrestre imprimerait les niouvemenis ipie l’on observe tonjonrs. Quant à l'origine des décharges, qui esl surtout ce iin'il faudrait e.xpliqner, ,M. de la Ilive les allribueanv parlicnics de vapeur d’eau qui, formées à la surface des mers vers l'éqiialeur en ein|)oiTant de l’cleclricité positive, seraient amenées aux pôles par les vents alizés et là se déchargpi'aient sur le sol. Dans leur passage de réipiateur aux pôles, les particules liquides se sont congelées et forment comme des conducteurs solides en présence du sol et séparés de lui par l’air raréfié.
Hi:. 551. — Action des aimants Mir l'i'^tinccllc dans les gaz raréliés.
MACHINES MAGNÉTO-Él-ECTHiyLES. 777
Cos (lücharges d’ailleurs ne sont jias conlinues, il se produit eu elTel toujours un phénomène de condeiisalion, et c'est par flots nu par ondes périodiques que les deux électricités contraires se réunissent.
620. Machines magnéto-électriques. — L'imluction des courants par les aimants a donné lieu aux macliines magnéloélectriijues, dans les(|uelles un produit sans pile, et par la seule inllucncc des aimants, des courants (|ue l’on lient utiliser de di\ erses manières.
I.a première macliiiie de ce genre fut construite en 18.13, peu de temps après la d«‘Couverte de l’induction , par le constructeur français l’ixii.
Dans cet appareil on faisait tourner un aimant A (lig. 552) en présence d’une hnhine fixe HIV dont le fil devenait ainsi le siège d’un courant; la construction de l’aiipareil fut successivement améliorée par
Sa.xton et Clarke, qui eurent . Kig. 5Ô-J. — .Macliini; de l'ixii.
I ideo de rendre 1 aimant fixe
et de faire tourner la bobine qui est plus légère. L apiiareil, ainsi modilié et connu .sous le nom de machine de Clarke, se trouve aujourd’hui dans tous les cabinets de physique.
621. Machine de Clarke. — La machine de Clarke se compose d’un faisceau magiiéliiiuc AB(fig. 553), eu fera cheval, établi d’une manière fixe sur un support vertical; eu face de raimaut se trouve un système de deux bobines t et (’ reiifermaut des noyaux de fer doux, réunis du côté de l’aimant par une plaipie de cuivre et du côté opposé par une plaque de fer doux. L’euroulemeul du fil a lieu comme dans un électro-aimant ordinaire, c’est à-dire en sens inverse sur chaque bobine. Les bobines sont portées par un axe f
INDUCTION
(jui liavcrsc le support de l’aimant et se termine de ce côté par un petit pignon. Lue cbainc sans fin, passant sur une roue munie d’une manivelle, permet de donner au pignon, et par suite aux
t'ig. D53. — Machine de Clarke.
bobines, un mouvement de rotation rai)ide. Les deu.x l)ouls antérieurs du fil des bobines se réunissent en un seul ipii vient se fixer à l’axe; les deux bouts postérieurs se réunl.ssent aussi et sont en communication avec une virole en métal concenirique à l’axe, mais séparée d’elle par une couebe isolante. Si l’on imagine que ces deux pièces soient réunies d’une façon permanente par deux ressorts r et avec deux languettes métalliques 0,0’ (fig. 55?i) et que les extrémités N et N’ «le ces lan-
Fig. tiù(. — Commutateur (le la macliinc (le Clarke.