‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 297 sur 385 · IH · texte numérisé non relu

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l'ormer sur un écran une iniaf;e «jiie l’on voit, pendant toute la (Iniée de l'e.xpérience, exécuter des inonvemenls oscillatoires.

Les vibrations observées dans cetle expérience sont dues à l’expansion brusque du métal froid. Au moment on un point du plomb est toiicbé parle corps cbaiid, il y a une dilatalion, une sorte de bonrsounement (|ui repousse le fer; ce dernier louche alors le plomb par un antre point, où le même effet se renouvelle, tandis ipie le point primitivement touché s«; refroidit et revient à son état initial. Il y a donc une série de dilatations et de contractions successives, c’est-fi-dirc un état vibratoire qui produit précisément le ])bénomène sonore.

630. Différence entre le son et le bruit. — La différence entre le son et le bruit est diflicilc ;i préciser d'une manière rigoureuse. Ordinairement on apjielle bruits des sons qui paraissent dépourvus tie cette qualité spéciale qui permet de les utiliser en mnsi(|ue, et <lonl l’oreille ne saurail trouver la place dans l’échelle musicale, dette impossibilité est généralement attribuée à ce que le bruit serait un phénomène pour ainsi dire instantané, ou aurait du moins une très-courte durée. Mais, d’une part, les musiciens emploient .souvent des sons d’une durée extrêmement courte-, d’autre part, en écoutant des bruits succe.ssifs et d’une nature analogue, l’oreille peut saisir entre eux les mêmes ra|)ports que ceux auxquels donnent naissance les sons musicaux proprement dits. Ainsi, qu’on laisse tomber sur un parquet une petite lame rectangulaire lie bois, il se produit un cliquetis particulier qui n’a aucun caractèi-e musical. .Mais si on fait l’expérience avec sept morceaux de bois de même largeur, /le même épaisseur, mais de longueui-s différentes, l’oreille enlend très-vlislinclement les sept notes de la gamme. IMusieui-s instruments employés souvent dans les orchestres, le tambour, les cymbales, produisent de véritables bruits.

Certains bruits se prolongent souvent pendant un temps considérable, sans que pour cela l’oi'eille devienne plus apte à y constater ou à en saisir la valeur musicale; tel est, par exemple, le bruit d’une voilure qui roule sur le pavé, le grondement des vagues de la mer, le bruissement des feuilles, le murmure d’un l'uisseau, le mugissement du vent qui s’engouffre dans les cheminées, etc. Dans

SON r.T BRUIT.

cfis diverses circonsliiiiees, le l)riiil paniil résuller de la coexistence lie dilTéreiils sons i|ni se succèdenl les mis anx anlres sans anemie reKiilarilé, on qui présenlenl un caraclèrc plus on inoiiis inarqné de dissonance. Des expériences doni nous dirons quelques mots plus loin ont permis de l’aire, iionr ainsi dire, ranaloinie des divers bruits ipie nous venons de inenlionner, et de reconnailre leiii’s éléinenls constitutirs formés souvent par des sons ayant un caractère musical prononcé, mais ne présentant, ni dans leur a.ssociation ni dans leur ordre de succe.ssion, aucune réfçle. Ou’on écoule avec attention un orchestre, un pourra distinguer et suivre le jeu de chacun des divers insli umenls qui le composent, leurs elfels sur l'oreille se siiperpo.seront pour ainsi dire sans se trouhier. .Mais que chacun des artistes vienne à produire sur son instrument des notes purement arbitraires, l'oreille percevra dislincteinent, indépendamment des sons particuliers qui pourraient arriver jusqu'à elle, un bruit général d’un caractère iiroiire. Cet ell'et distinct et résultant d'ébranlements individuels se nianireste d’une façon remaripiable dans diverses circonstances. Ainsi, dans une .salle où parlent à la fois un très-grand nombre de pei-sonnes, au-de.ssus de tous ces bruits iiarticuliers domine une sorte de murmure généial trèsnettement perceptible. De même, si on monte sur un endroit élevé dans l’intérieur d’une grande ville animée et bruyante, sur le sommet du l'antbéon à Paris par exemple, l’oreille est frappée par un roulement grave et continu, c’est comme la voix même de la ville, sorte de résultante de tous les pbénotnène.s .sonores qui .se produisent dans son intérieur, et dont plusieurs, en debors de cette participation à l’elTet général, n’auraient pu faire sentir leur effet pa rticulier.

Il ré'sullc de tout ce qui vient d’èire dit ijiie les phénomènes sonores sont toujours le résultat d'un ébranlement périodii|ue d'un corps. Cet ébranlement peut avoir nne durée plus ou moins grande, il peut être plus ou moins simple, mais sa nature physique est indiscutable.

631. Véhicule du son. — Le son n'est pas un être particulier; c’est une impression sur l’organe de l’ouïe, impression occasionnée par l’état vibratoire d’un corps. .Mais l’existence d’un cor|)s vibrant

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