Remarques sur les images virtuelles
Les images virtuelles ne sauraient être observées par projection, puisque les rayons ne se coupent p.as réellement; elles ne peuvent qu’être vues directement. Elles sont d’ailleurs nécessairement droites, puisque les rayons
ne se sont pas croisés pjg I„,agg yir,m.Hc daus an miroir concave, avant d’arriver à l’œil.
Les images du miroir plan sont de véritables images virtuelles. On peut d’ailleurs les rattacher à la théorie des iniroii'ssphéruiues.
RÉFLEXION DE LA LUMIÈRE
Un plan n’est aulre chose, en effet, que la surface d’une sphère
dont le rayon est infini. La formule des miroirs devient dans ce 1 " 1
cas — + ^ P ~ — P'" foyer conjugué est donc
placé derrière le miroir et à égale distance sur la perpendiculaire, qui est ici l’a.xe secondaire. De l’égalité de p et p' résulte l’égalité de grandeur de l’image et de l’objet. La formule est d’ailleurs dans ce cas particulier tout à fait rigoureuse, car le miroir plan ayant théoriquement une grandeur infinie, celui dont on se sert en est toujoui-s une portion infiniment petite.
717. Miroirs convexes. — Il est aisé de voir par une simple construction que dans le cas des miroirs convexes les rayons lumineux, après la réflexion, forment toujours uu faisceau divergent; le foyer principal aussi bien que les foyers conjugués sont donc toujoure virtuels.
La formule des foyere est du reste applicable aux miroirs convexes comme aux miroirs concaves, il suffit d’y'changer le signe du ' rayon. Elle devient ainsi
et fou voit que p' sera toujours négatif, et par conséquent l’image virtuelle. La construction de ces images se fait toujours de la
Fig. 045. — Images produites par un miroir cotiTcxe.
même façon que pour les miroirs concaves. Soit un objet placé audevant d’un miroir convexe (fig. 645). .Menons par l’extrémité supérieure de l’objel un rayon parallèle à l’axe; le rayon réfléchi pro-
ANAMORPHOSES.
longé va passer par le foyer principal, et son intersection avec l’a.ve secondaire détermine le foyer conjugué. On aurait de même le foyer conjugué de l’autre extrémité, et l'on voit par conséquent que l’œil verra une image droite et plus petite que l’objet.
En répétant la même construction pour le même objet plus rapproché du miroir, on voit que l’image devient plus grande tout en étant toujoui's plus petite que l'objet.
On n’a guère utilisé le miroir convexe que dans un télescope à peu près oublié aujourd'hui, et qui porte le nom de télescope de Cassegrain, bien que la disposition en ait été indiquée par Newton.
Les boules argentées qu’on rencontre si fréquemment dans les jardins sont de véritables miroirs convexes dans lesquels se reflète, si petites qu’elles soient, tout le paysage d’alentour. La courbure étant ici très-forte, la déformation des images est extrêmement marquée, et elles prennent d’une manière très-visible une sorte d’empreinte sphérique.
7d8. Anamorphoses. — Celte déformation des images est surtout
Fig. C4C. — Anamorphoses.
frappante dans les miroii's cylindriques ou coniques que l’on montre dans quelques spectacles forains. Si c’est un miroir cylindrique concave, et dont l’axe soit vertiad, les rayons réfléchis suivant les
nÈFLEXION DE LA LlMlfeRE.
arêlcs suivent la môme marche que dans un miroir plan, et ceux qui sont réfléchis suivant une ligne perpendiculaire suivent la loi des miroii's sphéricpies.
En se plaçant assez prés, on verra une image virtuelle, inégalement agrandie dans ses diverses régions, ce qui donne lieu à des elTets très-singuliers.
On peut dessiner à l’avance sur des cartons des figures ne représenlant en apparence rien de déterminé, et qui, dans un miroir cylindrique ou conique convenahleinent placé, donnent lieu à des images régulières. Ces jeux d’optique pmlent le nom d’mianiorpltoses (üg. 6!|6).
719. De quelques applications particulières des miroirs sphériques. — Les miroirs sphériques sont appliqués à l’éclairement de certains objets qu’un olvservateur placé derrière le miroir peut observer à l’aide d’une ouverture pratiquée dans le miroir luiluème. C’est là le principe d'instruments qui depuis un certain nombre d’années ont rendu de grands services à la physiologie, tels que Vophthalmoscope, le Im-yngoscope, Vendoscope, etc. Nous donnerons comme exemple une idée de l ophthalmoscope. Il se compose d’un miroir concave percé; rohservateur le place au-devant d’un de ses yeux, la face réfléchissante tournée vers l’œil que l’on veut observer, et dirigée de façon que le faisceau de lumière réfléchie pénètre dans la pupille. La rétine est ainsi fortement éclairée, et on peut en voir tous les détails. Souvent, au lieu de regarder l’intérieur de l'œil lui-mème, on regarde une image réelle qu’eu donne une lentille placée au-devant.